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CONTRASTE DES COULEURS.

(/ORAL.

et il prend l’aspect du noyer. Cependant, comme beau-coup de personnes préfèrent la couleur cramoisie.à touteautre, meme sur l'acajou, parce qu’elle résiste pluslongtemps à l’action du soleil, on peut diminuer lemauvais effet de cet assortiment, au moyen d’une largebordure verte ou noire placée dans les parties où Jecramoisi et l’acajou sont en contact; ou bien encoreavec un galon de soie jaune, ou un galon d'or fixé avecdes clous dorés.

M. Chevrcul fait remarquer que des dessins noirs quisont imprimés sur des fonds rouges, cramoisis ou ama-rantes, paraissent verts, parce que la couleur vertecomplémentaire du fond s’ajoute au noir. De même lenoir, imprimé sur des étoffes vertes, perd toute sa vi-gueur. Aujourd’hui, où l’on étale sur les murs des affi-ches jaunes, roses, verdâtres et orangées, il n’est pasindifférent de savoir que, pour imprimer de manière àrendre le plus visible possible les caractères d’écrituresur du papier de couleur, la règle à suivre est que lacouleur du fond soit complémentaire de celle de l’en-cre : sur papierjaune, par exemple, il faudrait une encreviolette.

La loi des contrastes trouve encore de fréquentes ap-plications dans la distribution des fleurs au milieu d’unparterre. Ainsi, l’aspect d’un jardin perd de ses charmeslorsque la vue n’est frappée que par du bleu ou par dublanc, ou qu’elle est éblouie par du jaune répandu avecprofusion, ou bien encore lorsqu’une espèce de couleurprésente des nuances voisines l’une de l’autre, mais dif-férentes, ainsi que cela a lieu au printemps, en unissantla narcisse d’un jaune pâle à la doronic d’un jaunebrillant; en automne, en unissant l’œillet-d’Inde à larose-d'Indc et aux soleils.

La règle principale donnée par M. Chevrcul, pourl'arrangement des fleurs, est de placer les bleues à côtédes orangées, les violettes à côté des jaunes, et d’en-tourer les rouges et les roses de verdure ou de fleursblanches. Ce n’est pas tout, on peut calculer les époquesde l’année où fleuriront telles et telles espèces de fleurs,et disposer son parterre de manière que, dans la variétédes couleurs qui apparaîtront à la floraison successivedes arbustes, la loi des contrastes soit observée. Enavril, le jasmin à fleur jaune, au feuillage vert, se trouvetrès bien à côté du pécher nain , etc.

Il ne faut point dédaigner non plus la loi des con-trastes simultanés dans les couleurs des vêtements. Ununiforme de drap de même couleur se porte moins long-temps que lorsque les couleurs sont variées. Par exem-ple, l'ancien pantalon bleu de l’armée, ne se mettantpoint l’été, conservait la vivacité de sa nuance pluslongtemps que l’habit ; lorsqu’on le reprenait dans l’hi-ver. il devait arriver, comme nous l'avons vu plushaut dans cet article, que le bleu pâli de l’habit usé pâ-lissait encore davantage à coté du bleu plus foncé dupantalon presque neuf, qui, à son tour se fonçait encoreplus. De même l'uniforme des dragons, vert et rouge,est très avantageux, en ce qu’il est composé de deuxcouleurs complémentaires, et que, lorsque l’habit et lepantalon ont passé un an, par exemple, dans les maga-sins, ils se ravivent par la juxtà position, et paraissentavoir la meme fraîcheur qu’un habit vert et un panta-lon rouge neufs, mais vus séparément.

Les dames savent profiter habilement de l’observa-tion des effets du contraste. Par exemple, les voilesnoirs portés sur les chapeaux verts paraissent rou-geâtres ; de même le rose sur la couleur de chair faitpâlir eellc-ci d’une manière fort sensible ; aussi sicd-ilgénéralement mieux aux brunes qu’aux blondes. Cesremarques sont importantes dans le choix des tapisse-ries d’un salon, ou dans celui de la couleur qui doit êtreappliquée au fond d'une loge dans les salles de specta-cles. Chez une marchande de modes qui aura tapisséen rouge son magasin, les dames trouveront oue leur

visage u pâli, tandis que l’éclat de leur teint se rehaus-sera lorsqu’elles essaieront leurs chapeaux dans un hou *doir tendu do vert. Il faut cependant, dans les différentsdétails de la toilette, faire grande attention aux refletsqui peuvent anéantir l’action des contrastes, et produirel’effet tout opposé. Ainsi un rideau vert bien éclairéprojette autour do lui sa couleur, qui domine de beau-coup et éteint le rouge de la couleur complémentaire,à tel point que la teinte verte est la seule qui paraisse.

llOt'GKT DE I.1SI.K.

COPAL (angt. copal, ail. kopal ). C’est l’une desrésines les plus précieuses ; elle provient de deux arbres,le rhus copallimim qui croît en Amérique , et Yélaeocar-pus copaiifer originaire des Indes orientales. On trouveaussi en Guinée un troisième arbre produisant du co-pal; cet arbre croît sur les bords des rivières, dans lesable desquels les nègres recherchent le copal, qui s’ytrouve disséminé en fragments roulés de grosseur et decouleur variables. Les morceaux de copal les plus purssont presque incolores et transparents ; généralement ilssont d’un jaune-brunâtre et meme quelquefois d'un brunfoncé et seulement translucides. D’après Ure, sa densitévarie de 1,059 et l‘,07l. Sa dureté est plus grande quecelle de toutes les autres résines, a l’exception du ben-join ; il n’est pas rayé par l’ongle, et est par conséquenttrès propre à la confection des vernis ; il n’a ni odeurni saveur, et possède une cassure conchoïdc. Chaufl'évivement dans un matrus, sur la lampe à esprit-de-vin,il commence par fondre, puis il distille une substancehuileuse, tandis que le copal se fonce de plus en plus encouleur, et ii reste à la lin un résidu de charbon.

Mis en digestion dans de l’alcool absolu, bouillant, lecopal se gonfle et prend une consistance molle et élas-tique. Préalablement pulvérisé, puis séché à nue doucechaleur, il sc dissout dans de l’alcool à 90/1OU*'*, Il estbeaucoup plus soluble dans l’ethcr, et la dissolutionainsi obtenue peut ensuite être étendue peu à peu d'al-cool, sans que le copal sc précipite. Du reste, les diffé-rentes sortes de copal se comportent envers l'éther d’unemanière très différente : les unes s’y dissolvent très faci-lement, les autres avec la plus grande difficulté ; aussi,lors de la préparation des vernis au copal, est-il bond’essayer par l’éther chaque fragment isolé; on choisitceux qui deviennent visqueux, en mettant de côté lesautres pour la préparation dos vernis gras au copal, oùiis conviennent aussi bien.

L’huile de caoutchouc seule, même à la températurede l’ébullition, n’a aucune action sur le copal ; mais unmélange de parties égales d’huile de caoutchouc et d’al-cool ayant une densité de 0,825 le dissout même à froiden donnant une liqueur limpide. Le camphre, dissousdans l’esprit-de-vin, augmente son pouvoir dissolvant àl’égard du copal. Les huiles de pétrole et de térében-thine n’ont que très peu d’action sur le copal brut. Parla fusion, le copal perd de sa dureté et prend facilementune teinte brunâtre ; il devient alors beaucoup plus solu-ble dans tous les dissolvants.

D’après Unvcrdorben, le copal d’Afrique renfermecinq résines différentes, qui, isolement, ne sont d’aucunemploi dans les arts.

Le eopal brut ou préalablement fondu sert à la con-,fection des vernis. Une des meilleures recettes pour pré-parer le vernis de copal à l’esprit-de-vin, est la suivantedue à Bœttgcr : On dissout \ partie de camphre dans1 2 p. d’éther, on y fait gonfler 4 p. de copal, puis on yajoute 4 p. d’alcool absolu et 1 /4 p. d’huile de térében-thine rectifiée.

Les vernis gras an copal se préparent en dissolvantdu copal fondu dans de l'huile de lin bouillante ; nous yreviendrons au mot vernis.

COQUE DU LEVANT (angl. coccuîus indiens,ail. kockelskœrncr). Nom vulgaire donné aux fruitsd’un arbre, le menispermum corculus , qui croît sur la côte