DORURE.
DORURE.
d’argent ; alors la dorure prend un ton un peu vert. Enajoutant une quantité suffisante de nitrate d’argent àun bain épuisé, on peut argenter par immersion ; on n’apas encore tiré un parti industriel de cette remarque.
4° Mise en couleur. Pour donner à l’or déposé plusde brillant et d’éclat et assurer la conservation de ladorure, on pratique la mise en couleur. On emploie laformule suivante : G parties de nitrate de potasse, 2 p.de sulfate de 1er et 1 p. de sulfate de zinc dissoutesdans une quantité d’eau bouillante suffisante pour quele mélange soit liquide. On y plonge les objets dorés,on les fait sécher sur un feu clair, jusqu’à ce que lessels deviennent d’une couleur brune, et on les replongedans l’eau.
Par le meme procédé, que nous venons de décrire,on peut aussi exécuter le platinage sur objets en cuivre.On commence par dissoudre le platine; on prend -1 p.de platine que l’on attaque par 30 p. d’eau régaleformée de parties égales d’acide nitrique, d’acide hydro-clilorique et d’eau. On laisse évaporer les acides aprèsla dissolution jusqu’à la moitié ou aux trois quarts. Onajoute 2 litres d’eau pure et 48 parties de bi-carbo-nate de soude; on fait bouillir jusqu’à ce que la soudesoit dissoute; on ajoute alors par portion 'IG p. de bi-carbonate de potasse, et on laisse encore bouillir durantune heure.
A cette liqueur ainsi préparée, pour que l’on puisses’en servir pour platiner, il faut ajouter une dissolu-tion d’or que l’on fait, comme nous l’avons indiquéplus haut, en employant une demi-partie d’or. Lorsquele mélange des deux liqueurs est opéré, on y plongeimmédiatement les objets préparés aussi comme nousl’avons vu.
La légère couche de platine déposée sur les bijouxpermet d’obtenir des cll’ets variés; avec un pinceau,"on recouvre d’un vernis ou de gomme laque certainesparties qui ne doivent pas être dorées, et on trempe lespièces dans une dissolution d’or faite par l’eau régaletout simplement. On pratique la mise en couleur, et ongratte le vernis; on obtient ainsi l’or en relief sur unfond blanc.
Les avantages de la dorure par immersion sur ladorure au mercure sont manifestes. Nous mettons d’a-bord de coté, comme Lors de discussion, l’avantage dene point employer le mercure et de sauver les ouvriersdes atteintes de ce poison ; on a prétendu qu’on les tiraitd’une atmosphère mercurielle que pour les plonger dansune atmosphère pleine de vapeurs acides et non moinsdangereuse; cela est faux, car les vapeurs acides sontproduites par le décapage employé également dans lesdeux procédés. La méthode du trempé supprime com-plètement de l’atmosphère habituelle dans laquelle tra-vaillent les doreurs les émanations mercurielles, etévidemment l’atmosphère restante est moins insalu-bre.
Le procédé du trempé est d’une rapidité extraordi-naire; il permet de dorer des objets délicats, tels queles toiles métalliques, dont le léger réseau serait détruitpar l’action corrosive du mercure, et des objets de formetrès accidentée, tels que boucles d’oreilles, fleurs, fruitset bijoux de toute nature présentant un vide interne,dont les creux ne pouvaient être atteints par l'amal-game d’or. Il s’applique du reste aussi bien aux gran-des pièces. Les'premiers essais qu’on a faits n’ont pasété heureux, parce qu’on a plongé les grandes piècesfroides dans le bain, qui eu a été trop refroidi pour quela dorure pût s’effectuer ; on réussit en ayant soin doplacer d’abord les pièces dans l’eau bouillante pour lesmettre à peu près à la température du bain d’or. Toute-fois, on ne peut dorer par immersion que les objetsestampés, c’est-à-dire en cuivre laminé. Certainesfontes de cuivre refusent de prendre la dorure, et parconséquent, pour les grands bronzes, il faudrait en-
core avoir recours au mercure, si on n’avait la doruregalvanique.
Avec J 50 grammes d'or on peut dorer au trempé50 kilogr. de bijoux, et encore le bain n’est pas épuisé ;il y reste environ un tiers do l’or^ qui ne s’y trouveplus en assez grande quantité pour se déposer en cou-che continue. On dépose donc au plus 2 grammes d’orpar kilogramme de bijoux.
Le prix de la dorure du kilogramme est de 20 fr.Par l’ancien procédé, il était de 50 fr. le kilogrammepour les objets estampés, et coûtait jusqu’à 120 fr.pour les objets délicats, tels que les chaînes, qui, n’of-frant pas de résistance à l’action corrosive des métaux,exigeaient un très grand nombre de précautions.
On distingue les objets dorés aru trempé des objetsde meme forme dorés au mercure, en les attaquant com-parativement par de l’acide nitrique très étefrdu, detelle sorte que la dissolution se fasse très lentement.Tout le cuivre est dissous, et il reste une pellicule d’orqui conserve dans les deux cas la forme primitive del’objet. Cetre pellicule est brillante sur les deux facespour l’objet trempé; elle est couverte d’une pelliculed’un rouge brun, du côté interne, pour l’objet doré aumercure. De plus, si on regarde la dernière pellicule eula plaçant entre l’œil et la lumière, elle est comme cri-blée d’un grand nombre de trous, ce qui provient de ceque le mercure a été obligé de s’évaporer et a laisséune couche discontinue. Quand la dorure au trempéa été faife trop légèrement, l’or ne conserve pas laforme de l’objet après l’attaque par l’acide nitrique,mais il tombe en petites parcelles brillantes sur les deuxfaces. Dans ce cas, la dorure n’est pas suffisammentsolide pour préserver les bijoux qui, pur exemple, nepeuvent pas franchir les mors sans être corrodes. Il estdonc tout à fait opposé aux intérêts du commerce defaire une dorure faible; mais l’appfit du lucre est sigrand, que nous avons vu bien des bijoux qui conte-naient au plus un gramme d’or par kilogramme.
III. Dorure galvanique. Nous allons considérer leproblème d’une manière beaucoup plus générale quenous n’avons fait jusqu’à présent. Ce ne sera plus seu-lement du dépôt de l’or sur un métal commun, sur lecuivre, dont nous nous occuperons, mais bien du dépôtd’un métal quelconque sur un autre métal quelconque.Nous considérerons la dorure, l’argenture, le platinage,le cuivrage, le zincage, le cobaltisage, le plom-bage, etc. ; mais nous ferons surtout l’application duprincipe général à la dorure et à l’argenture, qui in-dustriellement sont les deux opérations principales.Nous devons encore prévenir le lecteur, avant d’allerplus loin, que le principal procédé de dorure galvani-que a été breveté par M. Elkington, le 29 septembre1840, comme addition au brevet de dorure de -1836, etque, par conséquent, il n’appartiendra au domaine pu-blic qu’en 1851. Quant au principal procédé d’argen-ture, il a été breveté le même jour, 29 septembre 1840,par un brevet spécial de quinze ans; il n’appartiendradonc au domaine public qu’à la lin de 1855.
Le problème peut s’énoncer ainsi : appliquer un mé-tal sur un autre en couches continues, adhérentes etinséparables, avec toutes les conditions du brillantmétallique, et de l’apparence commerciale des objetsfaits intégralement avec le métal appliqué seulement àla surface. La solution du problème consiste à dissou-dre ce dernier métal dans des agents convenables età le précipiter ensuite sur le premier, en se servant del’électricité développée par une pile comme agent de laprécipitation.
La condition pour le métal précipité, de former unecouche continue et adhérente au métal qu’elle recouvre,distingue complètement l’invention actuelle des tra-vaux, qui ont pour but de faire cristalliser ou de sé-parer analytiquement les métaux de leurs mineruisi
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