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DORURE.

DORURE.

nous avons parle, et à laquelle on avait à peu prèsrenoncé dans ces derniers temps, on employait la disso-lution éthérée d’or. Apres avoir chassé, autant qu’ilest possible de le faire, l'excès d’acide de la dissolutionde l’or dans l’eau régale, on redissolvuit le per-chlorured’or dans l’eau, et on agitait ensuite la liqueur avecde l’éther sulfurique qui enlevait l’or et surnageaitavec lui. On appliquait avec une brosse l’éther nurilèresur le fer ou l’acier bien brunis, et brunissant de nou-veau on chassait tout l’éther par la chaleur développéeparle frottement, et on fixait ainsi l’or. Une autre mé-thode, peu supérieure, consistait à appliquer des feuillesd’or avec le brunissoir sur le fer, l’acier ou le cuivre,chauffés i\ la température qui donne à l’acier l’aspectbleuâtre. Enfin, on exécutait la dorure au bouchon; ondissolvait dans l’cuu régale 60 parties d’or fin, et 4 2 p.de cuivre ; puis on versait la dissolution sur des chif-fons de toile, de telle sorte qu’elle fût tout entièreabsorbée ; on brûlait ensuite les chiffons séchés, et on ob-tenait une cendre qu’on appliquait avec un bouchon,sur les pièces dérochées, décapées, et brunies; on bru-nissait de nouveau quand on trouvait la surface suffi-samment recouverte. Nous pensons que ces détailsencore fort utiles à connaître, en 1841 oti 1842, n’au-ront plus désormais qu’un intérêt historique.

Argenture. L’argenture galvanique a peut-être en-core plus d'importance que la dorure; elle se substi-tuera certainement à l’argenture à l’amalgame, aupouce, à la voie humide (voir le mot argenture) etau plaqué ; elle peut s’appliquer «à tous les métaux, cequ’on n’obtenait pas par les anciens procédés. En cemoment on la pratique sur une échelle très étenduepour recouvrir le maillechort. Cet alliage déjà blanc,étant recouvert d’une couche d’urgent sullismnmcntépaisse, donne des couverts qui remplacent, au pointqu’on s’y méprend, les couverts d’argent. 60 grammesd'argent par douzaine de couverts suffisent pour garan-tir le maillechort durant 4 à 6 ans d’usage.

Pour pratiquer l’argenture galvanique, on prépareles pièces par les mêmes moyens que nous avons indi-qués pour la dorure. On prépare les bains de la mêmemanière en remplaçant seulement le cyanure d’or oul’oxyde d’or par le cyanure d’argent ou l’oxyde d’ar-gent. On peut aussi employer, dit-on, un grand nombrede dissolutions variées ; voici celles qui n’ont point d’a-nalogues dans la dorure :

100 parties d’eau distillée, 10 de cyanure do potas-sium, 1 de carbonate d’argent;

100 d’eau distillée, 10 de cyanure de potassium,1 de ferro-cyanure d’argent ;

100 d’eau distillée, 10 d’hypo-sulfite de soude cris-tallisé, ou dépotasse, de chaux, de baryte, de stron-tianc, 1 de chlorure d’argent sec;

100 d’eau distillée, 10 d’hypo-sulfite de soude, 1 dephosphate d’argent;

400 d’eau distillée, 44 d'hypo-sulfite de soude,3 d’oxyde d’argent sec ;

La même dissolution où l’on remplace l’oxyde d’ar-gent par la même quantité de borate ou de turtrate d’ar-gent ;

100 d’eau distillée, 45 de ferro-cyanure jaune de po-tassium, 1 de borate d’argent ;

Les pièces argentées sont d’un blanc parfait au sortir du bain, mais elles deviennent ternes et souventjaunâtres si on n’y applique pas un mat particulier.Voici celui imaginé par M. Mourcy.

Or» fait dissoudre, au moyen de la chaleur, du boraxdans de l’eau, de manière à en former une bouillieclaire, où on plonge les pièces qui en sortent recou-vertes d’une couche de borax. On les expose ensuite àune température rouge cerise dans une mouffie. Onlaisse refroidir les pièces, on les plonge dans une eauuiguiséc d’acide sulfurique, et on les sèche.

Pour argenter le fer, l’acier, le zinc, l’étain, il estpréférable de cuivrer d’abord légèrement. Pour l’acier,il est nécessaire de passer les pièces décapées dans lenitrate de mercure.

Préparation du cyanure de potassium. Pour obteniréconomiquement du cyanure de potassium simple pro-pre à faire les dissolutions aurifères ou argentifères,il suffit de calciner au rouge, dans un creuset, ducyano-fcrrure jaune de potassium, ou prussiate jaunedu commerce. Après la calcination, on pile le sel eton obtient une matière pulvérulente que l’on con-serve jusqu’au moment de s’en servir. Pour faire unbain, on traite cette matière pur l’eau, qui ne dissoutque le cyanure de potassium; on filtre la liqueur, quiest un dissolvant très convenable à la préparation desbains.

Moyen d'assurer la perpétuité des bains. L'emploides anodes solubles placés au pôle positif de la pile,c’est-à-dire de plaques d’or ou d’argent qui se dissol-vent à mesure que, au pôle négatif, de l’or ou de l’ar-gent se déposent sur les objets à recouvrir, ne suffitpas pour assurer la perpétuité des bains. En effet,parsuite du passage du courant électrique, il se forme del’acide carbonique, et conséquemment du carbonate depotasse. La conductibilité de la liqueur pour l’électricitéchange «ainsi beaucoup, en même temps que dans lesbains d’argent il se précipite du carbonate d’argent.Une addition de cyanure de potassium ferait bien dis-paraître ce dernier inconvénient, mais elle ne feraitaussi que rendre plus difficile le passage du courantélectrique; le dépôt métallique n’aurait donc lieu quedans de mauvaises conditions. Il fallait trouver lemoyen de faire disparaître l'acide carbonique, touten le remplaçant par une quantité suffisante d’acidecyanhydrique. 31. de Ruolz, dans cette vue, avaitproposé d’ajouter ce dernier acide en nature, maisil se décompose facilement dans Veau en carbonated’ammoniaque, dont la présence est très nuisible; laquestion n’était donc pas résolue. Un ousrior, M. Du-chemin, a imaginé de verser dans les bains une dis-solution de cyanure de calcium ; l’acide carboniqueest précipité par ce sel à l’état de carbonate dochaux; il se régénère une quantité équivalente decyanure de potassium, et il ne se forme pas de car-bonate d’argent. Depuis cette heureuse innovation, onn’a, pour ainsi dire, à pourvoir qu’à la porte causée parl’évaporation des bains.

Théorie de la dorure et de l'argenture galvaniques.On a beaucoup discuté sur la question de savoir quel,était, dans les bains d’or ou d’argent, le véritable agentde l’opération. La nature de l’agent décomposé par lapile change-t-clle lorsqu'on substitue au cyanure simplede potassium (prussiate blanc) le cyano-ferrure de po -tassium (prussiate jaune), ou le cyano-ferride de potas-sium (prussiate rouge)? La question a été résolued’une manière heureuse par M. Henri Bouilhet, ancienélè\e de l’école centrale des arts et manufactures, di-recteur actuel des ateliers de dorure et d’argenture deM. Christelle. M. Bouilhet a constaté que les bainsd’argent préparés, soit avec le cyano-ferrure, soit avecle cyano-ferride de potassium, contiennent précisémentle sel double produit dans des circonstances sembla-bles, par le cyanure de potassium, c’est-ü-clire du cya-nure double de potassium et d’argent (IvCy,AgCy).

Voici cc qui se passe dans cos trois circonstances :

1° Quand on mélange du cyauurc d’argent avec ducyanure de potassium, le sel double se forme immé-diatement.

2° Quand on mélange du cyanure d'argent avec ducyano-ferrure de potassium, quoique l’on ait employédes sels neutres, la liqueur devient immédiatement«alcaline, et il se forme du cyanure de potassium et ducyano-fcrrure d’argent ; ce dernier sel se décompose par