OOULKUKS MATERIELLES.
COLLKLKS MATKUIKLLKS.
genres de peinture, ainsi que les moyens de distinguerles bonnes d’avec les mauvaises.
Du reste, ce que nousavonsdit précédemment, àl’arti-ole contraste, sur le choix et de l’emploi des cou-leurs, nous dispensera de rendre compte de toutes lesraisons qui nous portent à rejeter une foule de couleursque les peintres emploient journellement.
Nous ferons remarquer, toutefois, que beaucoup depeintres préfèrent avec raison certaines couleurs con-nues et préparées en Italie, eu Angleterre et en Alle-magne , parce qu’elles sont plus vives et plus brillantes.
En effet, les marchands de couleurs de ces pays ontla louable précaution de laver avec soin et de broyer par-faitement les couleurs qu’ils débitent (voy. broyage);c’est là tout le secret pour augmenter l’éclat et latransparence des couleurs. Que les marchands français imitent donc cet exemple, et leurs couleurs seront aussibelles et aussi durables que celles qui viennent del’étranger!
Blanc. Leblanc de K rems ou de Kremnitz,que l’on ap-pelle aussi blanc d'argent, blanc d’écailles, blanc léger,est un carbonate de plomb pur (voyez ckuuse), désignécommunément sous le nom de blanc de Hollande puritié,1 rc qualité. Il est vendu sous la forme de petits cubes.Après lui on distingue le blanc de Venise , qui estformé d’un mélange, à parties égales, de carbonate deplomb et de sulfate de baryte bien blanc et pulvérisétrès finement.
Le blanc que l’on fabrique en Allemagne , principa-lement près de Hambourg , est un carbonate de plombde 3 me qualité. Il est composé d’une partie de carbo-nate de plomb et de 2 p. de sulfate de baryte. Ou levend aussi sous la forme de petits cubes.
Enfin la i"'° et dernière qualité est le produit d’unmélange de 3 p. de sulfate de baryte et d’une partiede carbonate de plomb.
Le blanc de Hollande pur est doux au toucher, sanssaveur, à cassure franche; il doit en outre happer unpeu la langue.
Le blanc de céruse, que l’on fabrique en France parpetits pains coniques, est un carbonate de plomb (voyezcéruse) préparé par des procédés peu différents deceux pratiqués en Hollande et en Allemagne . Il con-tient ordinairement une certaine quantité de sulfate debaryte, produit fort innocent du reste, et qui est néces-saire pour lui donner de l’opacité; quelquefois on lefalsifie avec du sulfate de plomb ou de la craie.
« On reconnaît la craie , dit M. Dumas , par l’acidenitrique ou acétique qui dissout la craie et le carbo-nate de plomb. On précipite de la dissolution tout le |plomb au moyeu d’un sulfure alcalin, et enfin on pré-cipite la chaux par un oxalate. Le sulfate de plomb etcelui de baryte ne se dissolvant pas dans les acides, ilest donc facile d’en reconnaître la présence et d’enconstater la quantité. »
La céruse commune pour la détrempe est toujours mé-langée d’une certaine quantité d’argile blanche, soit deterre de pipe, soit de blanc d’Espagne; on la vend,aussi par petits pains coniques ; on lui ajoute encoreune petite quantité de charbon léger ou d’indigo pourlui Oter un reflet jaunâtre désagréable à la vue. Cer-tains marchands peu scrupuleux font le mélange avec descraies lavées et sans corps ou avec du blanc de Troyes ;ils en outrent même la quantité, ce qui rend les painsplus cassants : du reste, on peut facilement reconnaîtrecette sophistication en versant dans la céruse mêlée decraie un acide tel que le vinaigre. Il se fait alors uneeffervescence, qui n’a pas lieu, lorsque le mélange estfait avec de l’argile pure.
Le blanc d'Espagne , proprement dit, est une argileblanch: pure, qu’il ne faut pas confondre avec le blancde craie, connu vulgairement sous les noms de blanc deTroyes ou de Mention, qui est un carbonate de chaux.
On le trouve sons la forme de gros pains carrés de 5 à
10 kil. et sous celle de rouleaux de .250 à 350 gr.
Blanc de Jiougival, terre marneuse très fine, infe-rieure aux blancs d’Espagne , que l’on verni sous laforme de pains carrés pour la peinture en batiment. Onlui substitue souvent la craie lavée, mais l’emploi lefait reconnaître.
Voici, d’après Watin, comment on le prépare :
« Quand la marne est tirée, pour la purifier et lui ôtersou gravier, on la fait délayer dans l’eau claire, misedans un vaisseau net, et on la laisse rasseoir, ce qui sefait aisément sans aucune manipulation. On jette cettepremière eau ordinairement jaune et sale ; ou lave cettemarne de nouveau jusqu’à ce que l’eau devienne blan-che comme du lait, alors on la transvase, et encoremieux, on la passe à grande eau par un tamis de soie ;là elle dépose. On vide l’eau sans agiter le fond, et onpétrit ce dépôt ; lorsqu’il est en consistance de pâte, ilsèche et durcit à l’air; le plus fin se. durcit en petitsbâtons, et les dernières portions du lavage, toujoursplus grossières, se moulent à grosses masses de 500 à025 grammes, qu’on laisse sécher et durcir à l’air etqui servent à la peinture. C’est ainsi qu’on peut net-toyer et laver toutes les terres nécessaires à lapeinturc.»
Moyen indiqué par Bouvier pour purifier le blanc deplomb ou de céruse : « Prenez , je suppose, 500 gr. plusou moins de beau blanc de Krems , faites-lui subir, enpetites parties, un premier broyage il l’eau, sans vousattacher à ce. qu’il soit très fin ; vous le relèverez dedessus la pierre en bouillie de l’épaisseur d’une fortecrème, et vous aurez soin que les premières broyées nesèchent point, mais qu’elles se conservent un peu li-quides, pour cela vous mettez chaque relevée de couleurdans un pot neuf bien vernissé ou dans un bol de faïenceou de terre de pipe.
« Quand tout votre blanc est broyé et qu’il est enbouillie assez épaisse, versez dessus cette bouillie la va-leur d’un gobelet à boire de très bon vinaigre blancdistillé, vous remuerez et brouillerez le tout tontes lesheures, et cela durant une journée ; vous prendrez, pourle remuer, un tuyau de pipe neuf que l’acide du vinai-gre n’attaquera pas. Si votre vinaigre est bon et biendistillé, il nettoiera toutes les petites particules étran-gères qui peuvent se trouver dans le blanc, en sortequ’il ne restera plus rien qui puisse le ternir. Cette cou-leur, ainsi préparée, donne un blanc très parfait, mais
11 faut avoir soin d’en extraire tout le vinaigre par deslavages réitérés jusqu’à ce que l’eau qui surnage sur leblanc (quand on la laisse reposer) n’ait plus aucune sa-veur d’acidité en la portant sur la langue. Le blancainsi rebroyé à l’eau pure, au moins trois ibis, est d’unequalité supérieure ; employé aussi à l’eau de gommepour peindre la gouache, il est léger, très subtil, et nereluit point sur le papier comme il arrive au blanc deKrems qui n’a pas subi cette opération.
« Pour l’usage de lapeinture à l’eau, il ne faut prendreque l’écume et la crème qui se forment dessus, aprèsqu’on les a bien fouettées avec un petit balai de boisblanc pelé et sans écorce, comme pour battre les œulsà la neige. Ce blanc est encore excellent pour peindrela miniature ; mais, pour ce dernier genre de peinture,on y mêle moitié d’alumine ou terre d’alun , ce qui lerend très léger. »
jaune. — Gomme-gutte ou cambogntm. Gomme ré-sineuse qui découle en suc laiteux du camboge (cam-bogia gutta, Lin.), arbre des Indes; ce suc s’épaissitau soleil, et nous vient en masses opaques, solides, trèsdures, d’un jaune-orangé, fragiles, brillantes dans leurscassures. M. Bouvier dit (dans son Manuel de peinture ,‘2 e édit., p. 8) « que l’on peut dépouiller la gomme-guttede sa gomme naturelle et en tirer un jaune très pur ettVès vif qui se réduit en poudre, et dont plusieurs pein-tres de paysages font usage en Suisse , soit par Laqua-