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UEGMAISSEFR.

DKGUAlSSKUU.

])U nous fournir jusqu’à ce jour, tels que la manière d'en-lever toutes sortes de taches sur quelques couleurs que cesoit, sans aucune altération, de même que pour nettoyerou remettre à neuf toutes sortes d’étoffes des couleurs lesplus délicates, sans les endommager aucunement: blan-chissage des chapeaux de paille, etc.

C’est dans ce dernier onvruge surtout que nousavons trouvé les renseignements qui nous paraissent lesplus simples et les plus utiles à connaître. M. Voymant,cependant, n'a rien inventé, rien innové, mais il a dé-crit avec exactitude et sincérité tous les procédés pra-tiques de son métier.

Les principes généraux de l'art du dégraissage étaientdéjà connus et pratiqués par les peuples de l’antiquité.Ainsi le prophète Jérémie parle de se laver avec lenitrum , et de se purifier avec une grande abondanced’herbe de borith (chap. II, v. 22). Malacbie s’écrieen prédisant le Messie : « Et qui pourra subsister quandil paraîtra? car il sera comme le feu de celui qui raffineet comme l'herbe des foulons. » (Chap. III, v. 2.)

Or, il paraît indubitable que le nttrum n'est autrechose que le natrum , en français mitron (sesqui-car-bonate de soude), qui nous vient des plaines qui bor-dent la mer Noire, et de celles qui entourent la merCaspienne, de la Perse, de l'Arabie, de l’Inde , du Tlu-bet, de la Chine, de la Sibérie, et principalement d’E-gypte , où on l’emploie depuis un temps immémorialpour remplacer le savoK (voir VEncyclopédie métho-dique , art. Natrum).

A l’égard de l’herbe de borith de Jérémie , les meil-leurs interprètes pensent que cette plante est la mêmeque l’herbe des foulons de Malachie . Du reste, les pro-priétés de ces deux plantes sont identiquement lesmêmes, et les descriptions qu’en donnent tous les au-teurs de l’antiquité, les annoncent comme des herbesdont on se servait alors pour dégraisser et blanchir leslaines (1). C’est la même plante appelée slruthion parles Grecs (Pline, liv. XXIV. sect. 18), en latin radiculaou herba lanaria (Pline, liv. XIX. sect. 18). Les an-ciens peuples de l’Arabie l’ont nommée herba fullonum(herbe des foulons) ; les modernes l’appellent, dit Leo-narth Fousch (2 ; , saponaria (saponaire) (3), parcequ’ils s’en servent comme de savon pour ôter les tachesdes robes et pour dégraisser les laines (Dioseoride,liv. II, chap. 193).

Pline indique l’emploi de la craie pour dégraisser lesvêtements. ^ On estimait, dit-il, surtout la craie deThessalie ; on en trouve en Lycie , dans les environs deîîubon. Lacimolie sert aussi pour le dégraissage des vê-tements. Celle qu’on apporte de Sardaigne , et qu’onnomme ainsi sarde, n’est bonne que pour les tissusblancs, et n’est d'aucun usage pour ceux de couleur ;c'est la moins estimée des cimolies. Celle qu’on tire del'Ombrie , et qu’on nomme cimolie en pierre, vautmieux. Cette dernière a ceci de particulier, qu’elle gros-sit en se macérant. Elle se vend au poids, la sarde à lamesure. La cimolie d’Ombrie n’est employée qu’à lisserles tissus. »

Il ajoute sur le blanchiment des laines par le soufre :

(O Dans l’empire romain, on nommait candidats les in-dividus qui aspiraient aux emplois publics; ce nom leur futdonné à cause de la robe blanche qu’ils portaient, et quel’industrie du fouion avait rendue éclatante ; car le blancétait la couleur favorite des Romains opulents, malgré iesprohibitions prononcées par les anciennes lois (Tite-Live ,liv. IV, p. 25).

(2) Commentaires sur les plantes connues des anciens,1549.

(5) Pourtant M. Jaubert, qui amena les chèvres du Thibctnu de Cachemire en France vers le commencement de ce siè-cle, rapporta d’Asie , comme une nouveauté, cette herbeconnue sous le nom de ùc/i/iar, ou saponaire d’Onem, etpresque tous les dégraisseurs s’en servent aujonid’hm pournettoyer les châles.

« Nous ne dédaignons pas d’entrer dans ces détailsparce qu’il existe une loi metelia, relative aux foulons,proposée à la sanction du peuple par les censeurs Kla-ininius et L. Eniilius, tant nos ancêtres mettaient desoins à tout. Voici comment on procède : d’abord onlave l’étoffe à l’aide de la sarde, on l’expose à la fumi-gation du soufre, On fait tomber le premier enduit aveclu vraie cimolie; la fausse se reconnaît à ce qu’ellenoircit et se décompose par l’action du soufre. La vraiecimolie rend plus tendres et plus gaies les belles etriches couleurs que semblaient avoir ternies le soufre.Pour les étoffes blanches, on fait succéder au soufre lapierre cimolicnne (I), qui est ennemie des couleurs. A lacimolie, les Grecs substituent le gypse de Tvmpbée. »(Pline, liv. XXXV, sect. 57.)

On peut donc dire avec quelque exactitude aujour-d’hui, que si les anciens ne connaissaient pas le savonpour nettoyer et blanchir leurs vêtements, ils y suppléaient parfaitement au moyen de différentes sortes deterres et de plantes savonneuses (2).

Au résumé, on remarque que si le savon blanchitfort bien les tissus blancs, il altère aussi plus ou moinsles tissus colorés ; le savon décreuse, creuse et vrilletrès souvent les étoffes de laine et de soie, à cause del’alcali qu’il contient et qui agit sur les filaments enles dissolvant ; il les rend certainement moins soupleset moins brillants qu’ils ne le sont après le nettoyagepar la saponaire, à la manière des Grecs et des Per-sans (3). En effet, la décoction de la racine de cetteplante contient une partie mucilagineuse qui adhèreaux tissus, et suffit ainsi pour leur donner de l’éclat,voire même de la souplesse et de la solidité.

Maintenant, revenons à la description des procédés ac-tuels du dégraissage, et résumons d’abord les connais-sances qu’exige cette profession, qui, suivant l’expres-sion du savant Chaptal, est entièrement basée sur lachimie.

L’art du détacheur ou dégraisseur suppose :

1° La connaissance des divers corps qui peuvent ta •cher une étoffe ;

2° La connaissance des substances auxquelles il fautrecourir, pour dissoudre et enlever les corps étranger*déposés sur l’étoffe ;

3" La eonnaissaneedes couleurs simples et composées,et leurs manières de se comporter avec les divers réac-tifs dont on fait choix pour dissoudre la nature de latache ;

4° La connaissance de l’étoffe, et de la manière dontelle est affectée par les substances dont on peut se servirpour enlever les taches ;

o" L’art de rétablir une couleur altérée, ou de rame-ner des nuances affaiblies et inégales à une couleur uni-forme. *

Ce résumé nous indique naturellement la classifica-tion que nous devons observer dans nos explications.

Salure et propriétés des corps qui peuvent- tacher et al-térer les étoffes blanches ou colorées. Les corps qui ta-

(0 M. Ajasson de Gransagne, traducteur de Pline,dit dansune note que « la Cimolie ou cimolitlie a été confondue jadisavec l’argile smoeiique ou terre à foulon. C’est autre chose ;tenace, difficile à pulvériser, schisteuse quand elle est sè-che, elle forme avec l’eau, quand on ladélaie avec elle dan» lerapport de C à 15, une espèce de crème qui sert à blanchir.Du reste, dit Tourncfort, ce blanchissage est saie. »

11 résulterait donc de la description de ces propriétés quela pierre cimulienne, ou pierre de Cimole, l’une des trois Cy-olades, serait tout simplement la soude crayeuse ou natron,que l’on a confondu pendant longtemps avec le carbonate desoude ordinaire. (Voir la Chimie de M. Dumas, t. 11. p 555.

(2) Voir Gognet, Origines des lois des arts et des sciences,6»- édition, 1820, t. 1, p. 15*».

(3) L’effet de la saponaire est connu depuis longtemps, carPline nous dit que la résiné de cette plante a la vertu de

I donner aux lames une blancheur et un moelleux surpre! ;j;ints. (Livre 19, section 1 $ )