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DESSIN INDUSTRIEL

DESSIN INDUSTRIEL,

« C’est daus l’espoir de voir surgir un jour ce stylenatif, de le voir vivifier et féconder l’industrie, qu’aété introduite à l’Ecole , depuis 8 à Ü ans, pour le des-sin et la sculpture, l’étude de la plante vivante, et cetteannée, le moulage sur la plante même, dû à un ingé-nieux procédé et aux soins généreux de M. le profes-seur Jacquot. »

Maintenant parlons de la composition des dessins. Lacomposition comprend quatre parties, qui sont : l’in-vention du sujet, la disposition ou l’ordonnance desdétails, le dessin au trait ou ombré, et le coloris.

L'tnvention est le choix des motifs qui doivent entrerdans la composition du dessin.

La disposition est l’arrangement des motifs d’unemanière avantageuse et agréable à la vue.

Le dessin consiste à tracer les contours du sujet àl’aide d'un crayon ou d’un fusain, d’une plume ou d’unpinceau, à donner aux images des formes et des dimen-sions qui doivent satisfaire à des conditions données, àvarier et multiplier les esquisses par des raccords, desdéveloppements ou changements dans certaines parties.

Le coloris est le mélange des couleurs, l’art de les as-sortir toutes (voyez contraste des couleurs), etenfin la manière de les employer d’une certaine façonpour produire le plus d’effet possible.

On distingue plusieurs genres de dessins :

Dessin au trait, celui dont les contours sont indiquésau crayon ou a l’encre sans aucune ombre.

Dessin haché ou croquis, celui dont les traits et lesombres sont seulement indiqués par des lignes sensibleset moins finies.

Dessin estompé, celui dont les ombres sont fonduesavec du crayon mis en poudre, et à l’aide d’une estompe,(cylindre de papier roulé et taillé en pointe).

Dessin grainé, celui dont les ombres fuites avec lecrayon, sont composées de points et de petits traits.

Dessin lavé, celui dont les ombres sont fuites au pin-ceau et à l’encre colorée.

PRATIQUE DU DESSIN INDUSTRIEL.

On trace avec un crayon de sanguine, ou blanc, ounoir, et à l’aide de la règle et du compas, les formes etles dimensions extrêmes du dessin ; puis on esquisse,c’est-à-dire on indique par des traits au fusain l’ensembleou l’idée générale du dessin, sans tâtonnement et sanscrainte d’effacer. La composition étant arrêtée, on ef-face avec de l’amadou tout le fusain inutile; et s’ils’agit de répéter symétriquement la même composition,on replie convenablement la feuille sur elle-même et onla frotte à l’envers avec l’ongle ou un plioir : alors lestraits au fusain s’impriment sur la partie correspon-dante du papier. Ensuite, on commence à dessiner lestraits au pinceau ou à la plume et à l’encre, en ayantsoin de dessiner avec la plus grande régularité et leplus de finesse possible, si le dessin est destiné à êtrecolorié. Les contours des modèles pour les tapisseriesà l’aiguille, au contraire, sont dessinées au trait, plusou moins fort et noir, de manière à bien faire sentir lesombres et les lumières. Les lignes du côté qui reçoit lalumière sont fines ; celles du côté qui en est privée sontplus grosses, et cette grosseur est plus ou moins forte, se-lon le plus ou moins de relief que l’on veut donner à l’objet.

Généralement on suppose ‘que la lumière part del’angle supérieure à gauche du dessin et forme avec sabase un angle égal à la moitié d’un angle droit. Onconsidère déplus que la lumière est formée de plusieursrayons qui se propagent en lignes droites et parallèles.Il résulte donc que les parties qui se trouvent dansl’ombre sont celles que les rayons lumineux ne peuventatteindre.

Mais, dans les dessins pour tapis, parquet en mo-saïque, et généralement pour tous les objets que l’onpose horizontalement, et sous les pieds, il convient de

faire partir les rayons lumineux du centre de l’objet,autrement le dessin est nuageux et sans vigueur.

Lorsque l’esquisse est terminée, on applique lesombres et les demi-teintes, de sorte que celles-ci sefondent bien ensemble, pourtant, sans se confondreni se mêler, ce qui nuirait à la beauté et à l’effet géné-ral du dessin. Il faut autant que possible poser du pre-mier coup les teintes convenables, et n’être pas obligéde les augmenter ou de les diminuer, afin de ne pointaltérer leur pureté et d’éviter aussi les pertes de temps,qui, pour le dessinateur, sont une perte d’argent. Il fautobserver aussi de placer sur les endroits culminants oucreux et privés de lumière, des teintes plus ou moin9sombres, tandis que les points culminants ou creux etéclairés seront plus lumineux et plus brillants; enfin,comme les corps opaques projettent toujours une ombresur une surface quelconque, on l’indique par une teintesombre distincte et directement opposée à la lumièrequi l’a produite; cette teinte, toutefois, ne doit pas êtreabsolument noire, parce que l’ombre ne produit jamaisle noir proprement dit.

Les dessinateurs de fabrique, tels que ceux pour lesétoffes imprimées et brochées, les chiUcs, les tapis, lestapisseries et broderies de commerce, etc., ont l'habi-tude de colorier artistement leurs dessins à l’imitaiiondes aquarelles ; mais ce n’est là qu’une pratique adroitequi a pour objet de flatter seulement l’œil de l’acheteur,et qui ne donne pas d’ailleurs une idée, exacte et vraiedu dessin fabriqué. On doit blâmer cet usage ; de pareilsdessins n’apprennent rien au fabricant sur l’effet réel etpossible du dessin manufacturé. De là viennent cettefoule de déceptions, de dessins détestables qui demeu-rent improductifs et invendables entre les mains du fa-bricant ou du détaillant qui a eu l’imprudence de lesacheter. Or donc pour éviter ou atténuer le mal autantque possible, il faut exécuter et colorier les dessins telsque ia fabrication peut et doit les reproduire.

Pratique du dessin pour la broderie et la tapisserie.Comme nous l’avons dit à l’article, broderie fv. ce mot),les dessins sont de plusieurs espèces et composés pardes dessinateurs spéciaux. On les reproduit même pardes procédés différents selon la nature de l’étoffe.

Ainsi, .pour reproduire un dessin soit sur une étoffelégère, comme de lu mousseline, de la gaze, du satin,du gros de Naples, soit sur une étoffe très lisse, telleque le stoff, la bombazine, le lasting, soit enfin surles draps, le Casimir et la flanelle, on emploie générale-ment dans la fabrique le poncis et la poudre résineuseque l’on fixe en promenant un fer chaud sur l’étoffe;mais pour les dessins destinés à être brodés par les da-mes, on trace le dessin après qu’il a été poncé, avecune plume et avec une encre composée de gomme arabi-que, d’un peu de sucre et de fiel de bœuf. Ün use lapointe et les côtés de la plume avec une pierre ponceafin de faciliter l’écoulement de l’encre.

Lorsqu’on veut avoir un dessin sur le canevas, onplace dessous le dessin nécessairement fait sur le papierscion la grandeur voulue; puis on suit avec un pinceauet un excipient coloré en noir ou en bistre tous les cou-*tours du dessin vus et apparents à travers les carreauxou mailles du canevas; puis on ombre avec une brosseen poils de sanglier coupés courts, en ayant soin de po •ser la couleur avec un petit pinceau de peintre que l’ontient entre les doigts. On conçoit aisément que cettomanière de dessiner exige du temps, de la patience etune bonne vue; da reste, il n’est pas toujours facile devoir le dessin à travers les mailles d’un canevas fin,à la lumière surtout. Dans tous les cas, on peut tou -jours employer avec un grand avantage le calcogra -plie, qui dispense d’employer le double tracé du calqueet du décalque, les poncis, ou tout autre procédé pré-liminaire.

Moyen de composer des dessins de tapisserie a points