DESINFECTION.
DESINFECTION.
dico-légales qui en sont la suite. On enveloppe alors lescadavres d’un drap mouillé avec une solution, conte-nant l/IOU e de son poids d’hypo-chlorite deehîiux. Cetteprécaution serait excellente pour inhumer, par de forteschalours, les cadavres qui doivent traverser les villes etséjourner dans les églises.
Expliquons comment les hypo-chlorites peuvent exer-cer leur action désinfectante : l'acide carbonique con-tenu dans l’air (1) s’empare de la base de l’hypo-chlo-rite, l’acide hypo-chlorcux mis en liberté se décomposeen chlore et oxygène; le premier s’empare d’une partiede l’hydrogène des gaz exhalés par la matière en putré-faction pour former de l’acide chlorhydrique; l’oxygène,lui, se combine avec une partie de carbone, et aussiavec de l’hydrogène pour donner naissance à de l’acidecarbonique et à de l’eau. L’hypo-chlorite qu’on emploiele plus généralement comme désinfectant, à cause deson bas prix, est l’hypo-chlorite de chaux.
Nous renvoyons pour les applications de la désinfec-tion dans les arts spéciaux aux articles spéciaux.
On peut aussi dans la désinfection faire usage d’a-gents, dits chimiques, qui ne dénaturent pas les gazméphitiques ou odorants, mais qui les absorbent avantleur émanation dans l’atmosphère, les retiennent pourainsi dire au passage au moment où ils vont se dégager.Ces matières absorbantes, tels les charbons, doiventêtre mises en contact avec les matières en putréfaction,leur action sur les gaz déjà répandus dans l’atmosphèreétant nulle ou peu active ; aussi, comme ils empêchentla putréfaction de se manifester au dehors de la sub-stance attaquée, on pourrait les appeler des préserva-teurs d’infections, des anti-septiques, aussi bien que desdésinfectants. Du reste, les agents dont nous avonsparlé tout à l'heure, tels que le chlore et les hypo-chlo-rites, peuvent aussi être très bien employés commeanti-septiques.
Nous ne pouvons examiner tons les cas d’infectionqui peuvent se présenter ; nous nous arrêterons à ceuxqui intéressent le plus vivement la salubrité et la com-modité publiques, et pour lesquels des recherches activesont été faites assez récemment avec des chances desuccès.
Une cause d’infection, qui, pour bon nombre devilles se trouve dans chaque habitation, et pour lesvilles très peuplées, comme Paris , dans chaque appar-tement, ce sont les fosses d’aisance. Assez souvent, dansles circonstances ordinaires, une odeur infecte et re-poussante s’exhale des fosses par les orifices qui y con-duisent les liquides et les matières fécales; cette odeurest toujours insupportable lorsqu’on fait la vidange;le transport des matières à travers les rues présenteaussi de l’inconvénient; enfin dans beaucoup de villesces mêmes matières déposées en amas répandent auloin une véritable peste. C’est surtout pour Paris quece dernier inconvénient mérite d’être cité, car à deuxpas du mur d’enceinte de la capitale de la France , ondépose toutes les nuits 500 mètres cubes (5,000 hecto-litres) de déjections humaines qui, pour le plus grandavantage de l’entrepreneur de la poudrette, séjournentdans des bassins dont la superficie atteint plusieursmille mètres carrés. De cette immense surface évapo-rante s’échappent, outre une odeur caractéristique etinhérente à la matière, de l’hydro-sulfate et du carbonated’ammoniaque; et ces émanations qui désolent plusieursquartiers de Paris et plusieurs communes importantesde la banlieue, étendent leur effet à plus d’une demi-lieue. Outre l’odeur infecte, ces gaz gênent encore parleur action sur les métaux, les peintures et les dorures,
(I) Les hypo-chlorites ne peuvent pas se décomposer sansl’intervention des acides; ainsi l’air putride, privé de sonacide carbonique par les alcalis caustiques, n’est pas désin-fecté quand on le fait passer à travers de l’hypo-chlorite dechaux.
effet dû àlacombinaison de l’acide hydro-sulfuriqueuvecles substances métalliques. Ajoutons que l’opération devidange des fosses est très malsaine et quelquefois mor-telle pour les malheureux ouvriers adonnés à ce métierdégoûtant, et nous aurons suffisamment montré l’inté-rêt général que mérite cette question, comme Favan-tage immense qui résulterait pour la salubrité de l’em-ploi de procédés permettant de rendre inodores ou à peuprès cos sources «le pestilence en supprimant, commeconséquence, les ignobles foyers d'infection qui exis-tent auprès des villes, comme Montfaucon aux portesde Paris .
Nous allons faire connaître succinctement les prin-cipaux procédés qui ont été proposés pour arriver aubut que nous signalons. Nous devons dire avant toutque jusqu’à présent aucun de ces procédés n’a reçu,d’une pratique longue et soutenue et d’une applicationétendue, la sanction officielle qu’apportent avec ellesces deux conditions; mais nous devons ajouter que l'au-torité administrative de la capitale, trop peu soucieusede la salubrité générale dans cette question, elle quel-quefois si rigide envers des établissements particuliers,est la première cause de la non adoption de tousces procédés dont l’efficacité ne peut, pour plusieurs,être révoquée en doute. Avant de faire l’exposé de cesprocédés, nous devons dire qu’il faut dans cette ques-tion se préoccuper de la conservation de la plus grandepartie possible des directions des corps humains; carriches en matières organiques, riches aussi en certai-nes substances dites minérales, comme les phosphates,elles constituent un engrais très puissant, un des meil-leurs que l’on connaisse.
A notre avis la solution la plus heureuse du problèmeest de rendre les fosses d’aisance inodores, non pas seu-lement nu moment do la vidange, niais eu tout temps.Pour y arriver il faut nécessairement empêcher la dé-composition putride des matières fécales et des urines,en y mélangeant des substances qui absorbent ou neu-tralisent au fur et à mesure de leur formation les pro-duits volatils et odorants de la décomposition. Or quelleest la composition de l’urine et des matières fécales.Il y a dans Purine du phosphate, du laetate et del’hy-dro-chloratc d’ammoniaque en petite quantité, de l’uréeen quantité très notable, du soufre d’après Proust, etdes matières animales non caractérisées. Les matièresfécales sont composées en grande partie de débris végé-taux et animaux dans lesquelles il doit nécessairementse trouver une quantité très sensible de soufre.
Or, l’urine sc décompose, sous l’influence d’une tem-pérature moyenne, en carbonate d’ammoniaque; le sou-fre s’empare de l’hydrogène des matières organiques eudécomposition pour former de l’acide hydro-sulfurique.C’est donc l'hydro-sulfate et le carbonate d’ammoniaquequi forment en grande, partie les gaz fétides et délétèresqui émanent des fosses.
Pour absorber et neutraliser ces substances au fur età mesure de leur formation, quels sont les corps qu’onpeut employer? Les sels métalliques neutres ou dumoins très peu acides (1), et en tête le sulfate île prot-oxyde de fer (couperose verte) à cause de son abon-dance et de son bas prix : en effet il y aura doubledécomposition, formation de sulfate d’ammoniaque etde sulfure et carbonate de fer. On peut ajouter au sul-fate de fer une certaine quantité de sulfate de chaux(plâtre) qui décompose le carbonate d’ammoniaque bienplus abondant que l’hydro-sulfate, et aussi un peu decharbon en pondre qui sert à absorber les odeurs parti-culières, autres que celles des sels ammoniacaux vola-tils, qui pourraient s’exhaler.
(1)On pourrait obtenir la neutralité presque parfaite dusel en ajoutant dans la dissolution un peu de chaux vive ouéteinte en poudre.