DEGPAlSSEUK.
DEGRAISSEUR.
client et altèrent le plus ordinairement la couleur desétoiles, sont : la pluie, l'humidité, les acides, les alca-lis, les sucs de certains végétaux, les productions quicontiennent beaucoup d'acide, les sucs astringents, l’u-riuc, la sueur, le sang, le vin, la bière, le cidre, le poiré,les décoctions d’herbes et de fruits, le café, le thé, lechocolat, les sirops, les confitures, les sucs de mûres, decassis, de merises, les liqueurs spiritueuses, l’absintheverte, l’huile de rose et autres, le ratalia, les composi-tions ferrugineuses, les huiles comestibles et à brûler,la graisse, le suif, la pommade, le beurre, la sauce denos alinunts, le bouillon, le vernis, la peinture, les ré-sines, les gommes-résines, le bitume, les encres d’im-primerie, la cire, la bougie stéarique, l’encre, la rouille,le cambouis, la suie, les dégouttures de tuyaux de poêleet la fumée, etc.
Mais toutes ces substances, qui varient beaucoupdans leurs principes, agissent différemment sur lesétoffes blanches et teintes. Dès lors, pour parvenir àreconnaître sûrement la nature des taches posées sur untissu, il faut étudier d’abord la composition chimiquedes corps qui les ont produites, et la manière dontceux-ci se comportent avec l’étoffe ; ensuite, il fautbien connaître les propriétés des agents qu il convientd’employer pour enlever telle ou telle tache sur un tissuquelconque, sans en altérer le blanc ou la couleur.
D'après cela, on peut se convaincre, comme le dit fortbien Chaptal, « que tous les problèmes que le dégraisseura pour but de résoudre, sont presque constamment desproblèmes de chimie compliqués et très difficiles. »
Quoi qu’il en soit, il est toujours facile au dégraisseurd’atteindre le but proposé ; car la science lui fournitd’utiles renseignements et les moyens sûrs, ou à peuprès sûrs, d’opérer.
En résumé, nous allons énumérer rapidement lesrenseignements scientifiques, afin d’éclairer la marchede la pratique.
L’eau qui tombe goutte par goutte sur certainesétoffes neuves dissout les substances gommeuses, gé-latineuses ou autres , qui ont servi à les apprêter.Le lustre disparaît par place, et la surface de l’é-toffe présente de petites taches plus ou moins es-pacées entre elles, et qui paraissent d’une couleurplus foncée que celle du fond. Toutefois, pour pré-venir cet accident ( I ), on prend la précaution de déius-trer entièrement l’étoffe avant de l’employer à un usagequelconque. Cette opération, que l’on nomme décatis-sage, s’effectue tout simplement en appliqnaut, d’unemanière uniforme, l’eau ou la vapeur d’eau sur la sur-face de l’étoffe, ou bien on expose celle-ci pendant unou deux jours au plus dans un endroit humide.
Certaines étoffes apprêtées, principalement les soie-ries, lorsqu’elles restent longtemps dans un endroithumide et peu aéré, prennent des taches ou piqûres.Les taches se forment d’abord par la putréfaction duprincipe mucilagincux de l’apprêt ou de la soie elle-même, uni à une certaine quantité d’eau, ensuite elles sedéveloppent par la décomposition de la matière colo-rante appliquée sur l’étoffe. Dans ce dernier cas, les ta-ches sont très difficiles à enlever par les procédésconnus.
Les acides minéraux attaquent aisément tous lestissus sans exception, presque toujours en opérant sureux une véritable combustion; pourtant ils n'altèrentJe lin, le chanvre, et le coton, que quand ils sont con-centrés.
Les acides affaiblis par l’eau changent, nuancent,
J) L’apprêt, dit anglais , n’a pas h beaucoup près cct in-convénient. U s’obtient généralement par la compression, eta l’aide d’une douce chaleur agissant simultanément sur l’é-toffe légèrement humide, ou impiegnee d’un apprêt plus oumoins insoluble.
moditient, altèrent ou détruisent la plupart des couleursdites faux teint, sur quelque étoffe que ce soit, vffiremême quelques couleurs réputées bon teint. Ils rou-gissent les bleus wgétaux en faux teint, h* noir surtout,lorsqu'il entre dans sa composition du bois de Campe-che et des préparations de 1er, et généralement toutes lesnuances obtenues sur Ja laine avec l’orseille et les as-tringents. Ils rosent le ponceau, avivent et éclaircissentle bleu indigo, le bleu de Prusse , et en partie les rougesformés par les bois de Hrésil et de Eernambouc.
Certains acides minéraux détruisent les tons clairs dol'orangé-jaune, du jaune, et du jaune-vert, et palissentles tons foncés de ces mêmes couleurs. Ils font passerau bleu certains verts. Ils jaunissent les brun-rouges,les violets à l’orseille, le ponceau obtenu par la garanceet le fer, le bleu produit par le bois d’Inde ou de Cam-pêclie, et le sulfate de cuivre (couperose bleue).
Les acides végétaux étant généralement peu corro-sifs n’altèrent ordinairement ni les étoffes ni les cou-leurs ; mais le \ inaigre, les jus de citron, de l’orange,de la groseille, de l’oseille, et certaines production>végétales qui contiennent beaucoup d’acide, donnentaux nuances obtenues par les préparations ferrugineu-ses et astringentes une couleur rouge-orangé. Ils n’ontpas d’action cependant sur l’indigo, sur les couleursdans lesquelles entre le bleu de Prusse , sur le noir ob-tenu par les préparations ferrugineuses), et sur les vio-lets faits avec lu garance et l’indigo; mais ils altèrentsensiblement les tons foncés du bleu de Prusse obtenussur soie et remontés par l'alcali.
Les sucs astringents, nuancent, modifient, altèrentet font virer au brun-verdàtre toutes les couleurs danslesquelles on fuit entrer les oxydes de fer.
Les alcalis caustiques désorganisent complètementles tissus de laine et de soie, en dissolvant les fils, etforment un savon en se combinant avec eux.
Les alcalis fixes et purs, surtout la potasse, la soudeet la chaux, détruisent généralement presque toutes lescouleurs et attaquent les étoffes de laine et de soie. Ilsdécolorent complètement la couleur du bleu de Prusse ,teinte ou imprimée sur la laine ou la soie ; mais ils n’af-fectent pas sensiblement les bleus indigo au pastel ettournesol.
Les alcalis modifiés avec de Peau font tourner auviolet les rouges faits au bois de Campêche ou de Eer-nambouc, ceux faits à la laque dont la matière coloranteest d’origine végétale et montés à lu cochenille. Ils jau-nissent les verts obtenus sur la laine et qui ont l'indigopour base, ainsi que toutes les couleurs composées avecles sucs astringents et les sels métalliques.
Les alcalis foncent tous les violets teints sur la laine,et les orangés-jaunes faits avec du bois de Fernam-bouc, en donnant à ces derniers une teinte plus rouge;ils jaunissent le ponceau lin, et font tourner l’écarlatefait à la cochenille en couleur cramoisi obscur ou liede vin.
De tout cet exposé, il résulte donc que les acides etles alcalis apportent presque sur toutes les couleurs desaltérations ou des modifications directement opposéesles unes aux autres; c’est pour cela aussi que l’on diten chimie que ces agents ont le pouvoir de se neutra-liser réciproquement. Le dégraisseur, à son tour, utilisece pouvoir, soit l’acide affaibli par l’eau pour neutraliserune tache faite par un alcali et réciproquement, soit unacide faible et même l’alcali modifié avec de l'eau pourrehausser et faire Vevivre des couleurs altérées.
Les urines récentes et chaudes, et surtout celles ciocertains animaux, altèrent les couleurs, comme le fontles acides ; elles jaunissent presque toutes les couleurs,i telles que le rouge, l’écarlate, le cerise, le rose, leviolet à l’orseille, le bleu, le noir, et toutes les couleursobtenues par les décoctions astringentes et les sels fer-rugineux.