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CREOSOTE.

CREOSOTE.

Les crayons blancs s'obtiennent par le sciage demorceaux de craie blanche et de bonne qualité.

Les crayons au pastel sont ordinairement cylindri-ques ; on les fabrique avec un mélange de terre de pipebien fine et de matières colorantes convenables, queTon moule et que l'on fait ensuite sécher. Les frèresJoël, à Paris , qui sont renommés pour leurs pastels, lespréparent avec un mélange de : 1 2 parties de terre depipe, 12 p. de matière colorante (comme le bleu dePrusse , l’orpiment, la cérusc, le vermillon, etc.) enpondre, 6 p. de gomme laque, 4 p. d’esprit-de-vin et2 p. de térébenthine. L’argile, préalablement purifiéepar lévigation et séchée, est réduite en poudre im-palpable, puis mélangée avec la gomme-laque dissoutedans l'esprit-de-vin, la térébenthine et enfin la matièrecolorante. On remplit de ce mélange un cylindre creuxen cuivre, de 5 centimètres de long sur 4 de diamètre,et fermé à l’un des bouts par une plaque percée de trouscirculaires, dont le diamètre dépend de celui des jcrayons que l’on veut fabriquer. On chasse ensuitela pute à travers les trous avec, un piston, que l’onforce à entrer dans le cylindre au moyen d’une, fortepresse, et on obtient ainsi des crayons passés à la fi-lière, qu'il ne reste plus qu’à couper de longueur con-venable et à sécher à une douce chaleur. Comme laqualité des crayons dépend entièrement de la finesse deleur pâte, il est très avantageux de broyer mécanique-ment les couleurs et l’argile, ce qui se fait souvent aumoyen du moulin représenté fig. 018 et 619 : la meuleest en fonte et percée de trous II, par lesquels la-cou-leur que l’on verse à l’état de bouillie liquide dans lacuve conique G, s’introduit au centre de la meule etsort, par l’elfet de la force centrifuge, à la circonférencepour repasser de nouveau par les memes trous, jus-qu’à ce qu’elle soit suffisamment broyée. L‘nx« I de lameule est mis en mouvement par la manivelle L, aumoyen d’un système de roues d’angles K.

CREOSOTE. C’est le plus important des cinq com-posés découverts par Reiclienbach dans le goudron, etil doit son nom à la propriété anti-septique extrême-ment développée qu’il possède. Les quatre autres com-posés, savoir : la puraffine , l'cupione, le pivamar et lepittacnll , n’offrent d’intérêt que sous le rapport scienti-fique. On peut extraire la créosote soit du goudron vé-gétal, soit de l’acide pyro-ligneux brut. Voici commenton opère pour la retirer du goudron végétal.

On distille le goudron en commençant seulement àrecueillir le produit qui passe à la distillation, lorsqu’ila atteint une réaction fortement acide, et s’arrêtant dèsque le goudron a pris la consistance de la poix et qu’ilcommence à se former dans l’allonge des nuages blan-châtres de paraffine. Le produit recueilli se sépare entrois couches de densités différentes ; la première et ladernière sont huileuses, et la couche intermédiaire estaqueuse. On décante les deux couches supérieures avecun syphon, et la dernière sert seule à ia préparation dela créosote.

On sature cette liqueur huileuse avec du carbonatede potasse, on laisse déposer, puis après avoir décantéla masse huileuse qui surnage, on la soumet à la distil-lation. On rejette les premiers produits qui passent à ladistillation et qui sont plus légers que l’eau : ils con-tiennent peu de créosote; on recueille l’huile pesantequi passe ensuite, on l’agite à plusieurs reprises avecde l’acide phosphorique étendu, pour séparer une petitequantité d’ammoniaque qu’elle renferme, puis on dé-cante et on agite à plusieurs reprises avec de l’eaupure, en laissant reposer et décantant chaque fois, jus-qu'à ce que la liqueur n’ait plus aucune réaction acide,enfin on la distille avec de l’eau et un peu d’acide sul-furique. Le produit ainsi obtenu est tout à fait incolore,et, se compose de créosote renfermant encore un peud’eupionc. Four le purifier, on y ajoute une dissolution

de potasse d’uue densité de 1,12, qui dissout la créosotetandis que l’cupionc vient surnager à la surface, et peutêtre alors séparée par décantation ; on laisse ensuite re-poser pendant quelque temps au contact de l’air la dis-solution alcaline de créosote, qui se noircit alors parladécomposition de quelques matières étrangères qu’elle,renfermait encore, puis, on sature l’alcali par de l’a-cide sulfurique; on décante la créosote qui s’est séparéedu smfate de potasse et on la distille de nouveau. Onrépète à plusieurs reprises ce traitement successif parla potasse et l’acide sulfurique, jusqu’à ce que. la créo-sote ne brunisse plus au contact de l’air.

Four retirer la créosote de l’acide pyro-ligneux, ousature ce dernier à la température de 75° avec du sul-fate de soude effleuri ; il se forme à la surface de l’a-cide une couche, huileuse que l’on décante et qu'onlaisse reposer quelques jours, pendant lesquels il se sé-pare encore un peu d’acide pyro-ligneux ; on la satureensuite à chaud avec du carbonate de potasse, puis onla distille avec de l’eau, et on purifie la créosote im-pure qui passe à la distillation, comme nous l’avons ditci-dessus, avec de l’acide phosphorique, etc...

La créosote ainsi obtenue est un liquide oléagineux,d’une saveur brûlante et amère, qui possède une odeurparticulière qui se rapproche de celle de la viande for-tement fumée; sa pesanteur spécifique à 20° est de1,037 ; elie n'a aucune réaction alcaline ou acide. Unfroid de 27° au-dessous de zéro ne la congèle pas ; elleest assez volatile et bout sous la pression atmosphériqueà la température de 203° ; enflammée au moyen d’unemèche de lampe, elle brûle avec une flamme fuligi-neuse.

En agitant à 15" de la créosote avec de l’eau, on ob-tient deux combinaisons de densité différente renfer-mant pour 1 partie de créosote, 10 et 400 p. d’eau. Kilose mélange en toutes proportions avec l’alcool, l’éther,le sulfure de carbone et les huiles volatiles. Elle dissoutfacilement l’iode et le phosphore, ainsi que le soufre achaud, mais par le refroidissement ce dernier se sépareà l’état cristallin. Elle forme avec les alcalis et plu-sieurs autres bases des combinaisons que l’on ne peutguère regarder comme de véritables sels. Elle dissoutnombre do résines, toutes les huiles et beaucoup de ma-tières colorantes, même l’indigo. Elle coagule l’albu-mine ; mêlée à de l’oxyde rouge de mercure, elle se con-vertit en une masse résineuse, tandis que le mercureest réduit à l’état métallique. Les acides sulfurique etnitrique concentrés la décomposent. Sa composition estreprésentée par la formule atomique C 28 H 16 0 2 , quicorrespond à deux volumes de vapeur.

La créosote est surtout remarquable par la propriétéqu'elle possède de préserver complètement de la putré-faction les substances organiques. On plonge, pendant unquart d’heure environ, les substances à conserver dansune dissolution aqueuse de créosote très étendue, puis onles laisse égoutter et on les fait sécher à l’air libre. C’estsans contredit à la créosote qu’elle contient qu’on doitattribuer les propriétés anti-septiq-ues de la fumée. On nepeut expliquer cette propriété par la coagulation del’albumine, car celle-ci seule, et coagulée sans créosote,éprouve, assez rapidement la fermentation putride. Lacréosote agit aussi très énergiquement sur l’économievitale, et prise à l’intérieur elle joue le rôle d’un poisontrès violent. Flacée sur la peau elle cause uu picote-ment douloureux, et peut même l’altérer profondémentlorsqu'elle est pure.

La créosote est très employée en médecine, surtoutcontre les maux de dents; il faut avoir soin, dans cedernier cas, de ne pas l’appliquer sur les gencivesqu'elle dépouillerait au vif. Quoique ce soit vin médica-ment précieux dans beaucoup de circonstances, ses pro-priétés médicales ont généralement été beaucoup tropexaltées.