ENGRAIS.
ENGRAIS.
présence de l’eau, le sulfure qu’elle renferme se trans-forme en sulfate. La chaleur développée par l’oxyda-tion du fer et du soufre gagne de proche eu proche, ac-tive la réaction, et bientôt est assez élevée pour en-flammer la tourbe et la faire brûler lentement; on ob-tient par cette combustion spontanée une cendre grisequi sert à amender les prairies ; ce n'est pas seulementau sulfate de chaux qu’elle renferme qu’est due sonaction sur la végétation, la plus grande partie de sonuctivité provient des matières azotées qu’elle possède.L'analyse y a indiqué 1/2 p. 100 d’a/ote. M. Botissin-guult pense que pendant l’incinération des tourbespyriteuses, il sc produit du sulfate d’ammoniaque. Lescendres de Picardie se vendent sur les lieux 50 cent,l'hectolitre ; on en donne aux prairies de quatre à sixhectolitres par hectare.
Cendres vilrioliyues. Les résidus de la fabrication dela couperose, appelés cendres vitrioliques, sont analo-gues aux précédentes ; à Forges-lcs-Eaux, les terrespyriteuses lessivées sont mêlées avec le quart de leurpoids de cendres de tourbe ; l’engrais qui en résulteconvient aux prairies, aux herbages humides, et auxterres à sables. Ces cendres sont plus azotées que cellesde Picardie, elles contiennent 2!,72 p. 100 d’azote.Voici, du reste, leur composition donnée par MM. Gi-
rardin et Bidard :
Matière organique soluble.2,7
Humus insoluble.49,8
SuLfatcs de protoxyde et de peroxyde de fer. 1,8
Sable (in.39,0
Sulfure et peroxyde de fer.0,7
100,0
Êiobuage. L’écobuage consiste à brûler surplace lesmatières organiques d’un terrain, surtout quand ellessont pauvres en principes azotés. Cette opération trans-forme la superficie du sol en une terre poreuse et charbon-neuse qui retient, en les condensant, les vapeurs ammo-niacales dégagées pendant la combustion ; il se produit,en outre, des sels alcalins et terreux dont l’action estindispensable à la végétation. Une combustion tropcomplète amènerait, comme dans la préparation descendres pyriteuses, la disparition des principes orga-niques, et on n’aurait plus un engrais azoté.
En Amérique , pour pratiquer l’écobuage, on se con-tente de mettre le feu aux pâturages quand l’état dedessiccation de l’herbe est snlîisant ; quelques joursaprès le passage du feu, on voit poindre sur le sol unevégétation nouvelle et vigoureuse. On procède aussi àl’écobuage d’une autre manière; on commence par en-lever la couche supérieure superficielle du terrain quirenferme les matières organiques à brûler; on formeensuite avec ce mélange de terre, de racines et de tiges,des espèces de fourneaux auxquels on met le feu; àmesure que la flamme se fait jour à travers la masse,on ajoute du gazon afin de fermer les issues qui se sontformées. On obtient ainsi une combustion lente, ettous les gaz dégagés pendant cette opération, sont ab-sorbés par l’enveloppe de terre charbonneuse.
Comme on le voit, le but de l’écobuage est de mettreen liberté, par une combustion lente, les principes con-tenus dans les matières végétales pour les rendre au solet les tenir do cette manière à la disposition d’unenouvelle récolte ; on a l’avantage de hâter ainsi la cir-culation des éléments contenus, dans les plantes, d’enjouir sur-le-champ; tandis que ces mêmes végétauxabandonnés aux effets lents de la putréfaction ne sefussent décomposés que peu à peu, et les résultats qu’ilsauraient produits comme engrais, dispersés sur plu-t-ieurs récoltes, eussent été inappréciables.
Substances végétales.
Engrais verts. Sous le nom d’engrais verts, on comprend les parties vertes des plantes qui entrent dans les
récoltes des racines ou des tubercules, telles sont lesfanes de carottes et des pommes de terre, les feuilles debetteraves et de navets; comme ces matières peuventservir à la fois d’engrais et de fourrage, c’est au cul-tivateur à voir lequel de ces deux emplois peut lui êtrele plus avantageux.
D’après M. Boussingunlt, les'matières dont nous ve-nons de parler sont des aliments médiocres et des en-grais excellents ; il a trouvé que les lunes des pommesde terre provenant de la culture d’un hectare, représen-taient SOU kil. de fumier de ferme supposé sec, et queles feuilles des betteraves fournies par une même sur-face valaient plus de 2Ü00 kil. du même engrais anmême état de siccité.
Parmi les engrais verts, se trouvent les plantes ma-rines, qui servent à l’amélioration du sol près des cotesde la mer; cesplante^, fortement azotées, peuvent s’em-ployer, soit immédiatement après leur sortie de la mer,soit à demi-desséchées, macérées ou même incinéréeseu partie. Elles agissent aussi bien parleurs substancessalines et leurs propriétés hygroscopiqnes que par l’a-zote qu’elles renferment.
Séchées au soleil et réduites en poudre, elles ont étéutilisées par M. Salmon pour la désinfection des ma-tières fécales; elles constituent alors un excellent en-grais qui, desséché, renferme 2, 4 p. 100 d’azote.
tioémon. La Bretagne, l'Ecosse et l'Irlande , em-ploient sous le nom do goémons les différentes plantesde la famille des algues. La récolte du goémon sc fuiten labourant la surface des roches et lo fond de la ineran moyen de grands râteaux ; des règlements fixent or-dinairement, pour chaque localité, l’époque et le modode la récolte.
Cet engrais, riche en sels de soude et de potasse, ale grand avantage d’être entièrement exempt de grai-nes nuisibles; les différents fucus sortant de l’eau etégouttés retiennent 0,75 d'eau; dcssétdiés à l’air ilsen renferment encore 0.U); à cet état le fwus saccha-riuus possède 1,38 p. 100 d'azote, et le fw us digi -talus 0,80 seulement ; complé;einent sec, le premier enrenferme 2,29, et le second 1,41. Le goémon brûlécontient 0,40 p. 100 d'azote.
Les plantes aquatiques qui croissent dans les eauxdouces peuvent aussi offrir des ressources comme en-grais.
Boscau. Le roseau est la plante d’eau douce la plusemployée ;''fauché au vert il se décompose facilement ;coupé au moment de sa floraison, et séché sur place,tel qu’on le livre au commerce, le roseau contient en-core 0,20 d’eau et 0,75 d’azote ; dessérhé complète-ment, il donne 1,10 de son poids de cendres et 1,0078p. 100 d'azote. Réduit par la macération au même de-gré d'humidité que le fumier, sans y rien ajouter, ilcontient 0,207 d’azote. On fume souvent les oliviers, enProvence , en plaçant à leurs pieds des gerbes de ro-seaux dont l’effet sc sent pendant deux années entières.
Fougères . Parmi les autres végétaux transportéspour servir à engraisser les terres, se trouvent les fou-gères dont l’azote n’a pas été dosé, mais qui renfermentde la potasse en notable quantité, et qui, sous ce rap-port, sont avantageuses pour les terrains manquant decet alcali.
Bruyères. Comme les précédents, les bruyères peu-vent aussi être d'une grande utilité; les feuilles renfer-ment 1,74 d’azote, mais les tiges sont beaucoup pluspauvres, et on aurait plus d’avantage à les brûler qu’ales employer comme engrais.
Buis. Le buis est un engrais d’une grande ressourcedans les pays environnés de montagnes calcaires, quien sont quelquefois couvertes ; les rameaux fouillés debuis, après avoir été foulés et écrasés sous les pieds deschevaux et les rou-.s des voitures, peuvent fermenter fa-cilement. A l’état vert ils renferment 1,17 p. Hh) d’n-