ÉCLAIRAGE.
La même houille desséchée a donné :
Pour avoir la houille la plus sèche possible il faut lamettre à couvert, et non la laisser à l’injure du temps,surtout si elle est fine, lors de son entrée à l’usine.Lorsqu’on met les charbons en tas, même à découvert,il est nécessaire de prendre toutes les précautions pos-sibles pour la ventilation des diverses parties de lamasse, et éviter réchauffement et quelquefois mêmel’inflammation; ces accidents sc produisent surtoutdans les magasins quand la houille a été emmaga?i-née humide; sous l’influence simultanée de la chaleuret de l’humidité, il s’y produit une espèce de fermen-tation, surtout dans les houilles menues et pyriteuses,par la transformation du sulfure de fer en sulfate,transformation accompagnée d'un dégagement de cha-leur assez considérable qui amène le départ d’une quan-tité plus ou moins considérable de substances volatiles.Aussi il est d’usage d’étalcr devant les fourneaux leplus longtemps possible la houille qui doit être misedans les cornues. Non-seulement on obtient moins degaz avec de la houille mouillée, mais on peut faire écla-ter les cornues si elles sont en terre réfractaire.
Cornues. Dans presque toutes les usines à gaz, onopère la distillation dans des cornues très souvent enterre réfractaire, quelquefois en fonte.
La cornue proprement dite (fig. 71 2)se divi-o en deux parties, corps et têtede cornue; le corps est la partie placéedans le fourneau, la tête de cornue estextérieure. L’assemblage qui réunit ces«leux parties de la cornue est générale-ment à brides; ces brides sont serréesl’une contre l’autre par des boulons, etdu mastic de fer placé entre elles vientles unir fortement et s'opposer aux fuites.
Cette tête de cornue porte une tubulure ou manchon,dans lequel on assemble le tuyau d’échappement. Quel-quefois cet assemblage sc fait à collet ; mais l’assem-blage à manchon est préférable et bien moins sujetaux fuites. La cornue est fermée par une porte en fontelutée avec de l’argile, et maintenue dans une positionfixe par une m‘s de pression qui passe dans un écrourelié à la tête de la cornue par des oreilles.
La forme qu’on a donnée aux cornues a beaucoupvarié : ainsi on en a fait de rondes, d’elliptiques, d’au-tres avaient la partie inférieure bombée intérieurement.Do toutes ces formes, celle qui paraît être la plus cou-venable est celle qui affecte la forme d’un Ci renversédont les angles intérieurs sont arrondis. Dans ces cor-nues, la couche de houille pouvant être uniforme, ladistillation est plus régulière que dans les cornues el-liptiques; de plus, cette disposition offre une surfacede chauffe assez considérable, et présente aussi desavantages sous le rapport de la solidité. Suivant nous,il ne faut donner à la cornue que la hauteur stricte-ment nécessaire pour l’accroissement de volume ducoke et la facilité du défournement.
On donne aujourd’hui aux cornues les plus grandesdimensions possibles; elles out de 2 o, ,30 à 2"’,60 delong; on peut avec de grandes cornues distiller plus dehouille sans dépenser plus de chauffage; l’entrée a'J“,Ao de large sur 0"’,35 à 0‘",4Ü de haut.
Les cornues en fonte durent en moyenne neuf mois;la qualité de la fonte influe sur leur durée d’une ma-nière remarquable; on a vu des cornues hors de ser-vice après six semaines ou deux mois, d’autres durerquinze mois.
Nous avons déjà dit que les cornues peuvent être enfonte ou en terre réfractaire. On a eu le temps depuis
qu’on les emploie d’apprécier tous les avantages et lesinconvénients des cornues en fonte, mais on n’a pasencore dit le dernier mot pour la construction et l’éta-blissement des cornues en terre.
Les cornues en fonte sont chauffées plus facilementque les cornues en terre; elles peuvent même faire pro-duire à une même quantité de houille plus de gaz;elles sont moins sujettes à des fêlures, à des rupturesinstantanées, mais leur durée est moins longue ; géné-ralement aujourd’hui les cornues en terre sont préfé-rées ; cependant de bons fabricants de gaz n’hésite-raient pas à établir des cornues en fonte, surtout dansde petites usines où le nombre des cornues eu fer estpeu considérable, pour éviter précisément les consé-quences graves d’accidents qui pourraient arriver à unfour garni de cornues en terre.
Quand ou fait usage de cornues en fonte, il n’estpas possible de les chauffer au goudron, la forte cha-leur développée par la combustion de cette matièrefaisant fondre les cornues même quand elles sont pré-servées des coups de feu directs pur des carreaux ré-fractaires.
Les cornues en terre réfractaire de bonne qualitéprésentent des avantages incontestables pour des di-recteurs d’usine et des ouvriers bien au courant dessoins qu’elles exigent et des dispositions particulièresde chauffage qu’il faut adopter surtout pour la mise enfeu. La nature même de la cornue dispense de toutesgarnitures ou carreaux réfractaires préservateurs des
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coups de feu; elle se prête très bien au cnaullage dufour par le goudron.
Quand on veut monter un four avec des cornues ré-fractaires, on prend généralement la précaution defaire recuire les massifs et la voûte avant la pose descornues; pour cela on mure le devant du fourneau eton allume le feu. Puis quand les cornues sont placées,il faut chauffer avec beaucoup de précaution, évitersurtout les changements brusques de température, etne pas charger avec du charbon mouillé. On sait que laterre réfractaire chauffée n’éprouve pas de dilatationmais bien du retrait.
La porosité des cornues réfractaires est un assezgrave inconvénient. En effet, dans les premiers joursde la marche, le gaz traverse les pores; mais peu a peuces pores se bouchent à cause du dépôt du carboneoccasionné par la décomposition du gaz deuto etmême protocarboné. Ce dépôt se fait non-seulementdans l’épaisseur de la cornue, mais aussi dans l'inté-rieur, et principalement vers la partie du fond; desorte qu’au bout d’un certain temps l’intérieur de lacornue est tapissé d’une couche de carbone, appeléaussi quelquefois carbure dans les usines à gaz, matièreexcessivement dure, d’une sonorité presque métalliquequi sert aujourd’hui avantageusement à la confectiondes piles électriques. Cette couche de carbone n’éprou-vant point, par le refroidissement, le même retrait quela. cornue elle-même, la différence de retrait peut trèsbien amener des ruptures, et par cela même la perte dela cornue quand on éteint le four. AI. Grellet, directeurde l’usine à gaz du faubourg Poissonnière (Compagniefrançaise), recommande de faire brûler cette couche in-térieure en ouvrant les cornues lorsqu’on veut éteindrele four, une fois cette couche disparue, il faut boucher,