KXGUAIS.
KXGRAÏS.
nu mur un enduit de bitume très chaud, qui pénètre lemur, et forme à la surface une couche solide et imper-méable sur laquelle on étend, pendant qu’elle est en-core molle, la feuille de plomb. I.e papier collésur un mur préparé de cette manière se conserve trèsbien.
KN'GlvAIS. On donne le nom d'engrais à toute sub-stance animale, minérale ou végétale qui peut conser-ver, augmenter ou rétablir la fécondité du sol.
Autrefois qe nom n’était accordé qu’aux matièresd’origine organique; le nom de stimulants était réservéaux substances minérales salines ou alcalines qu’onsupposait aptes seulement à faciliter l’assimilation desprincipes qui entrent dans la composition des fu-miers.
Les travaux remarquables de MM. Buussingault,Payen, de Gasparin, Liebig , etc., sont venus effacercette distinction, en prouvant par de nombreuses ana-lyses, et par des expériences exécutées avec soin, queles sels terreux et alcalins sont tout aussi indispensa-bles pour l’alimentation des végétaux que l'azote lui-même.
Le meilleur engrais est donc celui qui peut offrir àla plante cultivée, et sous une forme assimilable, nonseulement l'azote , mais encore tous les principes qui en-trent dans la composition de cette plante.
On voit tout de suite de quel immense avantageil serait pour l’agriculteur de connaître exactement lacomposition des végétaux, celle des terrains qui lesproduisent, et celle des engrais qui sont destines à leuralimentation.
Déjà la chimie a en partie comblé cette lacune,et ses recherches sont certainement destinées à jouer ungrand rôle dans l’agriculture; quelques exemples ferontbien mieux sentir l’utilité de ces connaissances. Le vinrenferme toujours une assez forte proportion de tartratcde potasse; or, il est évident que, si ni le terrain nil’engrais ne pouvaient fournir la base eu proportionsuffisante, la vigne en souffrirait et ne donnerait qu'unefaible récolte : c’est ce qui arrive probablement dansbeaucoup de circonstances.
Le blé contient des phosphates en quantité telle, queses cendres fournissent souvent près de la moitié deleur poids d’acide phosphorique. Or, la plupart dosterrains ne contenant que des traces de phosphates, ilest de toute nécessité que l’engrais destiné à l’alimen-tation du blé en contienne une proportion conve-nable.
La paille, les tiges d’un grand nombre de plantesrenferment une forte proportion de silice; le foin, letrèlle exigent de la chaux en abondance; d’autres vé-gétaux ne prospèrent que lorsqu’ils peuvent s’assimilerde la soude. Toutes ces plantes doivent donc trouverdans la terre, ou à défaut dans l’engrais, les matièresqu’elles préfèrent.
Il arrivera un jour, nous n’en doutons pas, où,à l’aide de lu chimie, on se rendra un compte exact dessubstances enlevées au sol par les récoltes; et alors,comme le dit M. Liebig, l’agriculteur pourra, commedans .une manufacture bien organisée, tenir des livrespour v inscrire, suivant les récoltes, la nature et laquantité exacte des principes qu’il doit porter sur cha-cune de ses terres pour en maintenir la fertilité.
Les matériaux qui doivent concourir à la croissancedes plantes sont de deux sortes ; les uns appartiennentau règne organique, ce sont : l’azote, l’oxygène, l’hy-drogène et le carbone ; les autres constituent les cendresdes récoltes, et sont formées de sels terreux et alcalins.Ce qui établit une distinction bien tranchée entre cescorps, c’est que les premiers sont en partie empruntésa l’atmosphèie, et que les seconds, au contraire, nepeuvent être fournis à la plante que par la terre ou lesengrais.
M. l>ous>ingault a prouvé en effet, par dos expé-riences directes, que la matière organique des plantesétait toujours récoltée en beaucoup plus grande abon-dance que celle que l'on y introduisait nu moyen desengrais, et comme ce résultat se reproduit toujoursl’excédant doit nécessairement être fourni par l'atmo-sphère.
Voici la moyenne des résultats que nous avons tirésdes analyses faites sur les produits de six assolementsdifférents, comprenant un grand nombre de plantes :
lléeol te sèche : 1000 parties. Kngrais employé: 54 2 parties.
Composition dos récoltes. Composition des engrais. Oifiêrenr»*.
Carbone. . .
. ioi
■159
en plusid.
30,3
llvdrogène .
ü4,h
■18.7
33,0
Oxvgène . .
. 110,0
111.0
id.
302,0
Azote . . . .
12,1
8,8
id.
3.0
Sels.
53,0
111,7
en moins
88,7
On remarque surtout que l’oxygène, l'hydrogène etle carbone contenus dans la récolte, forment un totalbien supérieur à celui des engrais ; on serait même porteà croire, en voyant ces résultats, que les engrais n’ontqu’une importance très secondaire lorsqu’on les consi-dère comme devant fournir ccs trois corps, si des expé-riences directes n’avaient prouvé leur efficacité sous cerapport. Heureusement que les substances qui peuventfournir ces principes aux plantes se trouvent en abon-dance dans la nature; les feuilles des arbres et cellesd’un grand nombre de végétaux, les racines des récol-tes précédentes, la paille des graminées, et en généraltoutes les matières végétales et animales renferment enabondance ces corps.
Kn un mot, l’air, par son oxygène et son acide car-bonique; l’eau, par scs éléments et les gaz qu’elle tienttoujours en dissolution, et une foule de substances quel'agriculture peut se procurer à bas prix, concourent àfournir aux plantes l’oxygène, l’hydrogène et le car-bone qui sont nécessaires a leur existence.
De l'azote. Le précédent tableau montre que Vazotese trouve aussi dans les récoltes en plus forte propor-tion que dans les fumiers; mais lu différence est moinsconsidérable. Le rôle que ce principe joue dans l’agri-culture est des plus importants; tout ce qui se rattacheà sa manière d’agir est du plus haut intérêt ; nous nousempressons donc de transcrire ici la manière de voird’un de nos plus habiles observateurs, de M. Boussin-gault :
« Je crois avoir constaté par de nombreuses analysesque, dans la grande culture, l’azote contenu dans unesuccession de récoltes excède toujours, et souvent dansune très forte proportion, l’azote qui se trouvait pri-mitivement dans les engrais consommés pour les pro-duire. Cet excès provient évidemment de l’air, et il estplus que probable que dans cette circonstance, une par-tie de l’azote excédant entre dans les plantes à la faveurdu nitrate d’ammoniaque, nitrate qui, d’après les ana-lyses de M. Liebig, se rencontre fréquemment dansl'eau des pluies d’orage. Dans cette occurrence, ce seraitdonc un phénomène électrique qui disposerait l’azote del’atmo>phère à s’unir aux végétaux. Mais avant de seprononcer définitivement sur cette explication, il fautsavoir si le nitrate d’ammoniaque peut réellement con-courir à la production des principes azotés qu’on ren-contre dans toutes les plantes. »
Plus loin M. Boussingault ajoute :
« L’azote peut entrer directement dans l’organismedos plantes, si leurs parties vertes sont aptes à le fixer;cet élément peut encore être porté dans les végétaux,par l’eau toujours aérée qui est aspirée parleurs racines.Knfm il est possible, comme le pensent quelques physi-ciens, qu’il existe dans l’air une quantité infiniment| tite de vapeurs ammoniacales.»