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EXTRAITS.

EXTRAITS.

pige 302, année 1810 ; tome IX, page 318, année 1823,Remploi des appareils (l'évaporation, chauffés au moyende la vapeur d’eau, pour préparer les extraits pharma-ceutiques; et ces appareils sont encore les meilleurs quel’on puisse employer avec sûreté et économie.

Appareil do M. Meissonraer. La vapeur entre dansune grande chaudière de cuivre hermétiquement fermée,et dans laquelle on a placé préalablement les copeaux debois de teinture, sur un double fond de fer-blanc trouécomme une passoire à café ; elle pénètre facilement lesfibres ligneuses, dissout la matière colorante qu’ellesrenferment, se condense en partie et forme l’extrait li-quide qui s’écoule au moyen d’un tuyau fixé à la partieinférieure de lu chaudière, dans un vase plat et à doublefond.

La vapeur surabondante s’échappe de la grandechaudière par un second tuyau placé au-dessus du ni-veau du liquide ou extrait coloré; elle chauffe le vaseà double, fond qui le contient, et se condense dans untroisième vase rempli d’eau.

L’extrait ainsi chauffé prend bientôt la consistancesirupeuse qui est généralement demandée dans les ma-nufactures; on le met, au besoin, dans une petite bas-sine hémisphérique placée au-dessus de la grande chau-dière , afin de lui donner la consistance molle ou sèche.

On continue ainsi l’opération, c’est-à-dire l’extrac-tion de la matière colorante, tant que le liquide quidécoule de la grande chaudière est coloré ; puis on rem-place le bois épuisé par du bois neuf.

Le vase qui reçoit l’extrait est peu profond et d’uneassez grande dimension pour pouvoir produire promp-tement l’évaporation ; il est ouvert à sa partie supérieureafin d’établir l’accès d’un courant d’air sur la superficiedu liquide bouillant, ce qui accélère encore l’évapo-ration.

La chaudière d’extraction est en cuivre, et assezforte pour résister à la tension de la vapeur et à la di-latation produite par la chaleur.

En '1839, M. Beyssère présenta à l’Académie dessciences un procédé qui, au premier aspect, paraît sim-ple et facile d’exécution; les bois de teinture réduitsen copeaux très minces à l’aide de la varlope sontimmédiatement soumis dans un cuvier fermé à un cou-rant de vapeur, et quand la température de la massetotale a atteint près de 80 degrés, on découvre et l’onarrose avec quelques litres d’eau froide; puis on soutireà l’aide d’une cannelle inférieure la portion de liquidequi s’est condensée, et on la rejette à l’aide d’un arro-soir sur la surface des copeaux. Cette manœuvre estréitérée jusqu’à ce que la lessive ait atteint un assezgrand degré de concentration, et alors on l’évapore d’a-bord à feu nu; puis au bain-marie. L’action de la cha-leur ainsi ménagée permet d’obtenir des extraits bienhomogènes et entièrement solubles dans l’eau chaude.Suivaut l’auteur, on évite ces longues ébullitions aucontact de l’air auxquelles on avait recours autrefois,et les matières colorantes éprouvent beaucoup moinsd’altération. (Voir Compte-rendu de l’Académie desscietices, 29 avril 1839.)

M. Beyssère n’a point élevé de fabrique, et toutporte à croire que sa méthode de lavage est longue etplus dispendieuse que celles employées par MM. Panay ,Meissonnier et Michel. Nous reconnaissons cependant,d’après notre propre expérience, que les extraits aqueuxobtenus par son procédé sont riches en matière colorante,en ce sens que celle-ci est plus vive et plus éclatante,mais il faut éviter la concentration à feu nu, qui agitsur la matière colorante en la carbonisant.

Le résultat de la coloration des extraits paraît tenir àdeux causes que la science n’a pas encore suffisammentexpliquées : l’une est inhérente à la fabrication elle-même, qui opère.par des lavages successifs; l’autre pa-raît accidentelle et due au développement des couleurs

par l’action d’une chaleur régulière et prolongée, en pré-sence de certains agents chimiques ou physiques quiéprouvent eux-mêmes des modifications plus ou moinsstables.

Il est probable que les phénomènes delà colorationplus ou moins intense des extraits sont analogues àceux des couleurs, qui ont lieu dans la teinture parl’action lente et prolongée de la chaleur, au contact del’air, et sous l’influence de certains agents (voyez tein-ture).

Au rôste, quelle que soit l’opinion que l’on ait sur )t*développement des couleurs des extraits, les rapproche-ments que nous faisons ici ne peuvent avoir aucun in-convénient, puisque nous ne les présentons pas commedéfinitifs, mais comme probables, et que, d’un autrecôté, les extraits et les couleurs de teinture sont remar-quables par leur analogie de composition.

Il est démontré d’ailleurs qu’on doit purifier les ex-traits de bois de teinture, tels que ceux de campêche,autant que possible de la matière résineuse, d’un excèsd'hématine, des corps solides et des sels qui changent etaltèrent la couleur fixée sur l’étoffe par l'impression,et nous avons reconnu même qu’en teinture les extraitsd’orseille fournissent une couleur plus vive, plus écono-mique que les orseilles ordinaires.

PURIFICATION DES EXTRAITS AQUEUX.

On précipite la matière résineuse au fond des vases,après la première évaporation, pai une légère additiond’eau froide versée dansle liquide aqueux lorsqu’il est en-core chaud ; on la laisse déposer dans des cuviers enbois.

Après plusieurs jours de repos le liquide aqueux secompose de trois parties distinctes : l’une compacte,solide, fortement colorée en brun-rougeâtre, qui se dé-pose au fond des cuves et qui contient la matière rési-neuse, les sulfates de chaux et d’alumine, les oxydes defer et de manganèse, etc., qu’on sépare ; l’autre gluante,d’une apparence résiueuse, et d’autant plus riche en cou-leur qu’elle est plus insoluble dans l’eau froide ; la troi-sième partie, c’est-à-dire la partie supérieure du liquide,est sirupeuse, et plus ou moins soluble dans l’eau froide,suivant que r extrait a été fait avec plus ou moins d’eauou de vapeur d’eau condensée. On décante ensuite cettedernière partie et on la fait évaporer et concentrer, aumoyen de la vapeur, dans un vase en cuivre à doublefond, ou garni intérieurement d’un serpentin. On ob-tient ainsi un second extrait gluant, plus insoluble etplus riche en couleur,.que l’on mêle avec la premièrepartie. Comme nous l’avons déjà dit, l’hématine pure sedépose et cristallise sur les parois mêmes du vase sansl’intermédiaire d’aucun réactif. C’est à M. Panay quel’on doit ce procédé facile, qui lui permet de préparer etde vendre aujourd’hui l’hématino cristallisée au prix de6 francs le kilogramme.

Quant à l’épuration immédiate des extraits du bois deFernambouc , de Sainte-Marthe, et généralement detous les bois de Brésil , elle a la plus grande analogieavec celle du bois de campêche, sauf la différence duprincipe colorant {la brésiline) et de la matière qui y estunie, qu’on ne cherche pas à obtenir à l’état de pureté ;mais l’extrait de Fernambouc l’emporte toujours pour laquantité et la vivacité des couleurs. La cause de cette dif •tërence, dit Leuchs, provient en grande partie de ce queles bois de Brésil, autres que ceux de Fernambouc debonne qualité, contiennent une matière colorantefauve.

Dingler a fait voir que l’on pouvait séparer cettedernière, et qu’alors on pouvait teindre avec le brésilletle bois de Sainte-Marthe, du Japon , de Sapan, etc.,aussi bien qu’avec le meilleur bois de Fernambouc . Leprocédé de Dingler consiste à traiter les bois par l'eauou la vapeur d’eau, à concentrer la décoction, de manière