ENCRE.
ENCRE.
gomme et le sulfate de fer (»). Par ce procédé, il sedissout plus de matières noires; mais l'encre est plusmucilagineusc, et a plus de penchant à la moisissure.
Par le temps. On laisse la dissolution de tannin, obte-nue par infusion ou par décoction, dans des vases platsà l’air (six mois) ; on enlève de temps en temps la moi-sissure qui se forme à la surface; on la filtre pourenlever les pellicules et le tannin qui est au fond, et ony fait dissoudre l/i de gomme. Alors on ajoute autantde sulfate de fer, et on agite.
Proportions et mélanges des matières. Tout dépend,dans la préparation de l’encre, do la préparation denoix de galle et de sulfate de fer; mais comme la dé-coction contient plus ou moins d’acide gallique , laplupart des prescriptions indiquées par les auteurs nesont pas exactes et complètes. IL serait mieux de dis-soudre séparément la noix de galle et le sulfate de fer,et de mêler les liqueurs en proportions convenablespour obtenir une belle encre noire, et d’ajouter ensuiteles autres substances.
Les recettes données différent beaucoup les unes desautres; quelques-unes prescrivent 6 parties, d'au-tres 18, d’autres 1 seulement de noix de galle sur 4de sulfate de fer. Il est vrai de dire aussi que, à causede la grande variété des qualités de noix de galle et desmatières qui contiennent du tannin, on ne peut pasindiquer un dosage qui puisse être employé dans tousles cas.
Nous résumerons ainsi les divers inconvénients d’unmauvais dosage :
Trop de-noix de galle rend l’encre verdâtre ou rou-geâtre , et par le temps elle devient sur le papier bruneou rougeâtre.
Trop de fer la rend bleue dans le commencement,ou violette, ou plus ou moins grise; mais avec le tempselle passe à la couleur rouille. Dans ce cas, les matièrescolorantes se déposent plus facilement.
Trop peu de fer rend la couleur plus pâle, mais parle temps elle ne devient pas facilement jaune.
Dans aucun cas, quand la noix de galle est bonne,il ne faut prendre plus de sulfate de fer que de noix degalie. Parties égales de ces deux matières donnent uneencre qui, dans quelques semaines, devient bruu-jaunc.Si on prend davantage de sulfate de fer elle le devientencore plus vite. Une partie de sulfate de fer et 2 par-ties de noix de galle donnent une encre qui résisteplus longtemps ; 4, o et 6 parties de galle donnent uneencre plus solide, mais qui n’est pas aussi noire. Lumeilleure proportion , suivant Lewis et Bancroff, estde 3 parties de noix de galle pour I p. de sulfate de fer,et pour 2 p. de ce sel, suivant Ribeaucourt (2).
Propriétés d’une bonne encre. Les propriétés que l’ondoit exiger sont :
1° Une couleur noire foncée ;
2“ Une couleur solide qui ne s’efface pas par le frot-tement et les lavages à l’eau, et qui ne change pas avecle temps ;
3“ Qu’elle sèche promptement ;
4" Qu’elle se fixe solidement sur le papier, sans ypénétrer trop profondément;
5 U Qu’elle coule uniformément ot facilement de laplume ;
()" Qu’elle ne moisisse pas.
(O U ne serait- pas convenable de faire bouillir le sulfatede fer avec la noix de galle, parce que celte dernière ne se-rait pas complètement épuisée. Le précipité noir se déposésur la noix de galle, de manière que l’eau ne peut pas Lien ypénétrer et se renouveler; cependant la plupart des recettesindiquent Pebulliliun de la noix de galle avec le sulfate defer.
(2) M. Payen indique 5 parties de noix de galle et 2 p.de sulfate de fer, et son encre est excellente, d'après le té-moignage des personnes qui en font usage.
Couleur foncée. La couleur noire provient, commenous l’avons dit, du galhite de fer et du tannatc de fer ;elle n’est à son maximum que quand le fer est trèsoxydé; aussi elle ne s’acquiert qu’avec le temps dans luplupart des encres.
Solidité. Elle consiste dans les proportions des mé-langes ; elle est augmentée par la gomme et le sucre;ces corps forment un vernis qui préserve l’acide gal-lique et le fer du contact de l’air. On l’obtient encoreplus sûrement quand on ajoute à l’encre un corps dontla couleur ne change pas ou difficilement (bleu dePrusse , noir de fumée, indigo, etc.) On ne peut les em-ployer seuls, parce que les traits s’effacent trop facile-ment. Peut-être l’addition de l'alcool et de la résine se-rait utile pour cet objet.
liapidité du séchage. La rapidité du séchage est d’au-tant plus grande que l'ou a mêlé avec l’eau moins decorps épaississants, moins de gomme et de sucre. Ledernier surtout rend l’encre collante, même apres le sé-chage. L’encre faite avec de l’eau-de-vie forte sèchevite, mais elle s’évaporerait trop vite dans l’écritoire,et reviendrait trop cher.
Pénétration. La fixité réside principalement dansl’action du sulfate de fer ou de l’acide sulfurique libre;et dans la porosité du papier. Elle est principalementimportante pour la conservation de l’écriture, etc.,parce que les traits ne peuvent être rendus invisiblessans altérer le papier. Si on emploie de l’encre tropépaisse, la pénétration n’a pas lieu, c’est ce qui arriveavec l'encre qui contient trop de sucre. Le collage dupapier et les matières épaississantes préviennent unetrop grande pénétration et le coulage de l’encre.
Coulage. L’encre trop liquide coule trop facilement ;l’encre trop épaisse coule trop difficilement : ce dernierinconvénient provient d’tm excès de gomme. Une petiteaddition de sucre en poudre ou de mélasse prévient ceteffet.
Moyen de prévenir la moisissure. On a proposé beau-coup de moyens pour s’opposer i\ la moisissure, mais laplupart de ces moyens n’ont pas complètement réussi.La cause de ce phénomène provient de ce que la décoc-tion de noix de galle contenait trop de matières glu-tineuses, ou que celle-ci était de mauvaise qualité. Onpeut prévenir cet effet en laissant la décoction à l’airjusqu’à ce que le mucilage soit décomposé, et l’em-ployer seulement alors; les encres ainsi obtenues nomoisissent pas. Ensuite le meilleur moyen est l’em-ploi des clous de girofle; on en met quelques-uns dansl’écritoire. Le sublimé-corrosif (deuto-chiorure demer-cure)ou l’acétate de mercure détruisent aussitôt la moi-sissure ; mais la propriété vénéneuse de ces substancesrend leur usage dangereux. L’acétate de nickel empê-che aussi la moisissure, l’eau-de-vie produit aussi quel-que effet; mais elle affaiblit un peu l’encre, parce qu elleprécipite des matières colorantes; le camphre a étéemployé avec succès par Bancroff; mais il se vola-tilise bientôt. Le pyrolignite de fer, employé à laplace du sulfate de 1er, est très bon. La soude, le sal-pêtre, le sel marin, le sel ammoniac, agissent un peu,mais faiblement ; le premier nuit à la couleur, les au-tres à la durée de l’encre. L’alun n’empêche pas la moi-sissure, il la provoque plutôt.
Nous avons emprunté à l’ouvrage de Lcuchs sur lesmatières tinctoriales (1) une grande partie de ce quiprécède sur la préparation et les propriétés des encres ;et c'est un devoir pour nous de citer ici Je nom de cetechnologiste distingué dont les travaux sont fort esti-més dans toute l’Allemagne .
Nous mentionnerons aussi, à titre de renseignement,les fluides pour remplacer les encres à écrire, inventéspar M. Stephens, chimiste de Londres , dont la pré-
(D Cet ouvrage a été traduit en 1829, par M. Pédei.