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ECLAIRAGE .

ECLAIRAGE .

L'éclairage au gaz est actuellement appliqué d'unemanière générale et avantageuse pour tous.

Les matières premières qui peuvent cire employées àla préparation du gaz sont très diverses. Ce sont leshouilles, les résines, les acides gras de toute nature,enfin presque toutes les matières organiques, puis-qu’elles donnent par la distillation des carbures d'hy-drogène gazeux. Nous nous occuperons d’abord du gazd’éclairage, produit par la distillation de la houille.

Les opérations qui constituent cette préparation sontles suivantes : 4° distillation ; 2° condensation et épu-ration. Nous allons successivement les étudier.

distillation'. Dès l'instant qu’une qualité de houilleproduit du gaz d’uu pouvoir éclairant suffisant et dansune certaine proportion, par exemple 48 à 20 mètrescubes parMOO kil M que le gaz produit est épurablesans trop de difficulté, elle est susceptible d’être em-ployée dans une usine à gaz. Les conditions particu-lières de chaque localité, de chaque usine, de chaquesaison pour la même usine, peuvent et doivent seulestixer le choix du fabricant de gaz; aucune règle nepeut être donnée à cet égard. Ici on trouve avantage àdistiller de la houille qui fournit beaucoup de coke, eton ne tient pas à obtenir un peu plus de gaz; là, au con.traire, le coke se vend mal, on veut de la houille quiproduit Je plus de gaz possible ; enfin, à égalité deproduits, on préfère partout la houille qui coûte lemoins cher. Ainsi, en France , on distille de la houilleanglaise dans les usines à gaz voisines des ports de laManche; dans le Centre et une partie du Midi on em-ploie les houilles du bassin de la Loire; dans le Nordet à Paris , ce sont les houilles belges et celles du bassinde Valenciennes qui ont la préférence; c'est de lahouille prussienne que consomme l’usine à gaz deMetz . Mais les houilles de ces diverses provenancesprésentent bien des variétés entre lesquelles le direc-teur d’une usine doit choisir.

La houille traitée en vase clos à une chaleur rongese décompose et donne naissance à de l’hydrogène bi-carboné, de l’hydrogène pur, de l’oxyde de carbone,de l’acide carbonique, de l’acide hydrosulfurique, dessels ammoniacaux, parmi lesquels nous pouvons si-gnaler le carbonate, l’hydrosulfate, fliydroclilorate, lecyanhydrate, le sulfocyanurc, etc.; du goudron, deshuiles empyreumatiques, de l'eau; toutes ces subs-tances sont volatiles à la température rouge et se dé-gagent par l’ouverture dont est muni le vase distilla-toire, dans l’intérieur duquel reste un produit solidenommé roke. Parmi les corps dégagés, les quatre pre-miers sont des gaz inflammables répandant, le pre-mier surtout, de la lumière par leur combustion. Onpeut mettre cette lumière à profit, mais alors il fautséparer les quatre premiers corps des autres, qui nepeuvent être que nuisibles pour le but qu’on se pro-pose; cette séparation est le but do la condensation etde l’épuration.

Voici, d’après Clegg, une analyse du gaz de houillefourni par une usine d’Angleterre :

Gaz défiant (hydrogène deuto-carboné). 8

Hydrogène proto-carboné. 72

Oxyde de carbone.43

Acide carbonique. 4

Acide hydrosulfurique. 3

400

Nous pouvons dire dès à présent que plus la tempé-rature de distillation est élevée, plus il se forme de gaz .et moins de goudron et d’huile essentielle. Il ne faut |pas cependant dépasser une certaine limite, car l’hy-drogène bi-carboné pourrait être décomposé et devenirpar cela même moins éclairant; il ne faut pas dépasserle rouge cerise vif au ronge blanc. Généralement, ce

n’est point par excès de chaleur qu’on pèche dans lesusines à gaz.

Suivant qu’on chauffe plus ou moins, le rendementde la houille en gaz, en goudron et en volume de coke,varie d'une manière très sensible : ainsi le même char-bon fournira ici 3 à 3 k ,5 de goudron et 27 à 28 mètresde gaz ; là, il produira 4 à 5 kil. de goudron et 22 mè-tres cubes de gaz. La moyenne assez bonne est de25 mètres cubes de gaz et de 4 à 4 k 5 de goudron par400 kil. de houille. Le volume du coke obtenu dépendaussi de la température de la distillation; si elle nedépasse pas la limite ci-dessus indiquée, il est beau-coup plus fort que celui de la houille distillée; suivantla mesure de la houille, le volume du coke augmentede 30 à 60 p. 100. Ainsi un hectolitre de houille renden moyenne 1b,40 et même 1b,50 de coke pesant 40 à45 kil., l’hectolitre comble. Si la température étaitpoussée et maintenue assez de temps au rouge blanc,et par conséquent au delà, le volume du coke dimi-nuant, sa densité augmente alors nécessairement, etalors le volume du coke peut n’être plus supérieur àcelui de la houille employée.

Il est presque inutile d’insister sur ce point que lachaleur doit être maintenue régulièrement pendanttout le temps de la distillation.

Il est évident que les quantités de gaz obtenues et lepouvoir éclairant varient suivant les divers moments dela distillation. Dans les premiers moments de la chargele gaz se produit abondamment, sans être toutefoisaussi éclairant qu’une demi-heure après. Vers la finde la distillation le gaz produit est peu abondant, trèspeu éclairant et plus difficile à épurer, car il contientalors plus d'acide hydrosulfurique, les pyrites de ferexigeant une température assez élevée pour que leurdécomposition soit avancée. La durée de la distillationvarie avec la nature des houilles et aussi les idées dudirecteur de l’usine; elle varie de quatre à six heures.Les usines de Paris distillent presque toutes en quatreheures.

M. d’Iîurcourt, dans son Traité sur l’éclairage augaz, donne le tableau suivant des expériences faites àla Compagnie française, qui prouvent l’inutilité d’unchauffage trop prolongé, outre que les dernières quan-tités de gaz sont très peu éclairantes.

Ces expériences, faites au moyen d’un petit gazo-mètre dont les élévations étaient proportionnelles auxquantités de gaz obtenues, ont donné les résultats sui-vants :

Après 4 h. de distillât., le gazom. avait monté de 38,00

2 h.

ici.

en plus de 20

3 h.

ici.

id. 22

4 h.

id.

id. Ib,66

b h.

id.

id. 9,33

6 h.

id.

id. 6,00

Les signes d’nne bonne distillation sont faciles à ap-précier; l’aspect du coke à l’ouverture de la cornuosuffit pour indiquer si l’on a tiré de la houille tout cequ’elle devait produire. Dans ce cas, le coke est blancet ne laisse émaner aucun gaz, dont la présence est in-diquée par l’inflammation. Si au contraire le coke estbrun, si de petites flammes se forment à sa surface, ladistillation n’est point complète

Une autre condition essentielle est d’employer leshouilles non mouillées, l’humidité exerçant une in-! fluence nuisible sur la distillation. M. Penot a tait àMulhouse l’expérience suivante :

Un kilogramme de houille contenant 40 p. 400

d'eau a donné :

Gaz de bonne qualité. . . 4 60 litres.

Gaz de mauvaise qualité. . ‘ 92

Total. 252