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DORURE.

DORURE.

branche qui a été l’objet des travaux de MM. Gay-Lussuc, Becquerel et de plusieurs autres physiciens.

Cette même condition distingue aussi complètementla méthode considérée de la galvanoplastie, dont lebut est de précipite^ des métaux sur d’autres corps, encouches continues, mais point adhérentes, afin deprendre des moules ou des empreintes de ces corps.

C'est M. de La Rive qui le premier est parvenuà exécuter les précipitations galvaniques adhérentes.Il avait pour but la dorure. « D’abord il essaya de faireu passer le courant d’une forte pile il travers une solu-« lion de chlorure d’or, en mettant au pôle positif un« fil de platine et au pule négatif le métal à dorer.« Ses premiers essais ne furent pus heureux; il ne put« par ce moyen dorer que du platine, dorage qui était« d'une bien minime utilité. Il est vrai que ce dorage« était fort beau, et que- les plus fins connaisseurs pre-« liaient pour de l’or du platine ainsi doré. Quant au* laiton et à l’argent, il ne réussit point à les dorer;« l’action chimique qu’exerçait sur ces métaux la so-« lution d’or, toujours très acide, les dissolvait eux-« mêmes, et empêchait l’or d’adhérer à leur surface.« (Annales de Phys, et de Chimie, t. LXXIII, p. 399.) »Pour réussir à dorer l’argent et le laiton , M. deLa Rive songea à employer de faibles courants électri-ques, et il renonça alors à se servir d’une pile ordi-naire, ou plutôt il lui substitua une pile dont faisaientpartie intégrante les objets à dorer, il renfermait unedissolution assez étendue de chlorure d’or dans un sacde baudruche, et plaçait ce sac au centre d’un vase enverre, contenant une eau faiblement acidulée oii bai-gnait une lame de zinc. À cette lame, il attachait unfil métallique qui, par son autre extrémité, soutenaitl’objet à dorer plongé dans la dissolution d’or.

L’eau acidulée peut être mise dans l’intérieur du sac,et la dissolution d’or en dehors. Alors dans le sacplonge un cyliudre de zinc qui est joint à la pièceà dorer, placée en dehors, au moyen d’un fil métal-lique.

Dans tous les cas, le zinc et la pièce à dorer consti-tuent un élément voltaïque, dont le pôle positif est lemorceau de zinc et le pôle négatif la pièce à dorer. Ilse produit un faible courant à travers les liqueurs quino peuvent se mélanger à cause de la baudruche ; cecourant décompose la solution d’or et amène l’or, mo-lécule par molécule, sur le métal qui sert de pôle né-gatif.

La baudruche présente des inconvénients inhérentsà sa nature; M. Becquerel les a évités en lui substi-tuant des vases en porcelaine dégourdie ou en terreporeuse qui ne permettent pas aux liqueurs de se mé-langer, tout en laissant passer le courant électrique.Il en résulte que l’on n’est plus exposé aux pertesd’or que les saes en baudruche avaient le désavantagede causer.

Vers le commencement de 1840, après avoir prisconnaissance des travaux de M. de La Rive, M. Smee,en Angleterre, chercha à en faire l’application à l’ar-genture. Après avoir bien nettoyé la pièce à argenter,M.Smee la plonge dans une dissolution de sulfate,d’acétate ou d’hypo sulfite d’argent très étendu, mêléavec une petite quantité d’acide sulfurique égalementétendu. Mais en employant toutes les précautions in-diquées par M. Smee, et de son aveu même, on ne par-vient que très difficilement à obtenir une mauvaiseargenture [.Manuel lioret , Traité de Galvanoplastie,

pag.405).

On doit reconnaître dans ces essais de dorure etd’argenture les mêmes tâtonnements qui ont précédél’emploi industriel de la dorure par immersion. Lesbains ne doraient pas commercialement, parce qu'ilsétalent acides ; M. Elkington est venu détruire l’aci-dité en composant un bain alcalin. De môme, les in-

convénients principaux des procédés galvaniques dontnous venons de parler consistent surtout en ce que, ladissolution d’or et d’argent étant acide, elle agit sur lespièces qu’on veut dorer ou argenter, de telle sorte qu'àmoins de très grandes précautions, qu’il n’est pas pos-sible de prendre quand on opère en grand, toute lasurface des pièces n’est pas recouverte. M. Elkingtona encore remédig à ces inconvénients, non plus en in-troduisant dans les liqueurs une grande quantité desel alcalin qui aurait compliqué le mode d’action ducourant galvanique, mais en remplaçant l’acide corro-sif par un acide qui n’exerce pas d’action sur les mé-taux à dorer; il a substitué le cyanure d’or au chlorured’or, et cette substitution a doté l’industrie d’un deses plus merveilleux procédés.

Nous avons souvent fait cette remarque qu’il y ades époques qui semblent désignées pour voir écloretelle ou telle découverte. Les temps étaient venus, di-rons-nous, pour la dorure galvanique. A peine M. El-kington avait pris son brevet pour le nouveau procédé,que l’on voit surgir presque dans tous les pays deshommes qui font la même découverte ou lui apportentde notables perfectionnements ; mais aucun, à notreconnaissance du moins, n'a publié ses procédés avantM. Elkington, et même n’a montré publiquement deséchantillons de ses produits. M. Perrot, inventeur dela machine à imprimeries étoffes à laquelle on a donnéle nom de perrotine, a déposé, le premier, dès le moisde janvier 484-1, à l’Académie de Rouen et à l’Aca-démie des sciences de Paris, de nombreuses pièces d’ar-gent, de cuivre, d’acier, de fer, parfaitement dorées.Cet ingénieur avait même généralisé le problème enzincant, platinant et cuivrant le fer. M. Louyet doradans un cours public à Bruxelles . Enfin M. de Ruolzprit au mois de juin 1844 le premier du ses brevets, oùl'on trouve des procédés galvaniques pour la dorure,l’argenture, le cuivrage, etc. M. de Ruolz a eu le mé-rite de poser nettement les conditions nécessaires pourque l’opération réussisse complètement. Elles peu-vent se résumer ainsi :

■1° Les éléments électro négatifs des liqueurs doiventêtre sans action sur les métaux à recouvrir, c’est-à-dire que les corps, qui sont transportés par le courantgalvaniqueoupôle négatif, ne doivent tendre en aucunefaçon à attaquer les métaux qui s’y trouvent placéspour être recouverts ; les liqueurs elles - mêmes nedoivent point agir sur le métal à recouvrir,

2" Sous l’influence de la pile, il ne doit se précipiteraucun autre corps que le métal à déposer ;

3 U Les liqueurs doivent être suffisamment conduc-trices du courant galvanique.

M. de Ruolz présenta un résumé de ses brevets al’Académie des sciences , et dès lors il s’ouvrit sur ladorure et l’argenture galvaniques, une espèce de con -cours dontM Dumas fut le rapporteur. M. Dumas fitcomprendre tout le parti qu’on pouvait tirer des nou-veaux procédés dans l’intérêt de l’industrie et du com-merce, et de la salubrité des ateliers de dorure. Nousavons donné à l’article alliages un extrait de ce rap-port remarquable, qui nous dispense d’entrer ici dansplus de détails sur le parti que l’on peut tirer, dansl’intérêt général, de la découverte dont nous venons defaire l’histoire. Ce rapport éveilla l’attention publique,et dut vivement encourager M. Ch. Christoffe , cession-naire des brevets de MM. Elkington et de Ruolz, à con-sacrer de grands capitaux à faire faire aux procédésgalvaniques tous les progrès nécessaires pour les ame-ner à l’état pratique. C’est ainsi qu’en moins de deuxans fut créée en France une industrie qui prendra cer-tainement un très grand développement, et qui, nousle pensons, n’a pas dit son dernier mot. Beaucoup depersonnes s’en occupent et doivent y apporter de no-tables perfectionnements.