tant plus facilement que le nombre des trous est plusconsidérable. L’expérience a fourni les résultats sui •vants :
Becs à. 8 10 15 20 25trous.
Dépense. 367 318 296 289 375
Intensité relative. 98 1 18 132 141 139
Le nombre de 20 trous, généralement adopté, estdonc le plus avnutageux, et la distance la plus favo-rable entre ces trous est de 3 millimètres.
La diminution de pression qui résulte de la colonned’air chaud renfermé dans la cheminée de verre, déter-mine et facilite l'écoulement régulier du gaz maintenudans les tuyaux à une pression constante. Cependant,pour une même dépense, une cheminée trop haute faitbrûler le gaz trop vite sans qu’il ait le temps de se dé-composer, condition désavantageuse, et qui fait perdrede l’intensité de la lumière, au delà de la hauteurde O",15 à 0 U, ,18 admise en pratique, et au delà delaquelle les verres cassent trop fréquemment.
Comme nous l’avons dit, le gaz provenant de lahouille est d’autant plus éclairant qu’il contient plusde carbone, et il contient d’autant plus de carbone qu’ilest nouvellement fabriqué. Il en résulte qu’on doit pré-parer le gaz à mesure de sa dépense, et c’est ce qui s’ac-corde parfaitement avec les moyens dont nous pouvonsdisposer pour l’emmagasiner.
Le gaz provenant de la distillation de l’huile, récem-ment préparé, a pour pesanteur spécifique 1,054; ildonne la lumière d’une chandelle de 6 au 1/2 kilogr.en consommant par heure 506 centimètres cubes.' Si oule conserve deux jours, il perd une partie du carboneen excès qu’il renferme, par précipitation, et ne donneplus la même lumière qu’en consommant 544 centi-mètres cubes; enfin, après quatre jours, Indépensé àfaire pour obtenir le même résultat s’élève à 607 centi-mètres cubes de gaz.
La détérioration du gaz de houille est plus rapide ;ainsi, nouvellement préparé, la dépense pour produirela lumière d’une chandelle est par heure 1012 centi-mètres cubes, deux jours après, 1087 c. c., et quatrejours après, 1165 c. c.
Nous tirons de ces observations cette règle généraleque le gaz d’éclairage doit être employé autant quepossible aussitôt sa fabrication.
Nous ne fatiguerons pas le lecteur par une série dechiffres qui prouveraient l’économie de l’emploi du gaz.Nous nous contenterons de citer un seul chiffre; legaz est vendu à Paris à raison de 0,45 le mètrecube. Avec un mètre cube de gaz, on peut éclairerpendant 10 heures un bec consommant 100 litres al’heure et donnant plus de lumière que dix chan-delles.
Gaz portatif non comprimé. TJne entreprise transportele gaz à Paris , pour le service des grands établissements,dans de grandes voitures renfermant du gaz contenudans une enveloppe imperméable. Par une pression exer-cée au moyen d’une espèce de filet, le gaz est envoyédans un gazomètre où il est emmagasiné pour la con-sommation de la journée.
Ce système n’est évidemment pas un progrès, puisquele gaz courant chassé dans les tuyaux de conduite parune faible pression, ne coûte aucuns frais de transport,outre l’inconvénient pour le consommateur de régler lamarche d’un gazomètre qui tient une place considérable;aussi ce système ne prend-il pas de développement.
Gaz portatif comprimé. Antérieurement à l’essai dontnous venons de parler, clans les premières années del'emploi du gaz de la houille, où il semblait qu’on nepourrait jamais regagner les dépenses considérablesqu'entraînait la canalisation, on a fait do, très grandesdépenses pour établir des exploitations de gaz portatif
comprimé à des pressions considérables. Il est inutiledes'occuper aujourd'hui de cette solution complètementabandonnée. Le désavantage d’un pareil système sur lesystème actuel, au point de vue économique, est évident;cé plus,- la difficulté de comprimer à 30 atmosphères legaz en évitant les fuites, celled’obtenirdes écoulementsde gaz constants, pour quelalumière ne varie pas à me-sure que le gaz se brûle, n’ont jamais été résolues d’unemanière satisfaisante. En outre, le danger réel quirésultait de l’emploi de semblables appareils, aurait dûy faire renoncer. Enfin, M. Faraday a prouvé que lacompression donnait lieu à la formation de diverseshuiles et hydro-carbures, qui diminuent beaucoup iaQuantitéde gaz qu’une quantité donnée de houilleauraitdû fournir. Un grand nombre d’établissements forméspour exploiter le gaz portatif comprimé sont successi-vement tombés, sans avoir pu parvenir à une solutionsatisfaisante de ces difficultés, ce qui, au reste, n’auraitpu les conduire à tirer des. résultats avantageux d’uneexploitation fondée sur un faux principe.
Gaz de V huile f de la résine , gaz à l'eau } etc.
On a tenté à plusieurs reprises, dans ces dernières an-nées, de remplacer lahouilledans la production du gaz pardiverses substances, notamment les huiles. Ces essaisn’ont pas été couronnés de succès, et on aurait pu faci-lement le prévoir. S’il est vrai que les gaz ainsi pro-duits sont en général d’une purification facile par l’ab-sence d’hydrogène sulfuré, de sulfure de carbone et desels ammoniacaux, ils ont le grand désavantage decoûter plus cher. Phi effet, à Paris du moins, le prixélevé auquel sc vend le coke couvre presque entièrementla dépense d’achat de la houille qui a servi à le produire,de telle sorte que la matière première ne coûte presquerien. On ne pourrait donc songer à établir de semblablesexploitations que dansdes conditions tout à fait spéciales.Ainsi l’éclairage au gaz de résine pourrait être avanta-geux dans le cœur de la Russie , où la résine se trouveu bon marché, tandis que la houille est à un prix élevé ;mais pour la France et .les pays où la houille est à unprix modéré, l’expérience n’a que trop prouvé que l’ex-ploitation n’en saurait être avantageuse. Passons ra-pidement en revue les divers procédés qui ont été em-ployés.
Gaz de Vkuile. La conversion de l’huile en gaz sc faitavec la plus grande facilité. L’appareil consiste en unecornue, dans laquelle on place du coke, destiné à divi-ser l’huile qui tombe dans la cornue, et, en augmentantles surfaces, d’accélérer la décomposition à une tem-pérature modérée. Il faut de temps en temps renouvelerle coke, dont les pores s’obstruent de matières char-bonneuses.
L’huile est conduite dans la cornue au moyen d’untuyau communiquant avec un réservoir supérieur dontle niveau reste constant. L’écoulement se règle aumoyen d’un robinet.
Quand l’appareil ne doit pas alimenter un nombreconsidérable de becs , il peut être singulièrement sim-plifié en supprimant le gazomètre et le remplaçant parune cloche d’un volume peu considérable, dont lesmouvements d'élévation et d’abaissement règlent l’ar-rivée de l’huile en faisant tourner le robinet d'admis-sion.
On a cherché à diminuer l’inconvénient résultant duprix élevé de l’huile, en distillant directement lesgraines oléagineuses elles-mêmes, mais, ainsi qu’onaurait pu le prévoir, on n’a obtenu que de fort mauvaisrésultats. La distillation do la graine produit beaucoupde gaz oxyde de carbone, dont le pouvoir éclairant estpresque nul.
Comme le dit M. Dumas, si on avait d’abord inventéle gaz de la houille, puis qu’un inventeur eût trouvé lemoyen de le rendre liquide, de supprimer la dépense
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