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DESSIN INDUSTRIEL

DESSIN INDUSTRIEL.

humide, et comme le dessin est renversé, on eu fuit lacontre épreuve, lorsqu’il est encore humide, sur un au-tre papier humide aussi. (Voir Montabert, Traité com-plet de la peinture.

Cette méthode pourtant a l’inconvéniont d’altérersensiblement la transparence de la glace et d'affaibliraussi l’éclat des objets; et nous conseillons de des-siner tout simplement sur la glace avec un crayon li-thographique.

Chambre noire de Porta.

Porta fit construire des chambres portatives ; cha-cune d’elles était composée d’un tuyau plus ou moinslong armé d’une lentille. L’écran blanchâtre en papierou en carton sur lequel les images allaient se peindreoccupait le foyer ; le physicien napolitain destinait sespetits appareils aux personnes qui ne savent pas dessi-ner. Suivant lui, pour obtenir des vues parfaitementexactes des objets les plus compliqués, il devait suffirede suivre avec la pointe d’un crayon les contours del’image focale.

Ces prévisions de Porta ne sont pas complètementréalisées. Les peintres, les dessinateurs, ceux particu-lièrement qui exécutent les vastes toiles des panoramaset des dioramas ont bien encore quelquefois recours à lachambre noire, mais c’est seulement pour tracer enmasse les contours des objets, pour les placer dans lesvrais rapports de grandeur et de position, pour se con-former à toutes les exigences de la perspective linéaire.Quant aux effets dépendant de l’imparfaite diaphanéitéde notre atmosphère qu’on a caractérisés du terme as-sez impropre de perspective aérienne , les peintres exer-cés eux-mêmes n’espéraient pas que pour la reproduireavec exactitude la chambre obscure pût leur être d’au-cun secours. (Extrait d’un rapport fuit à la Cham-bre des Députés par M. Arago sur le daguerréotype.)

Mais quand on a vu les admirables dessins obtenuspar les procédés inventés par MM. Niepce et Daguerre ,et perfectionnés par MM.Fizcau, Séguier, Claudet,Gaudin, Foucault, Choizelat et autres, personne n’esttenté aujourd’hui de critiquer l’emploi de la chambrenoire, et on ne saurait trop recommander à tous lesartistes peintres et dessinateurs qui veulent dessinercorrectement d’après nature, de faire d’abord des des-sins photographiés, pour éviter des fautes d’optique etde perspective, afin de les reproduire ensuite par lemoyen du crayon et des couleurs (voyez fhotogra-fhie). Mais pour la reproduction des dessins indus-triels sur le papier ou sur étoffe, et suivant des dimen-sions déterminées, la chambre obscure est impuissanteou au moins imparfaite.

Pantograpne pour réduire et augmenter les dessins né-cessairement tracés sur le papier. C’est M. de Marolaisqui a inventé cet instrument vers le commencement dudix-septième siècle (voir sa Théorie de la perspective ,\ rt édition, ICIo). •

Le R. P. Scheiner, géomètre souabe.a imaginé plu-sieurs dispositions de parallélogrammes linéaires oupantographes Voir son livre intitulé Pantographice seuars delineandi , etc., (Rome, 1631.)

Tout le monde connaît cet instrument qui permet defaire de3 figures semblables à une figure donnée (voyezmécanique géométrique). Bien que son usage se soitétendu dans ces dernières années, néanmoins commec’est un instrument difficile à conduire et surtout d’unefatigante lenteur, les dessinateurs préfèrent générale-ment le mode de réduction aux carreaux.

Carreaux. On se sert de ce procédé pour copier ouréduire un dessin à de moindres dimensions. Commeon a souvent besoin dans les arts de dessiner de grandesmachines ou des appareils, nous croyons devoir expo-ser ici un moyen simple et très prompt qui ne supposepresque aucune habitude de l’art du dessin.

Concevez un cadre en bois, dont l’intérieur est vide.

et dont les cotés sont solidement assemblés à anglesdroits, à tenons et à mortaises. Chaque tringle est di-visé en un certain nombre départies égales, en 10parexemple; le bois est percé d’un petit trou à chaquepoint de division qu’on a marqué d’un numéro. On en-file dans ces trous une soie rouge, qui , passant d’unbord au bord opposé par les trous de meme numéro,forme des séries de lignes fines et parallèles aux côtésdu cadre, dont l’espace vide se trouve divisé de la sorteen cent carreaux à jour.

Appliquez cet instrument sur le dessin que vousvoulez réduire après avoir tracé au crayon avec unerègle et un compas, sur une feuille de papier, un égalnombre de carreaux plus petits portant les memes nu-méros que ceux du cadre ; marquez sur ces lignes oudans l’intérieur de chaque carreau tracé, ce qui sevoit sur le carreau de même num' o sur le cadre, et\ous n’éprouverez aucune difficulté pour copier ou ré-duire le modèle assez fidèlement, et avec beaucoup dopromptitude. Si vous pratiquez ce procédé en plaçantle carreau devant une machine, ou un paysage, et quevous fassiez attention de remettre toujours l’oeil aumême endroit, lorsque vous voulez regarder les objets àtravers le cadre, vous en obtiendrez une perspectiveexacte.

Equerre de Cigoli } peintre de Florence , en I 000, perfec-tionnée par .lf. Ilonalds, en 1825. C’est le même instru-ment que l’on appelle diagraphe de M. Gavard, qui l’aperfectionné. Il avait déjà reçu des perfectionnementsimportants de MM. Rennenkampf et Ronnlds; la figurereprésente, celui publié comme étant l’œuvre de M. Ro-nalds, de Croydon. (Voir le Journal hebdomadaire desArts et Manufactures d'Angleterre , Paris , 1825.)

La vue perspective (fig. 652) fait bien comprendrecomment, à l’aide de cct instrument, on peut dessinerles objets d’après nature, sur un plan horizontal etsuivant des dimensions déterminées.

Il suffit de tenir à la main le petit chariot qui glisse àvolonté sur la tringle horizontale et perpendiculaire surl’objet à dessiner. Ce chariot porte un crayon, auquelest attaché un fil de soie ou de métal extrêmement fin,qui roule sur deux poulies placées en haut et en bas d’unetige de fer verticale, cette tige verticale est emmanchéeet demeure sur une base ou socle en cuivre et forme,avecla première tringle horizontale, une véritable équerremaintenue dans la position verticale au moyen d’unelongue tringle fixe et glissant à travers des anneauxqui lui servent de guide. Le fil de soie porte un petitgrain d’émail ou de verre coloré, servant d’index oupoint de mire, et tendu au moyen d’un petit poids sus-pendu à son extrémité. On place d’une manière inva-riable l’œil au point de vue et on promène l’index sur