ÉCLAIRAGE.
sez. En effet, d’un côté la difficulté d’écoulement croîtavec la distance à parcourir; de l’autre , la quantité degaz à livrer à la consommation diminue à mesure quel’un avance dans la conduite. Généralement on doitforcer les diamètres. C’est une garantie de succès quin’a d’autre désavantage que d’être un peu coûteuse.
Egalité de précision dans tous les points des conduits .—(lazo~rompensateur de M. Pauvclls. M. Combes a fuit àla Société d’Encouragement un intéressant rapport surles inconvénients résultant des différences de pressionet les moyens d’y remédier. Nous ne saurions mieuxluire que d'emprunter au bulletin de la Société cet in-téressant travail.
Le gaz, dit le savant rapporteur, arrive aux becs avecune vitesse déterminée par l’excès de la force élastiquedans la conduite au-dessus de la pression de l’atmosphèreambiante. Un excès de force élastique, mesuré par unedénivellation dei2à lotnillim.d’eau clans le manomètreordinaire, suffit pour assurer la bonne alimentation desbecs. Tout excès plus grand a pour conséquence l'aug-mentation des déperditions du gaz par les intersticesaccidentels, inévitables dans le nombre immense d’as-semblages des tuyaux qui composent les conduitesprincipales et leurs branchements multipliés, et par lesbecs où le gaz arrive trop abondamment. On peut, ilest vrai, modérer l’écoulement par les becs en fermantpartiellement le robinet particulier dont chacun estprécédé; mais on néglige de le faire la plupart dutemps; il est même à peu près impossible de le fairetoujours à propos, quand la pression dans les conduitesest sujette à de fréquentes variations : aussi le gazbrille-t-il souvent incomplètement et avec fumée. Lesdéperditions de gaz sont quelquefois énormes; il n’estpas très rare de les voir s’élever à plus de 35 p. 100 dela production totale, d’une usine qui dessert un terri-toire fort étendu. Dans les circonstances les plus fa-vorables, elles ne sont pas inférieures à 10 p. 100;elles constituent une charge lourde, écrasante, danscertains cas, pour les compagnies d’éclairage, et sontune cause grave d’insalubrité.
Les causes qui font monter la pression du gaz au-delà de ce qui est strictement nécessaire, dans les di-verses parties des conduites posées sur un vaste terri-toire, sont de plusieurs sortes : la plus importante estle frottement du gaz dans le parcours des conduites.Par suite de cette résistance, un liquide ou un fluideélastique ne peut circuler dans un tuyau horizontalsans que la pression aille en diminuant constammentdans le sens de la circulation qui a lieu.
Ainsi, pour que le fluide partant du gazomètre deEltsine arrive aux conduites établies vers les limites dupérimètre desservi, à une distance qui est soment de2 à 3 kilomètres, avec la pression strictement néces-saire à la bonne alimentation des becs, et qui sera de10 millimètres d'eau par exemple, il faudra entretenirdans les gazomètres une pression d’autant plus grandeque le parcours des conduites sera plus développé, leurdiamètre moindre, la quantité de gaz à dépenser dansun temps donné plus considérable. Le service de laplupart des usines de Paris ne peut être assuré, aumoment où la totalité des becs est allumée, qu’enmaintenant dans les gazomètres un excès de pressionmesuré par une colonne de 80 à 100 millimètres d’eauau-dessus de l’atmosphère ambiante. Cette pressiontombe de l à 2 centimètres à l'entrée du gaz dans lesconduites; elle est ainsi de 60 à 80 millimétrés d’eau àl’origine des conduites principales et latérales les plusrapprochées de l’usine, et va graduellement en dimi-nuant dans les unes comme dans les autres à mesurequ’on s’en éloigne.
La résistance du, frottement naît avec la vitesse dugaz en mouvement, et à peu près en raison du carré decette vitesse; il résulte de laque, si l’on vient a étein-
dre à la fois un grand nombre des becs alimentés parun système de conduites, on verra la pression augmen-ter à la fois dans toutes les conduites, bien qu’elle de-meure constante dans les gazomètres. L’accroissementde pression sera plus grand pour les conduites situéesvers les limites du périmètre que pour celtes qui serontrapprochées des gazomètres. L’effet que nous venonsd’indiquer se produit lors des extinctions des becs par-ticuliers, qui ont lieu à dix heures, à onze heures et àminuit. On prévient une pression trop forte, soit endéchargeant les gazomètres d’une partie des poids quitendent à les faire descendre, soit simplement en fer-mant partiellement les registres adaptés aux tuyaux deprise de gaz qui sont en tête des conduites princi-pales.
Une seconde cause de variation de la pression quidétermine l’écoulement dans les conduites composantun système de distribution réside dans la légèreté dugaz d’éclairage. Sa pesanteur spécifique, par rapport àl'air atmosphérique, est à peu près 0,55, c’est-à-direque si 1 mètre cube d’air atmosphérique pèse 1 kilog.-0, I mètre cube de gaz, à la même pression et à lamême température, ne pèsera que 66 centigrammes.En partant de ces données, que l’on peut regarderconnue des moyennes suffisamment exactes pour laville de Paris , on trouve qu’une colonne verticale d’airde I mètre de hauteur exerce sur sa base, en vertu deson poids, une pression mesurée par une colonne d’eaude 1 ,m "*,2 de hauteur, et qu'uue colonne de gaz d’é-clairage ayant aussi 1 mètre de hauteur exerce sur sabase, en vertu de son poids, une pression mesurée parune colonne d’eau de 0 ,,,rn *,66. Il résulte de là que siune conduite établie suivant la pente d’une colline,distribue le gaz à des becs échelonnés sur son par-cours à différents niveaux, l’excès de pression qui dé-terminera l’écoulement par les becs ira croissant avecla distance verticale des becs à l’extrémité inférieurede la conduite ; l’accroissement sera mesuré par unecolonne d’eau de 1 a, "‘*,20 — ü ,n "’.,66 = O"""',54 de hau-teur par mètre d’élévation. Si donc on veut alimenteravec un gazomètre un système de conduites ascen-dantes, et si l’on a, au point le plus bas, près du ga-zomètre un excès de pression de 16 millimètres d’eausuffisant pour la bonne alimentation des liées établisdans cette région, on aura pour les becs établis à11) mètres plus haut un excès de pression de 15 ,n ’" , ,4,pour ceux établis à 20 mètres plus haut, un excès de20" m ' ,8, etc., abstraction faite toutefois de la résis-tance du frottement qui viendra atténuer ces diffé-rences. Si le gazomètre alimenteur est, au contraire,situé au point le plus élevé d’un périmètre accidenté,l’excès de pression du gaz sur l’atmosphère ambiante,à la naissance des conduites, ira constamment en di-minuant à mesure que l’on descendra à un niveau plusbas, tant a cause de la résistance du frottement que dela légèreté spécifique du gaz d’éclairage, dont les effetss'ajouteront. Il faudra donc, dans ce dernier cas, main-tenir dans le gazomètre une forte pression pour assurerla bonne alimentation des becs branchés sur les con-duites établies aux points les plus bas du réseau. L’ex-cès de pression qui existera à la naissance des conduiteset sur tous les points élevés du territoire desservi,donnera lieu à des déperditions considérables. Ainsi laCompagnie parisienne , qui a des usines près la bar-rière d’Italie, et dont le périmètre embrasse un terri-toire extrêmement étendu et accidenté, où se trouventla place du Panthéon, les quais voisins de ITIôtcl-de-Ville et le faubourg Saint-Antoine, est obligée, pourassurer son service, de porter la près-ion de ses gazo-mètres jusqu’à plus de 9 centimètres d’eau. On com-prend dès lors comment elle subissait, il y a quelquesannées, des déperditions de gaz énormes comparative-ment aux autres compagnies d’éclairage de la ville de