DESSIN INDUSTRIEL.
DESSIN INDUSTRIEL.
JPour amplifier un dessin du double , on élève leûhassis inférieur, et on cherche le point précis avec lechâssis supérieur.
Quant il s’agit de grossir davantage, on remet lalentille inférieure, puis on cherche le point commenous venons de le dire.
Les cordons M attachés au châssis portant la glacepassent sur des poulies de renvoi, et tombent l’un à ladroite-et l’autre à la gauche du dessinateur : pour fairemouvoir le dessin à droite, on tire un des cordonsde gauche; et pour le faire aller à gauche, un des cor-dons de droite. Il en est de même pour faire cheminerle dessin d’avant en arrière.
La réduction du dessin s’opère en approchant lachambre noire de la table. En général, pour amplifierun dessin, on élève la chambre noire, et, pour leréduire, on la descend. (Extrait du Bulletin de la Sociétéd'Encouragement, février 1845).
INVENTION ET COMPOSITION DU DESSIN DE FABRI-QUE. Nous sommes arrivés à la partie la plus impor-tante de l’art du dessin industriel, c’cst-à-dire à l'in-vention et à la composition du sujet; les machines nesuffisent plus au dessinateur pour accomplir sa tâche :c’est le goût et l'imagination qui inventent, qui créentles dessins de fabrique, et non pas les machines. C’estle goût seul, puissant créateur des belles choses, quiconstitue le bon dessinateur, et le goût ne s’apprendpas; il est pour ainsi dire inné.
Nous citerons à cette occasion un extrait du dis-cours prononcé par M. Belloc, directeur de l’Ecoleroyale et spéciale de dessin appliqué aux industries, àla distribution des prix, le 8 décembre 1844.
« Mais 6’il y a eu beaucoup de fait, il reste encoreplus à faire. C’est un des heureux privilèges des artsque de rêver et de chercher partout l’idéal de la perfec-
tion. A mesure qu'on avance, la carrière s'allonge, laperspective, s'agrandit et recule, vous conviant à avan-cer toujours, à accomplir tout ce que peuvent le travail,
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la constance, le généreux et infatigable effort humain.
« Gardons-nous donc de nous croire arrivés quandnous ne sommes qu’en route ! — Comme on en a pujuger à l’exposition de 1844, le dessin appliqué à l'in-dustrie a fait de rapides progrès, mais il marche encored’un pas incertain et chancelant. Il vit plus de rémi-niscences que d’inspirations. Tantôt il se fait moyenâge, tantôt il se guindé au style Louis XIV , tantôt ilse manière et grimace le Louis XV ; trop rarement ilest original.
« Souvent aussi, l’ornement n’est point en rapportavec la destination de l’objet orné. C’est là cependantune des premières lois de la bonne ornementation.
« Le goût et la fabrication gagneraient également àce que le dessinateur s’inspirât toujours de plus en plusdes objets qu'il a sans cesse sous les yeux.
« Les plantes de notre pays lui offrent mille gra-cieux motifs, dès qu’il sait les agencer : elles valentbien le lotus égyptien ou l’acanthe et la palme grec-ques, et on y trouverait de plus la variété, la souplesse,la vie, qui manquent en général aux compositions d’or-nements traditionnels.
« Nos animaux, bien compris, peuvent lutter ausside grâce et de caractère avec ceux que l’art antiqueaffectionne. Alors sortirait du sol même de notreFrance un style national, qui aurait de profondes raci-nes dans l’observation populaire, dans les habitudes,dans les affections de la masse du public.
« Au-dessus de ce faisceau d’inspirations vivantes,planerait ia figure humaine, si faible à l’exposition del’industrie, et dont l’étude réclame tout l’homme pourtraduire dignement l’homme.
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