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UNGRAI?.

ENGRAIS.

M. Liebig est persuadé que cet excédant d’azote pro-\ ient de l'ammoniaque puisée par les plantes dans l'at-mosphère où elle se trouve cependant en si minimequantité, que les expériences les plus délicates ne suffi-sent souvent pas pour démontrer sa présence.

L’azote de l’air est, dansla plupart des cas, bien loinde sutîire au développement complet des plantes, ou aumoins à l’abondance de leurs récoltes; la plupart desagronomes p.msent meme que plusieurs familles entiè-res de végétaux, comme les graminées, sont impropresà se l’assimiler. Les matières azotées sont plus rares etd’un prix plus élevé que les autres substances organi-ques ; ce sont celles dont on doit tout d’abord se préoc-cuper en agriculture. J/azote est donc l’aliment qu'ilimporte le plus d’augmenter et de conserver dans lesengrais, ou, eu d’autres termes, les matières organiquesles plus avantageuses à la production des engrais sontprécisément celles qui donnent naissance, par leur dé-composition, à la plus forte proportion de corps azotés,solubles ou volatils: nous disons à leur décomposition,car la présence de l’azote dans une matière d’origineorganique 11 e suflit pas pour la caractériser commeengrais. La houille, pour citer un exemple, renfermede l’azote en quantité très appréciable, et cependantson action améliorante sur le sol est entièrement nulle;c’est què la bouille résiste à l’action des agents atmo-sphériques qui déterminent cette fermentation putridedont le résultat lilial est toujours une production de selsammoniacaux, ou d’autres combinaisons azotées favo-rables au développement des plantes.

Par les mêmes raisons, les engrais agissent avecd’autant plus de rapidité que leur décomposition clle-t»«ême est plus rapide : tel engrais n’agit que pendantune année, tel autre prolonge ses ellets pendant cinq ousix années et même plus.

Cette durée d’action doit être prise en sérieuse con-sidération ; elle dépend souvent de la cohésion des sub-stances, de leur insolubilité ; le climat, la nature duterrain, exercent aussi une grande influence sur les pro-grès de leur décomposition.

Convaincus de l’importance de l’azote dans les en-grais, MM. Paye» et Boussingault ont entrepris unelongue sérié d’analyses, dans le but de déterminer lesproportions de ce principe dans les nombreuses ma-tières employées à l’amélioration du sol. Ce travail leurn fourni les moyens d’établir les titres et les équiva-lents des engrais examinés comparativement, en les rap-portant au fumier de ferme, que ces messieurs consi-dèrent comme Yeugrais normal. Nous donnerons plusloin ce travail remarquable.

Tous les savants 11 e sont pas d’accord sur cette ma-nière de. calculer la valeur des engrais; ainsi, tout enreconnaissant que l’influence do l’azote sous les formesassimilables n’est jamais préjudiciable aux plantes,que ce corps est toujours utile et infime indispensablepour certains buts. M. Licbig est convaincu cependantque l’efficacité des engrais n’est jamais proportionnéeà leur teneur en azote. A l’appui de cette opinion, ilcite un grand nombre d’exemples : il pense que l’effetdo l’ammoniaque offerte aux plantes comme source d’a-zote par des moyens artificiels, se borne à hâter dansun temps donné, le développement des plantes culti-vées, et qu’il est d’autres circonstances qui influent,d’une manière remarquable sur le développement desrécoltes. Nous reviendrons sur ce point très importanten parlant des engrais minéraux.

Des engrais minéraux. Les végétaux renferment cons-tamment des matières terreuses et alcalines, qui sontindispensables à leur croissance, à leur vie complète, etmême à leur destination. Un exemple seul suffira pourdémontrer la nécessité de la présence de certains selsdans les plantes : la charpente osseuse des animaux doit

sa rigidité à du phosphate et à du carbonate de chaux,les aliments doivent donc leur procurer ces sels calcai-res ; or, tous les aliments dérivent en définitive du règnevégétal.

Une autre preuve de l'utilité des sels, c’est que lesvégétaux n'admettent pas indifféremment ceux qui sontà leur portée. Ils possèdent une véritable propriété d’é-lection pour admettre, ou au moins pour retenir cer-taines substances de préférence à d’autres. Il n’est pluspossible de nier cette propriété et l’utilité des substancesminérales choisies, en présence des faits nombreux in-diqués par l’expérience agricole, et des analyses si pré-cieuses et si concluantes de M. Boussingault.

Ainsi, parmi les plantes, les unes se chargent de selmarin sur le même sol où d’autres n’en prennent qu’unepetite quantité: les autres, comme la pariétaire, l’ortieet la bourrache, avides de nitrates, savent les choisir ùcôté d’autres plantes venues sur le même terrain et quien présentent à peine les traces. Le froment prend surle même terrain huit fois plus d’acide phosphorique queles betteraves ou les navets; la paille d'avoine et cellede froment renferment cinquante à soixante fois plusde silice que le froment et l’avoine eux-mêmes. Nouspourrions citer une foule d’autres exemples aussi con-cluants.

D’un autre coté, tout le monde sait que le plâtre estfavorable aux légumineuses, et M. Boussingault aprouvé qu’il ne produit aucun effet sur le froment. Onsait aussi que certains végétaux affectionnent certainesnatures de sol, en raison des principes qu’ils contien-nent ; ainsi la fougère, le châtaignier, la vigne, deman-dent des sels abondants en potas»e.

Ces faits multipliés prouvent, comme le dit fort bienM. de Gasparin, que ce n’est pas une certaine quantitéd’un principe nutritif uniforme, mais le choix deprincipes nutritifs différents, qui est nécessaire auxplantes.

Cela ne veut pas dire que dans certaines circons-tances les plantes ne prennent des sels en plus oumoindre grande quantité, que certains sels ne se substi-tuent à d’autres, que la soude, par exemple, ne rem-place la potasse, etc., non ; mais ce qu’il y a de certain,c’est que lorsque la plante rencontre dans le terrain lessubstances qui lui sont le plus favorables, celles que sescendres contiennent en plus grande abondance, elleprospère beaucoup mieux et donne des récoltes bien plusabondantes.

Pour connaître les engrais minéraux qui sont utilesaux plantes, il était nécessaire d’avoir des analysesexactes de leurs cendres. Plusieurs chimistes se sont oc-cupés avec soin de ces analyses; nous croyons de-voir donner ci-contro le résumé de quelques-uns deleurs travaux.

Lorsqu’on examine ces tableaux, une chose qui frappetout d’abord, c’est la ressemblance que présentent lesprincipaux résultats, quoique les plantes analyséesproviennent de terrains de compositions différentes.Ainsi on remarque que les cendres de trèfle renfermenttoujours une proportion considérable de carbonate dechaux. Cela explique l'efficacité du plâtrage ou duchaulage, employés pour la culture de ces plantes. Lescendres de pommes de terre, de topinambours, de hari-cots et de fèves, contiennent jusqu’à 50 p. 100 et plusde potasse ; les cendres du froment en donnent propor-tionnellement beaucoup moins, et renferment toujoursdes proportions énormes de phosphates.

Ces résultats, si remarquables et si constants, n’in-diquent-ils pas de suite quelles sont les substances mi-nérales qui doivent être associées à l’engrais azoté pourles différentes cultures, dans le but d’obtenir le- récoltesles plus productives?