CRAIE.
Le3 lames des couteaux de poche se fabriquentcomme celles des canifs.
Le forgeuge des lames de rasoirs exige deux ouvriers.On se sert d’acier fondu étiré en barres méplates, de13 millimètres de large sur une épaisseur égale à celleque doit avoir le dos des rasoirs L’enclume que l’onemploie est légèrement arrondie sur les bords, ce quipermet à l’ouvrier de donner à la lame, dans le sensde sa longueur, une légère concavité qui facilite etabrège beaucoup le travail du rémouleur. On trempeau rouge, puis on fait seulement ’-eveuir au jaune-paillc.
Les ciseaux, qucdlc que soit leur grandeur, se forgentpar un seul ouvrier. Son enclume, qui pèse environ70 kil., a une panne de 0 n ’, r 28 de long sur0"',10 delarge, sur laquelle on peut fixer diverses matrices quiservent à donner la dernière forme à certaines partiesdes branches des ciseaux ; les anneaux qui les termi-nent se font avec des hecs-dc-canne dç forme appro-priée. On recuit les branches forgées, on les lime, onfore les trous qui servent à laisser passer le rivet quiles réunit, on en trempe la partie antérieure et on lesfait revenir au bleu ou au rouge-pourpre. Les grandsciseaux sont ordinairement tout en fer, à l’exceptiondes tranchants qui se font en acier.
Les articles de coutellerie sont ensuite dégrossis ouaffûtés, effilés, puis polis.
L’aflutage ( angl . grinding, ail. vorsehleifen) s’opèresur des meules de grandeur variable, suivant la naturedes objets à affûter. On emploie des meules d'un granddiamètre pour les pièces composées de faces planes,tandis qu’elles doivent être d’un très faible diamètrepour les James de rasoirs dont les faces sont concaves.La meule est ordinairement placée dans une cuve entôle renfermant assez d’eau pour être toujours mouilléeà sa circonférence, afin d’empêcher l’acier de s’échauf-fer au point de se détremper en partie.
L’affilage {angl. glazing, ail. feinschleifen) se faitau moyen de meules eu bois, quelquefois garnies àleur circonférence de cuir ou d’un anneau métalliqueformé d’un alliage d’étain et de plomb, et que l’on re-couvre d’un mélange de suif et d’émeri déplus en plus fin.
Enfin, on donne le poli avec du rouge d’Angleterreou colcothar, très fin et fortement calciné, sur desmeules en bois recouvertes de peau de buflle. La vitesse«le ces meules est beaucoup moindre que celle desmeules qui servent à l’affûtage et à l’affilage.
CRAIE {angl. elialk, ail. kreide). Chaux carbonatesblanche, terreuse, très friable, dont la densité variede 2, i à 2, 6. Elle se trouve en couches dans le terraincrétacé et renferme souvent des lits de silex en ro-gnons. Elle renferme aussi quelquefois un peu de siliceet d’oxyde de fer. Purifiée par une ou plusieurs lévigations successives, elle porte le nom de blanc de 'frayes,blanc de Meudon. Ses nombreux emplois, sur lesqutdsnous reviendrons dans Je couvant de cet ouvrage, sonttrop connus pour nous y arrêter ici.
CRAYONS {angl. pencils , ali. bleistifte). On donnece nom à de petites baguettes de plombagine ou gra-phite, que l’on renferme ordinairement dans des cylin-dres en bois, et qui servent à écrire et à dessiner.
Les meilleurs crayons de plombagine anglais se pré-parent, en débitant à la scie, en parallélipipèdes trèsminces, des masses de graphite très pur, préalablementchauffé en vases clos à une forte chaleur rouge. Cescrayons sont habituellement enchâssés dans des ba-guettes en bois de cèdre; depuis quelque temps on entaille beaucoup en petits cylindres assez courts quise fixent dans des porte - crayons métalliques. Cesporte-crayons se composent d’un fil métallique dontl’extrémité repousse le crayon, retenu par le boutrefendu du tube dont nous allons parler, qui fait res-sort. Ce fil est soudé à une vis qui se termine par
CRAYON:!.
une baguette glissant dans un diaphragme placédans l’intérieur du cylindre qui forme le corps duporte-crayon. Le crayon lui-même est recouvert surla plus grande partie de sa longueur par un tube creuxs’assemblant à vis sur un autre tube cylindrique qui pé-nètre à frottement dans le corps du porte-crayon et setermine par un écrou qui embrasse la vis dont nousavons parlé. Lorsqu'on veut écrire, on fait tournerL’une des parties du porte-crayon, l’autre restant fixe,et on fait ainsi avancer dans l’écrou la vis qui porte lefil métallique jusqu’à ce que la pointe du crayon viennelégèrement dépasser le tube qui l’enveloppe.
En 1795, notre compatriote Conté inventa un pro-cédé très ingénieux pour fabriquer artificiellement descrayons de mine de plomb d’excellente qualité, lequelfut encore perfectionné par son gendre, M. Humblot-Conté.
Ce procédé consiste à mélanger le graphite pulvérisé,ou toute autre matière colorante convenable, avec del’argile très pure complètement exempte de chaux et desable ; puis a chauffer le tout en vases clos à une cha-leur rouge. L’argile a la propriété de se durcir, parl’action de la chaleur, en acquérant plus ou moins decompacité suivant que la température a été pousséeplus ou moins loin, ce qui permet d’obtenir des crayonsoffrant tous les degrés de dureté et de mollesse désira-bles. L’argile est préparée par lévigation, puis séchée.On réduit le graphite en poudre ténue, dans un mortieren fonte, puis on le tasse dans un creuset que l’on re-couvre de son couvercle et que l’on porte à une fortechaleur rouge-cerise. Cette calcination a pour but dedonner au graphite beaucoup de brillant et une grandemollesse. Le mélange de l’argile et du graphite se faitordinairement à sec. La calcination du mélange doits’opérer à une température d’autant plus basse, qu’il ya plus d’argile et que l’on veut obtenir des crayons plusmous. Les proportions les plus employées pour lescrayons communs, sont de 2 ou 3 parties de graphitepour \ partie «l’argile; en les faisant varier, on peutobtenir des crayons présentant tous les degrés de duretéet toutes les nuances de couleurs désirables, avantageimmense qu’offre ce mode de fabrication sur celui descrayons anglais , pour lesquels on doit se contenterd’employer le graphite tel que nous l’offre la nature.Les crayons de mine de plomb fabriqués par le procédéConté ont en outre l’avantage pour le dessin, tout enétant aussi noirs, de présenter à un bien plus faible de-gré ce reflet métalloïde qui produit un effet si désagréa-ble à l’euii. Néanmoins on peut leur donner ce brillant,en diminuant la proportion d’argile, et en donnant unedureté suffisante aux crayons par une forte calcination.
On s’assure que le graphite est assez finement pul-vérisé, en y incorporant un peu d’argile, en prenantune faible quantité que l’on sèche et que l’on calcine,puis que l’on coupe avec un couteau, et examinant si latranche présente un aspect parfaitement uniforme sansaucun point brillant; si l’on apercevait de petites pail-lettes de graphite, il faudrait encore continuer long-temps le broyage. Lorsque le graphite a enfin acquisun degré de ténuité suffisant, on y «ajoute le restede l’argile, et l’ou incorpore le tout sur une tableà molette en y ajoutant un peu d’eau, jusqu’à cequ’on «ait obtenu uue bouillie claire parfaitementhomogène, que l’on coule dans des moules ou rai-nures parallèles pratiquées dans des planches, préala-blement bouillies dans de l'huile afin de détruire leurpropriété hygrométrique, et que l’on recouvre ensuiteavec d’autres planches en bois également bouillies dansde l’huile, que l’on serre contre les premières au moyende machines à vis. L’air pénétrant peu à peu par lesextrémités des rainures dessèche graduellement lescrayons, qui se détachent à mesure des rainures par} suite du retrait qu’ils éprouvent ; on achève la dessicca-