ECONOMIE DES MANUFACTURES.
ECRITURES.
Les pertes d’intérêts résultant de cette marche serontsouvent bien moindres que celles qui résulteraient dewiriutions trop notables dans la production ; souventmême le sacrifice qu’il faudra faire sur des marchan-dises fabriquées d’avance, pour en trouver le placement,sera une source de bénéfices dans l’avenir en ou-vrant des nouveaux débouchés. La crise provenant del’excès de fabrication atteindra peu le fabricant agis-sant ainsi, et il récupérera ses pertes dans des tempsplus prospères.
11 est clair que le principe que nous établissons icin a de valeur qu’autant que la position financière d’unemanufacture de produits indépendants des variationsdu goût, lui permet de suivre une semblable marcheen engageant seulement des capitaux disponibles, etqu’elle serait impraticable s’il lui fallait se procurer, enpavant de gros intérêts, les capitaux nécessaires.
il 0 de d’emploi des késidus. Il n'est pour ainsidire pas de fabrication qui ne donne sous forme de dé-chets une quantité considérable de produits, quin étant plus propres à la fabrication dont on s’occupeparaissent de peu de valeur. Presque toujours cependanton peut les utiliser, et c’est un des cachets les plussaillants de l’industrie moderne, non seulement de nelaisser rien perdre, mais encore de traiter de nouveauavec avantage des résidus d’anciennes fabrications,comme cela a lieu à Freiberg, en Saxe , pour d’ancien-nes scories, etc.
Un conçoit facilement la diminution de prix de re-vient qui résulte pour l’objet fabriqué de l’utilisation derésidus autrefois perdus. Les grands établissementssont dans une meilleure position que les petits à cetégard, à cause de la masse importante de résidus qu’ilsobtiennent, et qui valent les frais d’appareils particu-liers. (Jette perte est aussi généralement évitée dansles centres industriels, où les produits d’un grand nom-bre de fabriques peuvent s’accumuler. Comme exemplede ce genre, nous citerons l’application à l'éclairagede la ville de Reims , faite par M. Houzeau, d’aprèsles indications de M. D’Arcet, des eaux savonneuses,autrefois perdues, produites en énorme quantité, danscette ville, par le désuintage des laines.
6“ comptabilité de la MANUFACTURE. La comp-tabilité d’une manufacture doit être tenue avec lemême soin que celui d’une maison de commerce. Descomptes en sommes pour chaque série de dépenses, descomptes de matières pour tout ce qui est l’objet d’uneimportante consommation, offrent le seul moyen decontrôler à chaque instant les dépenses irrégulièresqui peuvent naître, et d’apporter un prompt remède auxcauses qui les engendrent.
Quant aux dépenses en elles-mêmes, il est clair quele fabricant ne doit faire que celles d’une nécessité ab-solue. Devant reconnaître les travaux et les servicesdes contre-maîtres et ouvriers capables par un salaireplus élevé, il doit se garder cependant de se laisser al-ler dans un moment de prospérité, à céder à des préten-tions exagérées des personnes qu’il emploie ; car bientôtla production, devenant plus coûteuse que celle de l’é-tablissement voisin, lui serait onéreuse, loin de lui êtreprofitable.
7 U commerce. La vente, le commerce que le ma-nufacturier doit faire des produits qu’il crée, formepeut être la condition lu plus essentielle de l’industriemanufacturière, dont elle 11 e paraît à priori que l’ac-cessoire. Mais on peut affirmer que sur 10 fabricantsqui se ruinent, il n’y en a pas deux qui se ruinent pouravoir été mauvais fabricants, contre 8 qui sc ruinentpour avoir été mauvais commerçants.
Le commerce du manufacturier est en effet d’unetrès grande difficulté en général. Ayant affaire à desmarchands en gros, souvent fort habiles, qui ont degrands capitaux disponibles, i] est à leur merci pour
peu que les besoins d’argent le forcent à vendre ; et untous cas, le commerçant remplissant ses magasins lursde la baisse des produits profite presque seul de lahausse, et ne laisse au producteur qu'un bénéfice, leplus souvent insignifiant. Sauf quelques cas particu-liers, comme celui des fabriques situées dans des posi-tions exceptionnelles, disposant de matières premières,de main-d’œuvre, de combustible, etc., à un prix plusavantageux que toutes les autres, nous croyons que lefabricant ne peut arriver à des résultats avantageux,qu’autant qu’il se passe d’intermédiaires et qu’il fait lui-même le placement de ses produits, soit au consom-mateur, soit au détaillant. Cette condition, qui ne peutguère être remplie pour de petites fabriques, est celle(les grandes manufactures, qui créant dans les lieux deconsommation des dépôts garnis d’une grande variétéet d’une grandequantité de marchandises, profitent ainsides chances heureuses du commerce, et font elles-mêmesle bénéfice qu’eût fait un intermédiaire, sans pouvoirjamais être à la merci d’un ou deux commettants.
CH. LABOULAYE.
ECRITURES. Manières de les multiplier. Le célèbreFrancklin a imaginé un moyen de multiplier les écritu-res ; sa méthode consistait à écrire sur du papier avecde l’encre gommée ; il saupoudrait l’écriture avec dusablon ou de la fonte pulvérisée et tamisée; il enfer-mait le papier entre deux planches; l’une de cesplanches, destinée à recevoir l’empreinte des carac-tères, était de métal mou tel que l’étain ; l’autre était depierre dure ou de fer ; elles étaient soumises à l’actiond’une presse, et l’écriture se trouvait gravée sur laplanche métallique ; on imprimait ensuite par les pro-cédés connus dans la taille-douce.
Ces copies ou épreuves sont sur le papier à con-tre-sens ; pour en avoir dans le sens qu’on désire, onprend autant de feuilles de papier blanc mouillé, quel’on veut tirer de copies ; alors, tandis que l’encre dechaque épreuve est encore fraîche, on place alternative-ment une feuille de papier blanc sur chaque épreuvetirée, on met le tas ainsi disposé sous la presse, et dansun seul coup on obtient un certain nombre de contre-épreuves. Il est évident que cette méthode, qui n’estqu’une espèce de gravure, ne peut donner des copies nibien nettes, ni bien régulières.
En 1801, Brunei inventa en Angleterre une machinedite autographe , qui donne le moyen de copier deuxlettres ou deux dessins à la fois. Cette machine, baséesur le principe du pantographe, est décrite dans lesAnnales des arts et manufactures , tom. 5, pag. 59.
Plus tard, le célèbre Watt imagina un procédé fortingénieux et très connu aujourd’hui en Europe .
Ce procédé consiste à appliquer une feuille de papiermince et non collé sur une lettre fraîchement écriteavec une- encre hygrométrique, et à la soumettre ensuiteà l’action d’une presse; par ce moyen la lettre est co-piée avec autant d’exactitude que de célérité.
On peut se servir d’une presse ordinaire à plateau età vis. Bramah a construit de petites presses hydrauhrques destinées à cet usage. Mais l’on se sert plus com-munément d’une petite.presse à laminoir, portative, etconstruite à l’instar des presses employées par les gra-veurs en taille-douce. Les deux cylindres de cettepresse sont en cuivre ou en fer; leurs tourillons tra-versent deux jumelles en fonte. Une manivelle estadaptée à un des tourillons du cylindre supérieur quireçoit l’action motrice
De petits dessins réticulés sont imprimés avec unemolette, sur la surface convexe du cylindre inférieur,qui, de cette manière, présente de petites aspéritéspour saisir plus facilement la planche de la presse, surlaquelle sont déposés deux cartons en feuilles de zinccontenant les lettres et les feuilles prêtes à être copi es.Des vis règlent la pression.