ENGRAIS.
ENGRAIS
utiliser les vidanges est beaucoup plus rationnelle, etsurtout plus hygiénique que la confection de la pou-drette. On donne le nom d 'engrais flamand ou gadoueaux excréments humains retirés des fosses d’aisance,et conservés dans des citernes voûtées placées au-des-sous du sol, sur le bord d’une route, et à proximité deschamps cultivés. Ces citernes, dont le fond est en grèset les murs en briques, sont remplies quand les travauxagricoles le permettent au cultivateur : on laisse fer-menter cet engrais quelques mois avant de s’en servir,et on a soin d’ajouter de la matière à mesure qu’on enretire.
L’engrais flamand est destiné principalement à ac-tiver la végétation des plantes oléagineuses et du tabac,qui donnent le plus de bénéfice 4 , il s’emploie sous formeliquide; on le transporte aux champs sur des chariots,renfermé dans des barils. Arrivés a leur destination,onvideces barils dansdes baquets, où on puise l’engraisà l’aide de longues cuillères en fer pour le verser surles semences. Les graines échauffées par cette matièreen fermentation se développent promptement, et y pui-sent une nourriture abondante. Cet engrais est aussid’un emploi très avantageux après le repiquage desjeunes plants : on le verse à la main pour éviter d’enmettre sur les feuilles.
Il faut une grande habitude aux cultivateurs de laFlandre pour supporter l’odeur infecte et repoussantequi s’exhale de la gadoue. Au reste, ces émanations nesont nullement insalubres.
Les fermiers qui emploient cet engrais y ajoutentsouvent des tourteaux de graines oléagineuses réduitsen poudre; ces résidus, renfermant des substances vé-gétales azotées, constituent eux-memes un très bonengrais.
Les caves où on recueille l’engrais flamand con-tiennent ordinairement 32 mètres cubes de matièreou 320hectolitres, chacun du poids de 1 25 k , et coûtantü r ,25 c . D’après MM. Payen et Boussingauit, l’engraisflamand contient à l’état normal 0,19 à 0,22 pour 100d’azote.
Nous renverrons à l’article désinfection pourla description des procédés Siret et autres, destinés àtransformer les matières fécales solides et les eaux-vannes eu engrais inodores, et plus actifs que U pou-drette.
Débris d’animaux.
Les débris d’animaux morts, les matières animalesprovenant des abattoirs sont des engrais puissants. Aussipartout où l’on peut se les procurer facilement, il estexcessivement avantageux de les employer pour l’agri-culture. Tout peut être utilisé ; la chair musculaire, lesdébris de peaux, de crin, de tendons, de corne,les os, lesplumes, etc.
Chair musculaire. La chair musculaire des animauxs'emploie rarement comme engrais, on l’utilise pour lanourriture des porcs ; celle qui ne s’emploie point decette manière peut être desséchée après une coctionpréalable, puis réduite en poudre ; en cet état, elle consti-tue un excellent engrais. A son état normal elle contientplus de la moitié de son poids d’eau ; séchée h l’air elleen renferme encore 8 à 9 centièmes. Parfaitement sècheelle contient 14,23 pour 100 d’azote. On lavcnddanslecommerce 20 fr. les 100 kil ; elle contient alors 13,04pour 100 d'azote.
Le sang des animaux abattus convient moins à lanourriture des porcs que la chair*musculaire ; il leurcause même quelquefois de graves maladies, aussi doit-on l’employer de préférence à engraisser les terres.Pour cet emploi, on le fuit coaguler par l’ébullition eton le dessèche ensuite à l’étuve; le sang employé li-quide serait un mauvais engrais, car alors sa décompo-sition aurait lieu si rapidement, que les produits qui enproviendraient; s’exhalant aussitôt, ne produiraient pas
d’effet sensible ; on pourrait cependant obvier à cet in -convénient en étendant le sang d’une grande quantitéd’eau avec laquelle on ferait des irrigations, on pour-rait encore faire absorber le sang liquide par de la terrevégétale desséchée au four, qu’on répandrait ensuitesur les terres. M. Payen a trouvé que le sang parfaite-ment sec contient 17 pour 100 d’azote; le sang dessé-ché qu’on prépare en grand contient 14,87 d’azote ;comme la chair musculaire, il se paye '20 fr. les 100 kil.
Os. Les os privés de matières grasses et broyés entredes cylindres de fonte cannelés, sont destinés a l’agri-culture; c’est surtout en Angleterre qu 4 on en emploiele plus à cet état, et la consommation qu’on en fait dansce pays est si grande que des compagnies ont, pours’en procurer, fait exploiter jusqu’aux champs de ba-taille de l’Empire.
Si on n’avait pas soin d’enlever la graisse des os parl’eau bouillante, cette graisse réagissant sur le carbo-nate calcaire du réseau osseux formerait un savon dochaux résistant à toutes les influences atmosphériques ;on comprend donc que les os dans de cas n’cxcrceraientsur le sol qu’une action à peu près nulle, à moins d’êtreréduits en poudre fine. M. Payen a constaté que desos entiers et anciens, n’avaient perdu, après un séjourde quatre ans dans la terre, que 0,08 de leur poids, tan-dis que quand ils sont traités par l’eau bouillante ils enperdent dans les mêmes circonstances 0,25 à 0,30.
La poudre des os non épuisés, contient à l’état sec7,58 pour 100 d’azote; dans l’état où on la livre aucommerce elle renferme 0,30 d’eau et se vend 12 fr. les100 kil. ; elle contient alors 3,30 d’azote.
Les os conviennent à toutes les terres et produisentune fumure persistante pendant quatre ou cinq années.
Les déchets d’os de tabletier sont employés, pour laplus grande partie, par les fabricants de charbon ani-mal ; les râpurcs seules employées en agriculture, ser-vent à fumer les riches vignobles et les oliviers : cetexcellent engrais analogue au précédent ne persiste quependant deux années, vu son extrême division.
Les os qui après avoir été coupés en fragments etdébouillis, pour en extraire le suif, ont encore seni àpréparer la gélatine dans la marmite de Papin , peuventdonner un engrais qui Se fait sentir une année, maisces résidus des fabriques de gélatine fermentent rapi-dement quand on les inet en tas, ce qui leur fait perdreune grande partie de leur matière animale. Pour lesconserver sans danger, M. Payen conseille de les des-sécher au sortir de la marmite et de les réduire enpoudre.
Hâpure de corne. Les rapures de corne agissent éner-giquement et conviennent à tous les sols; en Angleterreon en donne 36 hectolitres par hectdrc.
Tendons , rognures de peaux , crins , plumes , résidus decolle d’os. Toutes ces matières peuvent s’employer de lamême manière et dans les mêmes circonstances que lesrâpurcs de corne. La dose que doit eu recevoir un ter-rain se calcule facilement par leur équivalent en azote.
' Poissons . Les poissons qui commencent à sc putré-fier sont employés comme engrais dans les pays depêche; on peut, a arït de s’en servir, les dessécher etles réduire en poudre. Le hareng contient à l’état sec10,54 pour IOU d’azote; humide il en renferme 0,09seulement. La morue complètement desséchée en pos-sède 10,86.
3/orc de colle. Le résidu des fabricants de colle-forterenferme des substances tendineuses et cutanées, despoils* des débris d’os, de corne, de muscles, un savoncalcaire et des matières terreuses; ce mélange une foisdesséché peut se conserver longtemps, il renferme alors4 pour 100 d’azote et par conséquent constitue un assezbon engrais.
Pain de crelon. Le mars des graissss de bœufs, domoutons, de veaux, traitées nar les fondeurs, est appelé
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