DAMAS.
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De polisseur évite cet inconvénient en promenant con-stamment sur le disque l'objet qu’il polit. Quand ondonne un grand poli, les mêmes inconvénients se repro-duisent encore plus souvent, surtout pour les objetsminces, et notamment à leur tranchant. Des rasoirspeuvent donc ni nsi être altérés sans remede. Il vautdonc mieux ne pas donner un haut poli aux objets quiexigent de la fermeté et du tranchant. Des objets dedam as n’ont point besoin d’un fort poli ; car après le décapage, ce fort poli n’améliore ni le fond ni les dessinsdu moiré : il suffit de polir ces objets à l'émeri fin, dé-layé dans l’huile.
Décapage. Il est impossible de reconnaître la qualitédu damas sans le décaper. Tous les acides qui attaquentle fer attaquent aussi le damas ; mais pour décaper oufaire apparaître le moiré, il faut agir sur le fond plusque sur le dessin. Il semble, au premier coup d’œil,que le choix de l’acide soit indifférent et qu’il suflîse del’étendre au point où il ne corrode que le fond, et res-pecte les dessins dont la structure résiste davantage àla dissolution. Mais tous les acides ne peuvent pas êtreemployés avec uu égal succès; les uns n’agissent quesur le fer et laissent le carbone tel qu’il se trouve dansle métal; les autres ut tarent et le fer et le carbone.L’acide nitrique, par exemple, en dissolvant le fer,attaque aussi le carbone, et enlève au fond l’éclat et lereflet propres aux damas; l’acide sulfurique, au con-traire, dissout le fer sans attaquer le carbone, et res-pecte l’éclat et le reflet du fond, surtout quand on l’em-ploie non pas à l'état libre, mais à l'état de sulfate. Lesulfate de fer de Perse, qui paraît contenir une certainequantité de sulfate d’alumine, passe pour le meilleurmordant qu’on puisse employer au décapage des laines.Pour I litre 1/2 d’eau, on emploie jusqu'à O k ,lU devitriol vert.
La lame qu’on veut décaper doit être parfaitementpropre et purgée de toute huile ou de tome autre ma-tière grasse. En conséquence, on la nettoie préalable-ment au moyen de cendres fines avec de la lessive, etou la lave ensuite dans de l’eau pure ; on la plongedans la dissolution de mordant chaude, ou bien on l’ar-rose de ce dernier en la tenaut au-dessus du vase qui lerenferme. Quand les moires et le fond se sont dévelop-pés, on sort la lame, on la lave à plusieurs reprisesavec de la lessive et de l’eau froide, et on l’essuie légè-rement et rapidement avec un chiffon de toile sec. Cetteopération ne dure pas plus de 10 minutes et quelquefoismoins, si la dissolution de vitriol est forte.
Les moires apparaissent très promptement sur ledamas, mais on prolonge quelque temps l’action dumordant, afin qu’elles ressortent d’une manière plustranchée sur le fond, lequel perd en même tempstoutes traces du polissage, et acquiert ainsi la cou-leur et le reflet propres an damas. D’un autre côté, sil’on prolonge trop l’opération, le fond perd son éclatet les moires leur couleur, le métal devient plus foncé,et si l'on va plus loin encore, le moiré disparaît totale-ment. Quoique le nettoyage à la cendre puisse faire re-paraître le moiré, le fond n’en reste pas moins forte-ment corrodé et montre une surface matte ; aussi, si lemétal ne manifeste au premier effet de l’acide ni fond decouleur foncée, ni reflet, on ne pourra les y faire naîtreni en plongeant ni en recommençant l'opération. Ilfaut avoir soin, en essuyant la lame, de ne point tou-cher un endroit essuyé à sec avec le chiffon humide,car cette place prendrait une irisation qui nuirait à labeauté du moiré. En général, le décapage demandebeaucoup d’expérience et d’adresse.
Quelques acides végétaux produisent tout aussi bienle moiré que le sulfate de for et sont d’un emploibeaucoup plus simple. Il suffit d'humecter l’objet avecdu jus de citron ou avec du vinaigre de bière or-dinaire, de le laver après l’apparition du moiré avec
de l’eau froide, et de l'essuyer à sec avec un cliilT.m.
Les lames décapées sont enduites d’huile d’olivepure et essuyées de nouveau à sec ; cet enduit les pré-serve de la rouille, même dans un endroit humide
Prix de revient et usage du damas. A Xlutooust, ledamas fabriqué par les procédés que nous avons indi-qué, s’élève, y compris le travail de la forge, à 1 2 r 50le kilogramme.
Les récits faits par les voyageurs, sur la qualité dequelques damas asiatiques, ne sont nullement aussiexagérés que plusieurs métallurgistes modernes l’ontcru jusqu’à ce jour. Il est exact qu’on peut, avec undamas réticulaire ou chevronné, a grandes moireset à reflet doré, couper facilement dans l’air un fichude gaze: M. Anoçoff a lui-même icussi dans cetteexpérience avec ses damas. On n’en saurait faire autantavec une lame d'acier fondu anglais : à peine peut-ellecouper mie étoffe de soie. On rapporte que les damascoupent des os, des clous, etc., sans s’ébrécher ; le faitest vrai; mais il faut que le sabre soit fait de bon da-mas, trempé et recuit au point convenable. Une bonnelame de damas, trempée au même point qu’une huned’acier, entaillera toujours cette dernière sans s’ébré-cher. Une hune d'épée faite de bon damas, régulière-ment afîilée et convenablement trempée, plovée à lamanière ordinaire, s’échappe sous la flexion et se re-dresse instantanément. Si même on pose le pied sur lebout et qu’on la courbe à angle droit, elle ploie sans sebriser, et reprend, quand on la redresse, toute son élas-ticité première. Quel est l'acier qui jouirait d’une pa-reille propriété ? Un rasoir de bon damas, exempt dedéfauts, fera au moins deux fois plus d’usage que lemeilleur rasoir anglais .
En général, tout objet qui exige de la force et dutranchant doit être fait en damas dur, c’est-à-dire endamas qui manifeste le moiré avant le décapage, ettout objet qui demande de l’élasticité doit être fait depréférence avec le damas tendre, qui sc prépare avecune moindre proportion de graphite. Il va sans direque chaque genre de damas doit être d’aussi bonne qua-lité que possible; il ne suffit pas qu'il porte un moirélongitudinal.
Dans rin.de, au lieu d’employer du graphite pourcarburer le fer, on se sert de matières végétales (bois etfeuilles d’arbres), comme nous l’avons décrit à l’articleacier ( ii'ootz indien); le damas ainsi obtenu est tropdur pour sc laisser étirer au marteau, aussi lui fait-ond’abord subir un recuit prolongé qui lui donne la mal-léabilité nécessaire.
M. Bréant a proposé depuis longtemps de fabri-quer de l’acier damassé, en fondant du fer avec dunoir de fumée; M. Anoçoff, qui a répété ces expé-riences, a trouvé que l’acier ainsi fabriqué présentaitun moiré fort différent de celui dn véritable damas, etlui était de beaucoup inférieur sous le rapport-de laqualité.
M. Faraday a reconnu le premier, qu'il suffit d’allierà l’acier une très faible quantité d’autres métaux pourobtenir des aciers damassés. Tout le monde a pu ad-mirer à la dernière exposition les magnifiques lamesobtenues, parM. le duc de Luynes, en alliant à l’acierune faible quantité de tungstène, de molybdène, etc.Néanmoins les aciers ainsi obtenus ne présentent pasle même genre de moiré que le véritable damas orien-tal, et ne le valent pas sous le rapport de la qualité.Disons encore un mot des recherches de M. Anoçoif aoet égard :
Le manganèse allié à l’acier en petite quantité et jus-qu’à 1/20U C n'en modifie point sensiblement les pro-priétés apparentes : au-delà de t /100*“, il rend l’acierdur, cassant et à gros grains. L’alliage poli et décapé,prend un moiré à peine discernable dans le premier cas,et un moiré fin dans le second cas. On remarque en