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EXTRAITS.

EXTRAITS.

flacons à large ouverture bouchés à T émeri. Les ex-traits présentent beaucoup de différences, suivant leurmode de préparation, ainsi que Ta prouvé M. Ortila, quia conclu des expériences qu’il a faites de la tempéra-ture employée pour l’obtenir (Toxicologie, tome II,page 214). que ceux préparés par décoction et évaporéspar ébullition sont presque sans propriétés; les meil-leurs sont ceux faits récemment par l’infusion de laplante sèche. Comme chaque pharmacien prépare à samanière ce composé médicinal, qu’il apporte plus oumoins de soins dans sa confection, il en résulte que lesextraits sont fort différents , suivant les ollicines.Toutes choses égales d’ailleurs, ils diffèrent encore sui-vant que l’année a été sèche ou pluvieuse, que la planteemployée a été récoltée dans des localités chaudesou humides, sauvage ou cultivée, que l’extrait est an-cien ou nouveau. On voit donc que ce genre de médi-cament 11 e saurait être toujours le même, et que seseffets doivent être nécessairement incertains. Il n’y aque les extraits très actifs auxquels il reste toujoursune partie de leurs propriétés naturelles. »

Le but qu'on se propose en faisant des extraits esttriple; on a l’intention : 1° de conserver les principesqu’on suppose les plus précieux des substances employées pour les saisons ou les lieux où elles existentpeu fraîches; 2 Ü de les rapprocher sous le moindre vo-lume possible; 3° d’en faciliter l’administration. Cesdeux dernières intentions sont assez bien remplies;mais il n’est pas certain qu’il en soit de même de la pre-mière ; on n’a dans un extrait, comme nous l’avons dit,que les parties solubles dans l’eau de végétation, ou leliquide employé; ij y en a d'insolubles qui n’en fontpoint partie, et qui cependant ont aussi des propriétéslion équivoques. C’est donc la plante entière qu’il fautemployer lorsqu’on veut avoir toutes les vertus qu’ellepossède. Il n’y a donc que l'usage, aidé de l’analogie,qui puisse donner au juste le degré de valeur des ex-traits.

Les doses des extraits sont en général du quart de laquantité de la plante en nature; ainsi la belladone,l’aconit, la jusquiame, etc., dont on donne deux grainsen poudre, se prescrivent par demi-grains, en extrait ;dans les végétaux moins actifs on peut donner moitiéen poids. On les administre en bols ou en pilules, parceque leur saveur est toujours amère et désagréable ; ilsservent, en outre, d’excipient pour d’autres substancesdont on fait des pilules. On mêle fréquemment les ex-traits au savon et à d’autres médicaments fondants.Lorsqu’on ajoute aux extraits la partie verte de leursuc, on les dit préparés à la manière de Storck. On neconnaît qu’un petit nombre d’extraits animaux, cesont les tablettes de bouillon, l’extrait de fiel de bœuf,de cantharides, etc.

Les extraits peuvent contenir les principes suivants :Extractif alcaloïde, gomme, gomme-résine, fécule,mucilage, gluten, soufre, acide benzoïque, citrique, etc.;sels, principes colorants, etc. On y trouve parfois dufer, du cuivre, qui viennent des vases qui ont servi à lespréparer.

Extraits obtenus avec le suc des plantes, par Dausse.Généralement pour préparer ces extraits, on fait usaged’un filtre - presse. La seule modification queM. Dausse a apportée à ce procédé, consiste en ceque, pour ne rien perdre de la substance extractive queretiennent toujours les résidus après l’expression, il metces derniers dans des cylindres à déplacement où ils sontépuisés par l’eau, jusqu’à ce que celle-ci passe insipide ;c’est de cette manière qu’il prépare les extraits de tigede laitue, de turyons d’asperges, etc.

Extraits aqueux. Pour les extraits aqueux, toutes lessubstances, à l’exception d’un très petit nombre, sontsoumises à l’action du filtre-presse. Fleurs, feuilles,écorces, bois, racines, sout truités dans cet appareil par

Teauàlatcmpératureordinaire; quelques plantes seule-ment sont traitées au moyen de l’eau chaude.

Les racines, les écorces et les bois, les feuilles sontréduits en poudre grossière. Il y a certaines Heursqu’il ne faut point pulvériser, si Tou veut que l’opéra-tion ait un résultat satisfaisant.

Lorsque la substance à traiter est très avide d’humi-dité, et susceptible de se dilater considérablement, onThumecte préalablement avec une suffisante quantitéd’eau pendant quelques heures ; c’est ainsi qu’on doittraiterla poudre de têtes depavors, de racine de patience,de rhubarbe, etc. On les introduit ensuite dans le cy-lindre à déplacement, en les. tassant légèrement. On dé-place la première eau employée, en ajoutant de l’eausur le iiltre, et on continue successivement à eu ajouterde nouvelles quantités jusqu’à ce que la substance soitépuisée.

Pour les bois durs, tels que le gayac, le quinquina,le buis, etc., qui se dilatent très peu, on les place desuite dans le cylindre, sans les avoir humectés préala-blement, et on verse de l’eau par dessus. La poudre deces substances se dilate un peu à mesure que l’eau lespénètre; mais cette légère dilatation, loin de nuire,empêche-que l’eau ne les traverse trop rapidement;but qu'on atteint d’ailleurs, avec la précaution de tour-ner le robinet qui se trouve au bas du cylindre, de ma-nière à ce qu’il ne sorte qu’un petit filet d’extrait, et àpermettre que les substances et l’eau soient longtempsen contact pour que le liquide puisse se charger desprincipes médicamenteux.

Enfin les extraits sont placés dans une capsule aubain-marie, pour coaguler l’albumine qu’iis contien-nent presque tous; après on les retire pour les laisserrefroidir et les filtrer au papier. Us sont ensuite remisdans la capsule pour achever la concentration de l’ex-trait.

Les extraits ainsi évapores entièrement au bain-marie, sont entièrement solubles dans l’eau froide ;avantage que n’offrent pas les extraits obtenus par dé-coction, surtout quand on les évapore à feu nu, soiten totalité, soit en partie; en outre, le mode d’évapo-ration à feu nu carbonise toujours une partie notabledes extraits, et leur communiqu - à tous une odeur ana-logue que l’on désigne par le nom d’odeur d’extrait.

Extraits hydro-alcooliques. Pour préparer ces extraitson emploie l’alcool tantôt à 22°, tantôt à 24°, selon lasubstance que l’on veut traiter; mais il est inutile dofaire macérer préalablement la poudre. On se contentede la placer dans le cylindre, garni à son extrémité in-férieure d’un disque d’étoffe de laine. Après avoir placéun disque en fer-blanc percé de petits trous sur la surfaceunie de la poudre, on verse l’alcool, que Ton déplacesuccessivement, jusqu'à l'entier épuisement de la sub-stance. Seulement on a la précaution de remettre sur lefiltre les premières parties qui sortent troubles, jusqu’àce que le liquide extrait soit très clair. On déplace le3dernières quantités d’alcool retenues par la plante, aumoyen de l’eau, afin de ne rien perdre du menstrue em-ployé. Ces extraits, bien clairs, sont distillés dans unalambic chauffé au bain-marie, afin de recueillir la ma-jeure partie de l’alcoux employé Le résidu trouble estversé dans une capsule et évaporé au bain-marie. Versla tin de l’opération, on remue le produit avec une spa-tule en os, afin de bien mélanger les principes aban-donnés par l’alcool et l’eau, et d'avoir un extrait ho-mogène.

Comme pour les extraits aqueux , il est convenabled’employer 2 kilog. d 'alcool à 22 ou 24" par 500 grain,de substances.

Extraits alcooliques ou résineux. On doit toujours em-ployer de l’alcool à 34° ou 36°, afin de ne pas dissoudrela matière extractive aqueuse qu’ils ne doivent pas con-tenir, sans quoi, si Tou veut les obtenir bien purs, on e.-t