COULEURS MATERIELLES.
COULEURS MATERIELLES.
rcile, soit pour la gouache et pour la miniature. Il scpourrait que ce résidu, ainsi dépouillé de sa gomme, futun beau jaune-jonquille, propre à être employé à l’huile ;je l’ignore, ne l'ayant éprouvé qu’à l’eau. C’est un essaià faire, mais je suppose que ce ne peut être qu’une cou-leur propre à glacer, car elle n’a point de corps. »
« L’on met quelques grammes de gomme-gutte bienchoisie dans un pot vernissé qui soit neuf et n’ait passervi ; l’on jette de l’eau filtrée dessus , et on la laissefondre ; chaque jour on rejette l’eau, en s’arrêtant lors-qu’on voit le sédiment jaune près de s’écouler avecl'eau jaune qu’on veut rejeter; on ajoute la nouvelle eauà la place de celle qu’on a enlevée, et assez pour qu’il yait -10 à 12 centimètres au-dessus du jaune, on faitcette opération pendant au moins six semaines, aprèsquoi l’on recueille le jaune qu’on fait sécher, et qui peutservir à rehausser, comme le jaune de Naples, tant ilest gommé. »
La composition du véritable jaune de Naples n'est pasbien déterminée (voy. Mérimée , Traité de la peinture àl’huile t p. 110; MM. Pelouze , Art de fabriquer les cou-leurs ; Encyclopédie populaire , 18.8; Montubert, His-toire de la peinture , vol. IX). Selon M. Bouvier, ce jauneest le seul jaune clair qui suit bon ; il est indispensablesurtout aux peintres de paysages et de fleurs, et Ton entire aussi un bon parti pour tous les autres genres depeinture; mais il ne faut jamais s en servir pour lemélanger dans les parties éclairées des chairs, l’ocrejaune vaut infiniment mieux; d’ailleurs, outre que lejaune de Naples verdit un peu, il attaque plusieurs au-tres couleurs par l’effet de l’arsenic qu’il renferme, ildénature surtout le blanc et les cinabres. Il faut le broyeravec beaucoup de propreté et surtout ne jamais le releverni le triturer avec une spatule de fer, d’acier ou de toutautre métal, ce qui le ferait verdir sur-le-champ.
Les ocres jaunes, oxydes de fer naturels, terres naturel-les, friables, colorées en jaune plus ou moins foncéqui tire sur l’orangé. Les ocres ne doivent pas êtreobscures parce qu’alors elles contiendraient des terresbitumineuses qui les feraient noircir. Ce sont des ar-giles colorées par de l’oxyde de fer, et que Ton purifieau moyen de lavages réitérés, comme nous l’avons in-diqué plus haut.
Le broiement des résidus sableux donne toujours oupresque toujours deux espèces de jaune : on les séparesi l’on peut.
Ou peut encore obtenir des ocres artificielles connuessous les noms de jaune de mars, orangé-mars, rouge-mars, violet-mars, soit en faisant rouiller du fer, soiten précipitant par des alcalis des dissolutions de ce mé-tal, par exemple, par le sous-carbonate de soude ou depotasse, par du muriate, du nitrate, de l’acétate do fer,etc.; mais, comme le dit fort bien M. Mérimée dans sonTraité de la peinture à T huile , « la nature nous offre desocres si belles, qui n’exigent qu’un lavage à exécu-ter, que ce n’est pas guère la peine d’en faire d’artifi-cielles. »
Le jaune de chrome (chrômate de plomb) d’un jauneéclatant et doré qui couvre bien, et s’emploie facile-ment et sans danger pour la miniature et la gouache.U ne change pas sensiblement quand il est bien délayédans l’eau gommée, mais c’est une couleur qui ne peutservir dans la peinture à l'huile, car elle change alors,et fait changer toutes celles qu’on lui associe. Cepen-dant M. Bouvier dit que l'on peut s’en servir pour lesrehauts de certaines étoffes jaunes et les brillants desdorures, pourvu qu’on l’emploie pur et à sec, c’est-à-dire sur un dessous tout à fait sec, en touchant son ou-vrage franchement; il change alors beaucoup moins.M'. Mérimée ajoute que lorsque cette couleur est mé-langée avec l’alumine elle reste brillante beaucoup pluslongtemps.
On peut aussi l’employer avec succès dans l’impres-
sion des images en couleurs, pour obteuir des orangéset des verts brillants, pur des teintes superposées oumélangées, avec le vermillon, le bleu de Prusse et l’ou-tremer.
D’après M. Dumas, le jaune de chrome est une cou-leur belle, solide, douée de toutes les qualités que lepeintre peut désirer, et ce savant chimiste a raison sion a la précaution de broyer préalablement le jaune dechrome avec un vernis résineux fixe ou avec une disso-lution de cire vierge.
rouge. Le minium ou rouge de satarne , appelé àtort mine-orange , est un composé de peroxyde et deprotoxyde de plomb, il est d’un rouge assez éclatant,que Ton ravive encore chimiquement en faisant digérerà plusieurs reprises le minium brut avec de l'acétate deplomb.
La mine-orange , au contraire, se prépare en faisantcalciner de la belle céruse : elle offre une teinte plusclaire et plus brillante que le minium.
Ces deux couleurs sont souvent mélangées avec ducolcothar (oxyde rouge de fer), ou de la brique pilée;mais on s’en aperçoit facilement en chauffant ces cou-leurs au rouge dans une cuiller de fer. Le minium de-vient d’un jaune homogène s’il est pur, et la brique oule colcothar conservent leur couleur primitive. On ana-lyse au besoin le minium par l’acide hydrochloriqueconcentré, le plomb et le fer se dissolvent, et la briquereste. On évapore la dissolution à siccité, et on reprendpar l’alcool, qui ne dissout que le chlorure de fer.Cette couleur ne vaut rien pour la peinture à l’huile,car elle noircit beaucoup, et fait également noircir lescinabres.
Cinabre ou vermillon français (deuto-sulfuve de mer-cure, voyez cinabre) d'une couleur rouge-violet trèsvive. Il se vend en poudre très fine et produit des tein-tes lumineuses en le mêlant de blanc et d’ocre jauneclair, etc.
Le cinabre est souvent falsifié par du minium, du col-cothar, de la brique pilée, du sang-dragon, de l’orpinrouge ou réalgar (sulfured’arsenic). M. Dumas dit qu’onpeut reconnaître la présence des trois premières sub-stances par la distillation. Cependant le minium réagitsur le sulfure de mercure et en décompose une partie.Le sang-dragon étant soluble dans l’alcool, ou peutle séparer en faisant bouillir le cinabre avec de l’alcool.Le réalgar est plus difficile à reconnaître. On s’assurede la présence de ce corps par l’odeur de la vapeur arse-nicale qui se dégage en grilfant le cinabre. Pour le do-ser, il faut traiter le mélange au creuset par du carbo-nate de soude et un excès de nitre.
Le carmin de cochenille est un précipité obtenu dela teinture de cochenille par l’alun , et le nitro-muriated’étain. (Voyez carmin). C’est une couleur d’un rou<$e-violet éclatant, mais peu solide : elle est cependantd’un usage habituel dans la peinture à Taquavelle, àla gouache, et le lavis des plans; on s’en sert mêmedans les manufactures de papiers peints, de fleursartificielles, etc.
La laque rouge de cochenille est formée avec le ré-sidu du carmin précipité, par l’alumine ou terre d'alunpure ou mélangée de craie (voyez carmin). Cette cou -leur d’un cramoisi .plus ou moins foncé est moins opa-que que le carmin ; elle se vend dans le commerce enpoudre et sous la forme de tablettes ou de petits trochis-ques.
On falsifie ordinairement le carmin avec de la craieet du vermillon, mais on aperçoit cette falsification endissolvant le carmin dans l’ammoniaque liquide qui apeu d’action sur le vermillon.
La belle laque rouge de garance, telle qu'on la fabriqueà Berlin, à Munich et à Florence , est d’une couleurrouge-cramoisi foncé, et elle est d’une solidité bienéprouvée dans tous les genres de peinture artistique;
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