D0C1MASIE.
DOCIMASIE.
La lévigation est employée pour séparer des substan-ces qui peuvent rester longtemps en suspension dansl’eau, d’autres substances qui se précipitent très lente-ment. On l’emploie dans les arts pour puriticr l’argile,séparer l’émevi, l’azur, eto., en diverses sortes suivantleur degré de finesse, etc.. Cette opération est fondée surce fait que : les corps abandonnés à l’action de la gra-vité dans un liquide en repos , éprouvent une résistanceà leur chute; proportionnelle à leur surface, quels quesoient leur volume et leur densité; d’où il suit :1° qu'à volumes égaux les plus lourds tombent le plusrapidement ; 2° que dans les grains de même forme, lessurfaces étant proportionnelles aux carrés des dimen-sions, et les poids aux cubes de ces memes longueurs,ce sont, à densité égale, les grains les plus gros qui semeuvent avec le plus de vitesse ; 3° qu'à densités et àvolumes égaux, les particules écailleuses ou lamellaires,éprouvent plus de résistance dans leur mouvement quecelles qui, approchant de la forme sphérique, ont unesurface moindre.
Le lavage proprement dit, est fondé sur cet autreprincipe, que : dans un fluide en mouvement l’impulsionque reçoivent différents corps est proportionnelle seule-ment à leur surface. 11 en résulte que, à volumes égaux,les corps les moins denses sont ceux qui acquièrent laplus grande vitesse et se déposent le plus tard; qu’àdensités égales les grains les plus petits sont ceux quisont transportés le plus loin ; et qu’enfin à densités et àvolumes égaux, les particules qui par leur forme offrentle plus de surface, parcourent un plus grand espace queles autres. 11 est évident d’après cela qu'il faut réduireles matières à laver en grains assez petits d'une gros-seur aussi uniforme que possible. Les grains assezfins pour pouvoir rester pendant quelque temps en sus-pension dans l’eau , ne peuvent pas être recueillis parce moyen; il faut donc toujours commencer par les sé-parer par lévigation, opération qui, dans cc cas, prendle nom de débourbage.
Le lavage, qui se fait en grand dans des appareilstrès variés que nous décrirons à l'article mÉtaueuk-r.iE, s’exécute ordinairement en petit dans une augetteou sébille en bois qui se manœuvre à la main, et re-quiert une certaine habitude.
Quelquefois deux substances, qui dans leur état na-turel ne pourraient pas être séparées rime de l’autrepar le lavage, peuvent l’être après qu’elles ont été gril-lées : dans ce cas l’une d’elles n'éprouve aucune altéra-tion, tandis que l’autre se décompose et se change enune matière beaucoup plus légère. C’est ce qui a lieu,par exemple, pour.les mélanges d’oxyde d’étain et dematières pyriteuses : par le grillage les pyrites perdentleur soufre et de l’arsenic quand elles en renferment;elles augmentent de volume, deviennent beaucoup pluslégères et friables, et se séparent alors avec la plusgrande facilité parle lavage.
Porphyrisation. La pulvérisation et le tamisage, neréduisent pas toujours une substance en poudre assezfine pour qu’elle puisse être immédiatement soumiseaux opérations chimiques; on la réduit alors à tin étatde ténuité extrême eu la porphyrisant à l’eau sur desplaques en porphyre ou en agate avec des molettes dela même nature, ou dans des mortiers très évasés quandon n’opère que sur de très petites quantités.
opérations chimiques. — Calcination (voyez cemet).
Grillage. Le grillage est une opération dans laquelleon chauffe un corps avec le contact de l’air, soit pourl’oxyder, soit le plus souvent pour en séparer à l'étatgazeux, par le concours de la chaleur et de l’oxvgènecontenu dans l’air, des substances que la chaleur seulene pourrait en dégager. Ces substances sont : le car-bone, le soufre, le sélénium, le tellure, l’arsenic, l'an-timoine et quelquefois le chlore. Un grillage dans le-
quel il y a fusion, s’appelle scorification ou coupellation.Le grillage des combustibles prend le nom d'incinérationparce qu’il a presque toujours pour objet de déterminerla nature et la proportion des cendres qu’il produit.
Le grillage se fait ordinairement dans de petits va-ses plats en terre cuite ou têts à rôtir, que l'on frottesouvent à l'intérieur avec un morceau de sanguine,pour prévenir l’adhérence de la matière, et que Lotichauffe soit sur des charbons, soit même sous la moufled’un fourneau de coupelle. Il est essentiel, pour que legrillage soit complet, de remuer fréquemment la ma-tière, afin de renouveler les surfaces, et d’empêcherqu’elle n’éprouve un commencement de fusion ouqu’ellvne s’agglomère. Dans ce dernier cas, il faut retirer lamatière du têt, la pulvériser, et la soumettre à un nou-veau grillage dans le même têt.
La plupart des substances que l’on grille pour enséparer le soufre ou l’arsenic, sont très fusibles par elles-mêmes, mais elles le deviennent de moins en moins àmesure que le grillage avance (la galène ou sulfure deplomb fait exception à cette règle : elle est fusible etla litliarge, produit du grillage, l’est encore plus); ilfaut donc généralement ménager beaucoup la chaleurdans le commencement de l’opération, d’autant plusque les premières portions du soufre et de l’arsenic sedégagent toujours avec une grande facilité. En généralon doit effectuer le grillage à la température la plusbasse, possible, et n’augmenter le feu que lorsque toutdégagement de vapeur à une température plus bassecesse d’avoir lieu.
Dans le cas seulement où la matière renferme del’arsenic, il convient d’ajouter dans le têt, aussitôtqu’il ne se dégage plus de vapeurs, une certaine quan-tité de charbon pulvérisé que l’on mélange avec la ma-tière; on recouvre le têt, et ou donne lui coup de feupour ran'iencr ù l’état d’arseniures les arséniates indé-composables par l’action combinée de la chaleur et del’air, qui s’étaient formés pendant le grillage ; il se \o-latilisc en même temps une certaine quantité d’arsenic ;on découvre ensuite le têt, et on recommence le gril-lage ? l'expérience prouve que quel que soit le nombredes grillages et réductions successives que l’on fassesubir à une matière arsenicale, il est impossible d’enchasser tout l'arsenic. U est encore plus difficile de sedébarrasser de l’antimoine; nous pensons cependantque l’on pourrait séparer, du moins presque complète-ment, l'arsenic et l’antimoine de beaucoup de minerais,les cuivres gris, par exemple, que personne n’a pu trai-ter jusqu’ici, en les grillant à plusieurs reprises avecune faible quantité de sol marin comme si on voulaitles amalgamer, et môme en employant dans le grillageun courant de vapeur d’eau, comme nous l’avons vu pra-tiquer il y a quelques années à Frciberg en Saxe, où cemode de grillage est à présent généralement adoptépour les minerais d’argent.
Pour l’incinération des combustibles, on se sert ordi-nairement de capsules en platine.
Iléduction, C’est une opération par laquelle on enlèvel’oxygène ù un oxyde ou à nue combinaison oxydéequelconque ; elle s'effectue en chauffant à une tempéra-ture plus ou moins élevée le corps à réduire, avec ducharbon, du gaz hydrogène, ou quelquefois un corpsmétallique ayant une beaucoup plus grande affinitépour l’oxygène. Ce dernier procédé ne peut être em-ployé que dans des cas tout à fait particuliers; la ré-duction par le gaz hydrogène quoique très commode,est rarement employée dans les essais; la réduction parle charbon donnant des produits analogues à ceux denos usines, est au contraire très usitée. Elle s’exécutecomme une fusion proprement dite, soit en mélangeantintimement le charbon avec le corps à réduire, soit parvoie de cémentation; dans le premier cas, il faut tou-jours employer un excès de charbon, ce qui est souvent