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CREUSET.

CREUSET.

CRÊPE (angl. crape, ail. krcpp, flor). Le crêpe estun tissu particulier qui se fait avec de la suie brute nondécreuséc. Teint en noir il est principalement employépour toilettes de deuil. Le crêpe blanc sert à faire desvoiles. Le crêpe a été inventé à Pologne . Actuellementil se fabrique surtout à Lyon en France , et à Nonviehen Angleterre.

CREUSET (angl. crucibles, ail. schmelztiegel). Lescreusets sont des vases généralement destinés à conte-nir les corps auxquels on veut faire supporter une tem-pérature élevée. On fait souvent des creusets métalli-ques , mais ici nous ne parlerons que des creusetsargileux. Les creusets se divisent, suivant l'usage au-quel on les destine, en des classes assez variées. Laplus distincte est celle des creusets dits de plombagine,dont la pute contient du graphite ; ils sont très bons, ence sens, qu’ils supportent de très hautes températuressans se fondre, qu’ils ne cassent pas au feu, et enfinqu'ils résistent à l’action de beaucoup de corps. Commele prix de revient de ces creusets est encore assez élevé,on remplace souvent le graphite par du coke grossière-ment pulvérisé (voyez aciek).

Parmi les creusets purement argileux, il en est qu’onpeut rendre imperméables, tels sont ceux de porcelaine.Ces creusets cassent facilement au feu. Il en est d’au-tres, et c’est le plus grand nombre, pour lesquels on nerecherche pas cette qualité ; ceux-ci sont poreux, àpâte grossière, et résistent fort bien en général au chan-gement de température.

Les creusets poreux se laissent pénétrer par l’air, cequi importe peu, mais ils ont le grand inconvéuient dese laisser aisément traverser par tous les sels en fusion.Ainsi le nitre et le sel marin en fusion passent au tra-vers, mais il n’en est pas de même des métaux ou desproduits qui ne fondent pas au feu. Dans ces derniers cason emploie de préférence ces creusets, puisque ce sontceux qui supportent les plus grands coups de feu et leschangements de température les plus brusques, sansêtre fondus ou cassés. Les célèbres creusets de Hesse of-frent le type des creusets poKux. D’après M. Berthierils se composent de :

Silice. 0,709

Alumine. 0,248

Oxyde de fer.0,033

Magnésie.traces

0,995*

On les obtient au moyen d’une argile très alumineuseque l’on trouve aux environs d’Almerode, et à laquelleon mêle beaucoup de sable quarzeux. Us sont très ré-fractaires et supportent bien des changements brusquesde température ; mais la forte proportion de silice qu’ilsrenferment, fait qu’ils s’attaquent aisément par la li-tharge et les autres oxydes métalliques très fusibles.D'un autre côté, leur grain très grossier rend leur em-ploi peu commode dans beaucoup d’opérations où l’ontient à recueillir exactement les produits. Us sont so-nores, peu épais, évasés sous la forme triangulaire parle haut, et assez solides pour supporter facilement letransport. Les petits creusets de Hesse, chauffés aurouge, peuvent être jetés dans l’eau froide sans casser.

Les creusets de Beaufay, à Paris , contiennent, d’a-près M. Berthier :

Silice . . 0,646

Alumine. 0,344

Oxyde de fer.0,010

1,000

Us sont fabriqués avec un mélange d’argile crued'Andennes , près Namur, simplement mélangée de ci-ment de la même argile sans addition de sable. On lesenduit avant la cuisson d’une couche mince d’argile,pure et crue, qui rend leur surface plus lisse et plus

unie. Ces creusets sont surtout remarquables, en ce queleur pâte étant très dense, ils peuvent néanmoins suppor-ter des changements brusques de température. Leurcomposition indique, au reste, qu'ils sont très réfrac-taires, et l'expérience montre qu’ils le sont même plusque ceux de liesse. Moins riches en silice que ces der-niers, ils résistent mieux ù l’action corrosive de la li-tharge en fusion.

La pâte des creusets est toujours formée d’un mé-lange d'argile crue et de ciment. Quelquefois le cimentest du coke grossièrement pulvérisé ou du sable; maisle plus ordinairement il se compose d’argile cuite aurouge, puis pulvérisée. Le mélange se fait habituelle-ment dans les proportions de I partie d’argile crue pour3 p. d’argile calcinée, et s’opère soit à l’aide d'un mou-lin,. soit le plus souvent en le faisant marcher. Le ci-ment a pour but de diminuer le retrait de la pâte, etde l’empêclicr de se fendre tant pendant la dessiccationet la cuisson que lorsque les creusets éprouvent deschangements brusques de température, ce qui est unedes propriétés des pâtes poreuses.

Les petits creusets se fabriquent par moulage, de lamême manière que ceux employés à la fabrication deI’acikr fondu (voyez ce mot) ; les grands creusets, aucontraire, tels que ceux de verrerie (voyez VEiutK) sej fabriquent à la main avec ou sans moule. Enfin on peutaussi couler les creusets dans des moules en plâtre parle procédé indiqué pur M. Cameron. Pour cela on délaiede l’argile crue dans de l’eau, de manière à former unebouillie claire qu’on passe au travers d’un tamis desoie ; on laisse déposer pendant quelques heures, ondécante l’eau surnageante, on ajoute alors au résidu7 parties de sable ou de ciment fin pour 17 d’argile.La bouillie argileuse étant ainsi préparée, on en rem-plit les moules de plâtre, préalablement parfaitementdesséchés ; au bout d’une demi-lieure on décante la por-tion liquide; on laisse un peu sécher la couche quis’est attachée au moule, puis on emplit et on décanteune seconde fois, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’onait obtenu une épaisseur convenable. Si les moules sontfaits de deux pièces, on les sépare pour enlever lescreusets dès que ceux-ci ont.pris une consistance suffi-sante. On fait ensuite sécher complètement les moulesavant de s’en servir de nouveau. Enfin on forme quel-quefois avec la pâte argileuse des cylindres pleins,qu’on fore ensuite, lorsqu’ils ont pris assez de consis-tance, à l’aide d’une mèche ou d’une cuillère de formeconvenable.

Lorsque les creusets ont été séchés autant que pos-sible par l’exposition à l’air, on les fait cuire dans unfour à poteries; on évite en général de les chauffer aupoint de vitrifier un peu leur surface, parce qu’ils de-viennent alors plus cassants ; il suffit qu'ils aient prisassez de consistance pour supporter les transportsquand on ne les emploie pas sur les lieux. Us achèventde se cuire dans l’opération même à laquelle ils sontdestinés.

Les creusets compactes peuvent être réfractaires etimperméables, mais ils sont toujours sujets à se casserlorsqu'on les laisse refroidir. On les prépare soit aumoyen d’un ciment très fin d’argile apyre, quand onveut qu’ils soient réfractaires, soit en se servant d’uneargile un peu fusible et poussant la cuisson jusqu’aupoint où la terre éprouve un commencement de vitrifi-cation.

Creusets brasqués. Comme toutes les substances oxy-dées agissent chimiquement sur les creusets, et qu’enoutre un grand nombre de métaux et de leurs compu-, ses adhèrent fortement à leurs parois et sont même sus-ceptibles de les traverser par voie de capillarité, on aimaginé depuis longtemps de remplacer ces creusets,dans la plupart des essais docimastiques, par des creu-sets formés en forant une cavité dans des morceaux de