DAMASQUNTUF.
1)K A COUDRE.
outre quand on passe de la première à la seconde pro-portion, que le fond du moiré \arie du gris au brun.
Les aciers chrGinifere et titanifèrc s’obtiennent enajoutant au fondant du fer chromé ou du fer titane.Le chrome et le titane fournissent, sous plusieurs rap-ports, les mêmes résultats que le manganèse. Ils rendentégalement l'acier plus cassant à mesure que l’on enaugmente la proportion, et donnent lieu, pour la naturedu moiré, à des observations du même genre. Le chromeet surtout le titane gâtent pourtant moins l’acier que lemanganèse, et à proportion égale, l’acier prend avec lechrome un plus beau poli qu’avec le manganèse. Lesdessins donnés par le chrome sont également plus beauxque ceux donnés parle manganèse, et ils rappellentplus que tous les autres la disposition des dessins dudamas; de là vient sans doute que M. Bertbier a crupouvoir considérer l’acier allié de chrome comme dudamas. Le chrome donne au fond-une teinte foncée;le titane le rend violet, ce qui permet de reconnaîtrefacilement la présence de ce métal dans l’acier.
En général, le manganèse, le chrome et le titanenuisent moins à l’acier que le calcium, le silicium, lemagnésium et l’aluminium. La présence de 1/-50 e deces derniers métaux enlève à l’acier sa malléabilité. Iln’en est pas de même, si on remplace l’acier par du ferdoux ; dans ce cas, l’alliage reste encore plus ou moinsmalléable.
L’acier allié de 1 /367 e à 1 /90 e d’argent se distinguede l’acier ordinaire par sa malléabilité et sa grande du-reté. Cet acier est dans sa cassure plus blanc que l’acierordinaire, mais le polissage et le décapage à l’acide n’ydéterminent point un moiré uniforme. En augmentantla proportion de l’argent, on ne réussit qu’à faire naîtrepar places de petites raies irrégulières , ce qui sembleprouver que l’argent ne s’allie pas chimiquement avec,le fer, du moins en quantité notable. L’acier argenti-fère se rouille moins facilement que l’acier ordinaire;cet avantage payerait et au-delà le supplément de va-leur dû à la présence de l’argent, si cet acier était em-ployé pour certains objets, et notamment pour les piècesd’horlogerie. Les alliages de l’acier avec les autres mé-taux examinés précédemment se rouillent au contraireplus facilement que l’acier pur.
L’alliage d’or et d’acier est plus tendre que l’acierordinaire, soit a la forge, soit à la trempe. On ne peutmême en portant à I /200 e la proportion de l’or, faireprendre à l’acier aucun moiré apparent; l’addition dece métal ne fait que lui communiquer un reflet jaunâtre.
L’acier platinifère prend un moiré fin, assez uni-forme, et conserve en général la couleur du platine.Il prend un très beau poli, est dur et de bonne qualité.
Enfin il nous reste, pour terminer cet article, à parlerdes aeici’s damassés obtenus par le procédé de Clouet etHachette . Ce procédé s’exécute comme nous l’avonsdécrit à l’article armes a feu, en parlant des canonsrubannés et damassés, en soudant ensemble des troussesde petites barres ou lames d’acier, séparées quelquefoispar des rubans de fer, les étirant au marteau, les tordantet les coupant ensuite pour en former une nouvelle trousseque l’on traite de la même manière, etc.; on obtientainsi de l’acier qui présente un damassé très agréableà l’œil et très varié, mais qui ne ressemble en rien auvéritable damas r. d.
DAMASQUINURE. Art d’orner le fer, l'acier, etc.,en faisant des incisions à la surface, et les remplissantavec des fils d’or ou d’argent; on l’emploie principale-ment pour enrichir les lames de sabre, les gardes, lespoignées, les platines de pistolet, etc.
Son nom indique son origine, ou, du moins, l’endroitoù on l’cxcrce avec la plus grande perfection ; c’cst-à-dire, la ville de Damas, en Syrie; M. Félibien attribuele perfectionnement de cet art à notre compatriote,Cursinet, qui vivait sous le règne de Henri IV .
La damasquinure est un travail de mosaïque, de gra-vure, ou de sculpture.
Il y a deux manières de damasquiner : dans la pre-mière, qui est la plus belle, les artistes taillent le métalavec un burin ou tout autre outil propre a graver surl’acier, et remplissent ensuite les incisions ou creuxavec une petite lame assez épaisse, d’or ou d’argent ;dans l’autre, qui n'est que superficielle, ils se conten-tent de couvrir de hachures très fines la surface del’objet à damasquiner avec un couteau tranchant, telque celui qu’on emploie pour faire de petites limes.Dans le premier procédé, il est nécessaire que les en-tailles ou incisions soient faites en forme de queues d’a-rondc, afin que le fil d’or ou d’argent qu’on y insinue deforce puisse y tenir plus solidement. Dans le second,qui est le plus en usage, on agit comme il suit ;
Après avoir écliaullé l’acier jusqu’à ce qu’il deviennebleu ou violet, on le hache en long et en travers avec lecouteau, puis on dessine la figure ou ornement qu’on sepropose d’y faire, sur les hachures, avec une pointe finede cuixre ou poinçon. Cela fait, on prend un fil d’or,et le conduisant ou le chassant selon les figures déjàdessinées, on l’enfonce avec précaution dans les ha-chures du métal avec un repoussoir de cuivre, puis avecce même instrument, ou un autre qui lui ressemble etqu’on nomme mattoir , on refoule sur le fil inséré les ba-vures qui se sont levées lors du passage du burin. L'oracquiert par simple pression une adhérence suffisantepour tenir solidement sur le fer ou l’acier.
DAXAIDE. Genre de roue hydraulique inventée parM. Manoury d’Kctot. Voyez hydraulique.
DATHOL1TE. Chaux horatée siliceuse, boro-silicatcde chaux ; minéral assez rare.
DE A COUDRE. (ri nyl. thimble , ail. fingcrlmt).On fait les dés à coudre en os, en ivoire ou en métal.Cette fabrication n’offre quelque intérêt que par lesprocédés ingénieux de MM. Roux et Bertbier, qui ontréussi à faire les dés d’acier avec une rare perfection,et à très bon marché. On taille à l’emporte-pièce desdisques de 5 centimètres de diamètre dans de la tôlede fer; on les fait rougir, et on les frappe au cenfre avecun poinçon sur des tas creusés de trous différents, afinde les emboutir et de tour donner la forme de dés. Ontaille ces dés, on les polit au tour, et l’on y imprime depetits trous régulièrement distribués; en se servantd’une double roulette qu’on appuie à la surface.
On cémente ensuite les dés, on les trempe, on les dé-cape, on les fait revenir au bleu, et on les double en or;c’est-à-dire qu’on introduit dans chacun d’eux un dé enor très mince, qu’on y force avec un mandrin d’acierpoli ; cette doublure tient au dé comme- si elle y avait étésoudée. Enfin, le bord a reçu une rainure où l’on en-gage l’anneau, bande mince en or qu’on fait entrerjustc^dans la rainure.
DECOLORIMÈTRE. Voyez noir animal.
DECOUPOIR. Le découpoir sert à faire vite et avecbeaucoup d’économie des pièces plates ayant une formedonnée; on doit l’employer toute les fois que l’on a àfabriquer un grand nombre de pièces ayant toutes lesmêmes formes. Il est la cheville ouvrière de certai-nes industries, et est employé accidentellement dansbeaucoup d’autres. Il se compose ordinairement d’unoutil nommé emporte-pièce ou piston, ayant la forme dumorceau à enlever et qu’on fait pénétrer dans la ma-tière à découper, soit à coups de marteau, soit au moyend’une vis ou d'un levier analogue à ceux que l’on em-ploie dans les presses.
Le marteau suffit toutes les fois que les matièresà découper ont peu d’épaisseur et peu de résistance;comme le cuir, le papier, les peaux, les toiles. Lespresses et les leviers s’emploient lorsqu’on travaille}le fer blanc, les tôles d’acier, de cuivre ou de fer. L’ou-til employé s’appelle emporte-pièce lorsque, suivant