COULEURS MATÉRIELLES.
COULEURS MATÉRIELLES.
le sol plus anciennement consolidé), sur et entre lesbancs de granit, maintenant fort élevés au-dessus duniveau de la mer, et au pied desquels elle venait battre,dans des temps qui ne sont pus très éloignés puisque latradition en est demeurée parmi les habitants de cespays. Quelquefois on le rencontre presque à fleur deterre et même souvent découvert par les courants d’eaupluviale. Les arbres sont couchés les uns près des autres,entiers avec leurs branches et leurs racines ; ils sontabsolument noirs, jusqu’au cœur des plus gros arbres.Les habitants s*cn servent avec beaucoup d’avantagepour faire des pieux, des palissades et surtout des lattespour les couvertures.
Le couesron est très lourd, très compacte, il se coupedifficilement parce qu’il est très dur et que sa ténacitéest plus forte que celle d’aucun bois de fil connu. Nousdisous bois de fil, les loupes étant une exception. Sacouleur, d’uu beau noir, n'est point fugace, comme celledu chêne provenant des vieux pieux extraits des pilotisdes anciennes constructions de ponts ou d’aqueducs,dont la teinte noire s’efface après quelques années lors-que le bois est ouvré et absolument sec. Le couesrongarde invariablement sa couleur intense, et assurémentl’industrie saurait tirer un parti très avantageux decette matière, qu’elle pourrait se procurer à bas prixet qui est assez abondante pour suffire pendant long-temps encore à ses besoins.
Les acides nitrique, sulfurique, liydrocldorique, etl’acétate de fer très concentré n’ont eu aucune actionsur la fibre ligneuse, seulement l’acide nitrique en jau-nit un peu la couleur. Au feu cette matière brûle avecune flamme vive et brillante exhalant une odeur detourbe tellement prononcée, que Ton s’abstient généra-lement de l’employer au chauffage. Le couesron n’estpas encore à l’état de houille ; il parait être à demitransformé. Le bois est encore Haut, flexible, les couchesligneuses y sont très distinctes des couches médullaires,il résiste à la hache et l’émousse promptement ; cependanton en vient à bout. La scie le divisa avec peine, parcequ’elle s’empâte; le rabot le plane, mais il faut souventrepasser le fer, la gouge du tourneur le broie, il ne vril-lonnepas aisément, mais pourtant se coupe bien et nette-ment, ilreçoitun poli admirableet le vernis prend dessusavec la plus grande facilité. Il se fend difficilement parcequ’il est très tenace, mais cependant il obéit à la forceet se fend régulièrement en suivant la fibre ligneuse,comme le ferait le meilleur merrain.
Cette belle matière bien préférable à l’ébène qu’ellereprésente absolument à l’extérieur, a sur ce bois exoti-que un immense avantage; c’est sa ténacité, sa résis-tance, qui approche beaucoup de celle de la corne ; ony passe de gros tarauds dans des trous assez rapprochésdes extrémités, elles filets s’impriment jusqu’au fondsans occasionner aucune fente, effet qu’on est bien loind’atteindre en employant l’ébène qui se fend avec laplus grande facilité. De. plus le couesron est très flexi-ble; employé pour filets dans la marqueterie, il ploie-rait comme la baleine, et l’emporterait sur elle parl’intensité de son noir de jais.
Il serait difficile de déterminer, dès à présent, tousles services que l’industrie pourrait retirer de cette ma-tière ; l’usage seul et le travail habituel les feraient sur-gir; par le peu d’essais que nous avons été à même d'enfaire, et que nous nous proposons de poursuivre, nous pou-vons affirmer que l’emploi du couesron serait une richeacquisition pour les ateliers d’ébénisterie, de tablete-ric, de marqueterie et autres. Paulin desormeaux.
COULEURS MATERIELLES. Nous comprenonssou» cette dénomination les couleurs toutes faites etpropres à la peinture artistique et à plusieurs autresarts qui en dépendent (voy. imprimerie en couleurs,papiers peints, TEINTURE;. Quant aux couleurs qui'•ont produites sur les objets eux-mêmes par l’action
immédiate des agents chimiques ou mécaniques et de lachaleur, nous les décrirons aux articles émaux, im-pressions SUR ÉTOFFES, TEINTURE SUR VERRE, POR-CELAINE, TEINTURE.
Ainsi, nous examinerons les couleurs suivant leurnature optique, et le degré de solidité ou d’utilité qu’elle»peuvent offrir à la peinture artistique et industrielle;nous comprendrons dans une même série les matière»colorantes identiques qui sont connues et vendues sousdes dénominations différentes.
l re division. — Couleurs plus ou moins solides qu'onpeut et doit employer pour produire le meilleur effet pos-sible»
blanc. Illanc de [{rem* ou de Kremnitz , blanc de Hol-lande. blanc léger, blanc d’argent, blanc deplomb pur, le plus beau et le plus propre à la pein-ture à l’huile et aux vernis, à la gouache, à l’im-primerie en couleurs. (I)
Blanc de céruse français , blanc de plomb mélangé desulfate de baryte, inférieur au blanc de Kretnspour la peinture artistique, et très bon pour lapeinture en bâtiments, la détrempe, le blanchi-ment des appartements et les papiers peints.
Blanc d’Espagne proprement dit, assez bon et pluséconomique que la ceruse pour la détrempe, leblanchiment des appartements, les papiers peintscommuns, et, dans certains cas, pour l’imprimerieen couleurs.
Blanc de craie et de chaux éteinte, hou pour la dé-trempe, le blanchiment des appartements et htpeinture à la fresque.
Blanc de Uaolin (argile à porcelaine), dont nous propo-sons l’usage pour la peinture à la détrempe et )e<papiers peints.
,i aune Gomme gutte, qui n’est bonne que pour lapeinture à l’aquarelle et la gouache.
Jaune de Naples, tel qu’on le fabrique dans ce pays, est leseul jaune clair qui soit bon dans tous les genresde peinture.
Ocre jaune clair, terre jaune, terre de montagne.
Ocre jaune foncé ou obscur, ocre de rue.rouge. Minium, rouge de saturne , mine-orange.
Carmin et laques de cochenille (voyez laque). Os couleurs sent habituellement en usage dans la pein-ture à la gouache, à Paquarelle, dans la fabrica-tion des papiers peints, des fleurs artificielles, etc.,mais elles ne sont pas solides.
Vermillon ou cinabre français , couleur magnifique etbonne pour toutes les espèces de peintures, l’im-primerie et les papiers peints.
Ocre rouge naturel, oxyde de fer naturel.
Ocre ou terre rouge foncé, rouge d'Inde ou de l'Inde ,brun-rouge, rouge d’Angleterre, de Prusse, demontagne, oxyde rouge de fer, obtenu par la cal-cination de l’ocre jaune.
Laque rouge de garance. Voyez laque. Excellentecouleur et bonne à tous les genres de peinture.Toutefois, est d’un prix élevé.bleu. Outremer factice, clair et foncé, excellent et trèssolide dans tous les genres de peintures.
(I) En lieu et place du blanc d’argent et de la ceruse,nous conseillerons l’emploi du blanc de neige et du blancde zinc, dont de nombreux rapports faits par les sociétéssavantes et industrielles, des eomniUsions et des archi-tectes, ont démontre l'innocuité, l'inaltérabilité et la su-périorité sur les couleurs à base de plomb. Comme com-plément do ces couleurs, il est indispensable d’em-ployer les jaunes et verts à base de zinc au lieu desjaunes et verts à base de plomb, de cuivie et d'arsenic.Un trouve actuellement dans le commerce toutes ces cou-leurs dont nous donnons la préparation au mot ui.a.ncU F. ZINC.