ENCUE.
ENCRE.
tannin peuvent servir pour la préparation «le l’encre; imais la matière la plus avantageuse est la noix «legalle, dont l’eau extrait du tannin et de l’acide galli-que, qui s’unissent à l’oxyde de fer pour former une belleancre noire ; la racine de la rose de mer (nymphéa alba)donne une encre fine noir-bleuâtre, qui ne formepoint de dépôt comme celle de noix de galle, maisil en faut davantage ; la racine de tormentillcdonne une encre d’un noir-verdâtre ; les fruits del’aulne donnent une encre d’un noir-bleuâtre; l’é-corce de chêne et la sciure de bois de chêne donnentune encre d’un noir-bleu; l’écorce des grenades donneune encre noir-brunâtre; le sumac et les écorces d’o-range donnent une encre d’un noir-verdâtre, etc.
Les noix de galle doivent être pulvérisées pour enextraire plus de tannin et d’acide gallique ; de la sortel’encre est bien plus noire. Cependant on ne doit pastrop les diviser, parce qu’une partie resterait en sus-pension dans la liqueur et rendrait l’encre pâteuse.
3° Sels de fer. On emploie ordinairement le sulfate deprotoxyde de fer (vitriol vert, couperose verte). L’in-fusion de noix de galle, en agissant sur lui, le décom-pose, et lui enlève son oxyde pour former un gallatc defer, qui est d’une couleur plus ou moins noire, suivantles proportions.
Cependant comme le fer y est à l’état de protoxyde,l’encre ne devient d’un beau noir que quand elle aabsorbé de l’oxygène. Si on oxyde davantage le ferdans le sulfate, en le calcinant légèrement, jusqu’à cequ'il prenne une couleur jaune de rouille, on obtient parce moyen une encre complètement noire. On obtient lemême résultat eu prenant une décoction de noix degalle qui est restée exposée à l’air ; on peut aussi em-ployer d’autres sels de fer, particulièrement le nitratede fer, qui donne une encre plus noire, parce quele fer y est à l'état de peroxyde.
L’acide sulfurique du sulfate n’est point nécessaire,et n’agit que comme dissolvant du fer, il est mis enliberté; par conséquent, il n’est pas nuisible d’en dimi-nuer la quantité par l’addition de la potasse, ou parla calcination, avant le mélange avec la noix degalle.
Le bois d'Inde ou de Campêche contribue à luconfection de l’encre, à cause de l’union que contractesa matière colorante avec l'oxyde de fer; ce qui rendnon seulement la couleur plus foncée, mais encoremoins susceptible d’éprouver du changement par l’ac-tion de l’air et celle des acides.
5* Le sulfate de cuivre (couperose bleue, vitriol deChypre ), que Chaptnl a indiqué dans une certaine pro-portion, rend l’encre plus foncée et plus consistante.
6° Matières épaississantes . Les principales sont lagomme, la bière épaisse; le sirop ne les remplace pascomplètement ; le sucre ne peut être employé qu’enpetite quantité. Dans les recettes, on indique ordinai-rement la gomme arabique; mais celles du prunier etdu cerisier sont aussi bonnes. La gomme augmente laviscosité de la liqueur, et maintient les matières colo-rantes en suspension ; l’encre ne traverse pas le papier,et peut être appliquée plus épaisse ; en même temps,la gomme colore l’encre d'une espèce de vernis com-pacte, qui, s’interposant entre l’encre et l’air, la garan-tit, lorsqu’elle est sèche, do son action. Si on prendtrop de gomme, l’encre devient trop épaisse, coule malde la plume et sèche difficilement.
Le sucre en petite proportion augmente la fluidité del’encre, permet ainsi, de mettre plus de gomme quel’encre ne pourrait en supporter sans cela, et lui donneplus de brillant ; mais, en général, le sucre ne peutremplacer la gomme, car il ne tient pas comme celle-ci les matières colorantes en suspension ; il rendl’encre plus difficile à sécher, et trop coulante, quandon le met en excès. La cassonade et la mêlasse sont
bien préférables; on les ajoute avec la gomme ou après.
Ainsi le sucre agit :
•1 U En rendant l’encre plus coulante; celle-ci exigealors plus de gomme.
2 U En rendant l’encre moins collante, d’où il résultequ’il en sort davantage de la plume, que les traits sontplus gros et plus brillants, ce qui est important pour laconservation de l’écriture.
3° En retardant la dessiccation, ce qui est un incon-vénient dans certains cas; néanmoins on utilise cettepropriété pour la préparation des encres destinées à co-pier les lettres, comme nous le verrons plus bas.
Des différentes matières que Von ajoute à Ventre.
L'acide muriatique colore en rouge les traits faitsavec l’encre ordinaire ; mais à l'air, après quelquetemps, ils redeviennent noirs.
Une addition de chaux rend l’encre brune ; la potassela rend verdâtre.
Le sulfate de cuivre est avantageux à l’encre qui con-tient du bois de Campêche; mais il ne faut pas en ajouterplus d’une partie sur huit de noix de galle ou mêmeun peu moins. Si on en prend trop, la couleur de l’encredevient d’un gris sale.
Le vert-de-gris agit comme le sulfate de cuivre;mais avec le temps, il fait passer l’encre plus rapide-ment au jaune.
L'alun a été recommandé par Jeoffroy ; mais il estnuisible, parce qu’il donne une teinte rougeâtre, etfacilite le développement de la moisissure.
Le sel de cuisine est avantageux jusqu’à un certainpoint pour empêcher la moisissure ; mais son actionest peu efficace. „
Le sulfate d'indigo et la garance donnent à l’encreune belle couleur noire. Cette pratique, du reste, estempruntée à l’ancienne teinture; car, pour faire unbeau noir sur les étolFes, les ordonnances du roi,dressées sous le ministère éclairé de Colbert , prescri-vaient, sous des peines convenables, aux teinturiersdu grand et du bon teint, de guesder, ganmeer, etc.,c’est-à-dire de teindre d’abord en bleu, eu rouge, etc.,les étoffes qu’ils voulaient mettre en noir.
La noix de galle étant d’un prix élevé, on en remplacesouvent une partie par du sumac, par le gland oul’écorce de chêne pulvérisés, par le châtaignier, le mi-mosa babla , les fruits et l’écorce d’aulne; niais, engénéral, les encres préparées avec ces substances sontd'une qualité inférieure, et n’ont d’autre mérite réelque «l’être d’un prix de fabrication moins élevé.
Quelques fabricants, pour obtenir une encre doubled’un noir tirant sur le violet, ajoutent une petite quan-tité de carbonate de manganèse. Les encres dites de lagrande et de la petite vertu sont préparées ainsi avecplus ou moins d’eau et de gomme.
Préparation de Ventre liquide.
Par infusion. On arrose avec de l'eau le corps conte-nant du tannin, et on abandonne l'infusion dans unlieu chaud pendant un temps suffisant ; on soutire laliqueur; on la remplace par de l'eau; on répète cetteopération jusqu’à ce que tout le tannin soit extrait. Ondissout d’abord la gomme dans l’extrait (I), et plustard le sulfate de fer. L’encre ainsi obtenue est cou-lante, peu glutineuse, et n’a pas de penchant à lamoisissure; elle est un peu pâle et facilement détruitepar les acides; mais elle devient noire avec le temps.Elle revient aussi un peu plus cher que celle qui estpréparée par la décoction.
Par décoction. On fait une décoction de la matièrecontenant du tannin; on la filtre, puis on y dissout la
(l) Quand l'extrait «>sl trop aqueux, on lait concentrer àfan' libre uu par la chaleur.