CONTRASTE DES COULEURS.
CONTRASTE DES COULEURS.
Ces couleurs fondamewab’S sont :
Le rouge, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigoet le violet.
La réunion de plusieurs de ces couleurs 11 e formepas une couleur nouvelle, mais bien une des couleursdu spectre. Newton a donné le moyen de trouver la cou-leur résultante au moyen d’une règle dont on n’a puretrouver la démonstration, mais qui s’est trouvée con-firmée par les vérifications qu’on en a faites. Voici enquoi elle consiste :
Si l’on partage un cercle en sept parties correspon-dantes aux sept couleurs principales du spectre solaire,
ces arcs de grandeursdifférentos sont :
60- — 45’ — 34”
pour le rouge ;
34 — 40 — 38
— l’orangé;
54 — 41 — '1
— le jaune,
60 _ 45 — 34
— le vert;
54 — 41 - 1
— le bleu ;
34 — 10 — 38
— l’indigo;
60 — 45 — 34
— le violet.
On détermine les centres de gravité de ces
on imagine en chacun de ces points un poids proportion-nel à l'intensité de la couleur correspondante qui doitentrer comme couleur élémentaire dans la teinte que l’on
veut déterminer, puis, on cherche le centre de gravitéde tous ces poids. On joint ce point au centre du cercle,et prolongeant le rayon jusqu’à la circonférence, celuides sept arcs que cette ligne coupe indique la couleurde la teinte. Suivant que l’intersection sera au mi-lieu ou près d’une des extrémités de l’arc, la teintesera simplement de la couleur de l’arc ou tirera versune des couleurs voisines (Extrait de la physique de
M. Lamé).
De la grandeur que Newton assigne aux arcs cor-respondants aux couleurs dans la loi remarquableénoncée ci-dessus, on doit conclure que la division duspectre en sept couleurs n’est pas celle que- donne dansla pratique la division de la lumière en éléments d’é-gale valeur. On s’approchera sans doute de l’égale di-vision en divisant les couleurs qui correspondent auxplus grands arcs par des couleurs intermédiaires,qui viennent rétablir l’égalité de division, ce quidonnerait le tableau suivant pour les couleurs fran-ches :
Rouge , — rouge-orangé, —orangé, — orangé-jaune, — jaune, —jaune-vert, —vert, —vert-bleu, — bleu, — bleu-violet ou indigo, — violet, —violet-rouge.
C’est la composition du tableau que nous donnonsplus loin , d’après M. Chevreul.
Passons maintenant à l’étude du contraste , c’est-à-dire de la différence et de l’opposition que l’artiste éta-blit, soit entre le caractère et l’attitude de la ligure,soit entre les nuances, les lumières ou les couleursd’un tableau, qui 11 ’est beau et agréable à la vue, quequand les couleurs sont appliquées avec goût et sui-vant des règles fixes et bien déterminées.
Comme on 11 ’est pas encore arrivé à une applicationgénérale, ni meme à une application particulière positivede règles bien déterminées, on croit généralement dansle monde que la peinture ou le coloris proprement dit,est une portion du génie et des facultés données par lanature. Tous les artistes, peintres et coloristes, répè-tent sans cesse qu’il n’y a point de règles fixes pour lecontraste. Le fait est vrai et incontestable pour tout cequi a rapport à la combinaison et à l’arrangement ma-tériel des objets qui composent un tableau. Quant anmélange et à l’emploi des couleurs pour imiter tel outel objet, nous pouvons dire, à notre tour, qu’il y a uneloi positive de l’art suivant laquelle on doit voir le mo-dèle, et reproduire exactement toutes les modificationsqu’il présente; ce sont là lés deux points essentiels dela peinture représentative
C’est M. Chevreul qui a découvert et publié le premiercette loi positive. Ce savant chimiste a expliqué avecune sévérité de raisonnement qui ne laisse plus rien àl’hypothèse, à la routine, tous les phénomènes dus aumélange et à la juxtà-position des couleurs, pour imi-ter un objet déterminé.
11 a enfin démontré d’une manière rigoureuse, qu'onparvient à imiter un objet coloré en le peignant autre-ment qu’on ne le voit (voyez i»kinxukk). Par exemple,pour peindre deux zones contiguës qui paraissent cha-cune de couleur unie à l’œil, il faut faire du clair-obscur. Si le peintre produisait réellement deux zonesde teinte unie, cette imitation présenterait à la vue deseffets de clair-obscur.
Ainsi, suivant l’expression de M. Chevreul, le con-traste simultané des couleurs est un phénomène quise manifeste en nous toutes les fois que nous regar-dons en même temps deux objets différemment colorés,placés l’un à côté de l’autre. 11 consiste en ce que ladifférence de couleur qui peut exister entre les deux ob-jets est augmentée de telle sorte :
I" Que si l’un des objets est plus foncé que l'autre,celui-ci nous parait plus clair et l’autre plus foncéqu’ils ne le sont réellement;
2“ Que les couleurs des deux objets sont elles-mêmesmodifiées dans leur nature optique ; par exemple, si unefeuille de papier bleu est placée à côté d’une feuille depapier jaune, ces deux feuilles loin de nous paraîtretirer sur le vert, comme on pourrait le présumer, d'a-près ce qu’on sait de la production du vert par le mé-lange du bleu et du jaune, semblent prendre du rouge,de sorte que le bleu paraît violet et le jaune orangé.
Par conséquent, dans le contraste simultané des cou-leurs, la différence du clair et de l’obscur est augmen-tée, comme l’est la différence optique des couleurs.
Certes, nous ne commettrons pas la faute de rienajouter après M. Chevreul; seulement, nous donneronsici la composition d’une table chromatique circulaire quiservira à faire bien comprendre les définitions, et sur-tout à faire mieux connaître les couleurs et leurs modi-fications.
TAULE CHROMATIQUE CIRCULAIRE. Cette table CStformée sur un cercle d’un diamètre arbitraire, et diviséen douze secteurs égaux. Ces secteurs représentent, au-tant de nuances ou types de couleurs différentes modifiéeschacune par une petite quantité d’une autre.
On conçoit, cependant, qu ’011 peut diviser le cerclaen 2-4 ou 48 parties égales, et avoir ainsi un nombre denuances double, quadruple; mais nous avons reconnupar les expériences multipliées auxquelles nous noussommes livrés, que cette multitude de nuances seraitinutile ou au moins superflue dans la pratique.
l)u centre du cercle nous avons décrit six circonfé-rences; nous avons formé ainsi un cercle de noir pur, ettrois zones séparées l’une de l’autre par le blanc pur, etdivisées chacune en \ ‘l parties égales.
Dans chaque partie de la zone qui limite le cerclenous avons placé une nuance distincte qui tient le mi-lieu entre le clair et V obscur, ce qui veut dire que cettecouleur est aussi éloignée du blanc que du noir. On peutau besoin ajouter à cette couleur, soit des quantitéscroissantes de blanc pur, pour former une dégradationjusqu'à la lumière ou au blanc, soit une couleur brunecalcinée, afin de la rehausser et de former une gradationjusqu’au noir.
Chaque couleur, abaissée ainsi par le blanc, et montéepar le brun , se nomme /on, et l’ensemble de ces tonsconstitue une gamme de couleur.
Nous définirons ainsi les gammes de couleurs, sa-voir :
■1“ Les gammes des couleurs primitives franches , quicomprennent les couleurs que les artistes appellent son-! pies, savoir : le rouge , le jaune, le bleu;