ENGRAIS.
ENGRAIS.
Excréments des vers à soie. Les litières chargées desexcréments des vers à soie s'emploient quelquefoiscomme engrais; dans les magnaneries du Midi , on lessèche et on les emploie pour engraisser les moutons.
D'après MM. Boussingault etPayen, les litières du cinquièmeâge des vers à soie contiennent àl’état sec 3,483 pour 4 00 d’azote,celles du sixième âge 3,709.
Déjections de Vhomme. Les excré-ments humains sont un des engraisles plus actifs qu’on puisse em-ployer ; on peut les utiliser tels qu’ilssortent des fosses: c’est ce qu’onfuit aux environs ac Grenoble , prèsde Lyon et en Toscane ; on les délaiedans l’eau pour les distribuer plusuniformément sur les terrains qu’onen recouvre En Chine , les matièresfécales sont recueillies soigneuse-ment dans des vases disposés le longdes grandes routes pour les délayerdans l’eau et les déposer près (lesplantes ; quelquefois aussi les Chi-nois les pétrissent avec de l’argilepour en former des briques qui, sé-chées et pulvérisées, se répandenten couverture. A Paris , les matiè-res fécales sont converties en pou-drette.
Poudrette. Les vidanges de la villede Paris , transportées à Montfnu-con, sont versées dans de vastes bas-sins étagés et peu profonds destinésà les recevoir. C’est dans deux bas-sins plus élevés que les autres qu’ondécharge alternativement les matiè-res extraites des fosses pendant lanuit.
Lorsque Blinde cesbassins est rem-pli, on fait couler la partie la plus li-quide dans un troisième bassin placéau-dessous : ce troisième réservoir rempli, il s’y dépose,comme dans 1 un des deux premiers une partie de lamatière solide contenue dans le liquide. Les parties lesplus fluides du troisième bassin passent dans un qua-trième, et ainsi de suite; les dernières eaux conduitesdans un égout se rendent à la Seine . Par ce procédé, onfinit par n’avoir plus, dans chaque bassin, que ’desmatières pâteuses qu’on enlève avec des dragues ou àla pelle pour les placer sur un terrain en dos d’âne, oùon les retourne à mesure que leur dessiccation s’opère.Au bout de cinq à six ans, on obtient une matière pul-vérulente qui constitue la poudrette; on la dispose entas, dont les faces sont battues, afin d’éviter l’in fil-tration des eaux pluviales dans la masse.
Cet engrais à l’état normal renferme 41,4 d’eau et\ ,56 d azote pour IUÜ ; a l’état sec, la quantité d’azoteest de 2,6 i ; la poudrette pèse 70 kilogrammes l’hec-tolitre, et se vend 7 fr. 15 cent, les 100 kilogr. ;on la répand sur le sol a l’époque des labours ; on enemploie 20 à 30 hectolitres par hectare.
t ^ es e ffets de la poudrette sont malheureusement trèsvite épuisés; quelquefois ils ne se prolongent pas jus-qu à la fructification des céréales; cet engrais donneaux herbages une grande vigueur, mais on assurequ’il leur communique un goût qui répugne aux ani-maux. M. Boussingault, dans ses observations, n’a pasvérifié ce fait.
M. Salmon est parvenu à désinfecter complètementles matières fécales, en les mêlant avec une matièrecharbonneuse obtenue par la calcination en vase closd’une terre calcaire contenant des matières organiques,
dont l’azote s’ajoute à celui de l’engrais; c’est le noiranimalisé.
Nous donnons ci-après les plans d’un four destinéà la préparation de ce noir :
«I
765.
La fig. 765 représente une coupc verticale de ce foursuivant la longueur, et la iig. 764 la coupe horizontaledu même four : les mêmes lettres, dans les deux des-sins, indiquent les mêmes objets.
a, foyer où se place le combustible.
b, cendrier.
c, sole sur laquelle se place la matière à calciner.
d, carneau établissant la communication emre lefour cc et sa galerie inférieure ee : on voit, dans leplan, iig. 764, que ce carneau existe de chaque côtédu four.
e , galerie passant sous la sole du four : les produitsde la combustion s’y rendent en sortant du four, etéchauffent encore la sole par contact.
f, orifice percé dans la voûte du four; il est, pen-dant la marche, fermé par une plaque de fonte, et sertà introduire la substance à calciner ; on étend d’abordcette dernière au-dessus du four, et là elle commence àse dessécher.
g , porte du four : elle sert à remuer la matière àl’aide d’un ringard, et à la retirer lorsqu’elle est suffi-samment calcinée.
o, carneau faisant communiquer la galerie e à lagalerie h.
h , galerie conduisant les produits de la combustiondans la cheminée m.
m, cheminée conduisant au dehors les produits ga-zeux provenant soit du combustible, soit de la matièrecalcinée.
t, registre réglant le tirage.