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rouille. Le fer décompose très rapidement l’eau au rouge :l’hydrogène se dégage, et l’oxygène s’unit au fer pourdonner de l’oxyde magnétique.

L’acide nitrique étendu dissout lentement le fer ; l’a-cide nitrique concentré l’oxyde également-et avec unetrès grande rapidité, mais la plus grande partie du ferreste à l'état de peroxyde, sans se dissoudre. L’acidesulfurique le dissout aisément en présence de l’eau quise décompose ; concentré, il n’a aucune action sur lui àfroid, mais il le dissout à la chaleur de l’ébullition ense décomposant en partie et donnant lieu à un dégage-ment d’acide sulfureux. Les hydracides, tels que l’a-eidc hydro-chlorique, etc., le dissolvent rapidement,même à froid, en dégageant de l’hydrogène, et le trans-forment en protochlorure, etc., l’eau régale le dissoutrapidement, avec dégagement de vapeurs rutilantes, etil se produit du pcrchlorure.

Le fer ayant une grande affinité pour l’oxygène, ré-duit tant par voie sèche que par voie humide un grandnombre d’oxydes métalliques, tels que ceux d’argent,de cuivre, de plomb, etc., et même dans certaines cir-constances la potasse et la soude.

Le fer se combine aisément et directement, à l’aidede la chaleur avec tous les gazolitcs , c’est-à-dire avecles corps simples non métalliques, l’hydrogène et l’a-zote exceptés ; mais lorsqu’on le chauffe dans un cou-rant de gaz ammoniac sec, il décompose ce corps avecdégagement d’hydrogène, et il retient en combinaisonde 7 à 9 p. 100 d’azote et peut-être aussi de très peud’hydrogène, et devient extrêmement cassant et mêmefriable.

Le fer se combine, par voie sèche, en plusieurs pro-portions avec le carbone, et selon que la proportion enest plus ou moins considérable, il constitue les fers duôommerce, l’acier, ou la fonte.

Le fer est naturellement grenu et de qualité d’autantmeilleure que le grain est plus fin et plus brillant; parl’écrouissage ou le martelage, il devient nerveux, c’est-à-dire qu’il présente une disposition fibreuse; la cas-sure d’un bon fer présente un nerf tordu très blanc etbrillant; si on le martelle à froid dans le sens de salongueur ou si on le trempe, il reprendra sa texturegrenue ; il paraît que cette texture est due à la pré-sence du carbone ; pendant l’élaboration la quantité endiminue, ce qui, joint à l’action du marteau ou du lami-noir, le'fait passer à l’état nerveux; mais U renfermeencore une petite quantité de carbone qui suffît pourlui faire reprendre, lors de la trempe, la texture gre-nue. Lorsque, parutiesérie de chaudes trop répétées oumal conduites, on dépasse l’état nerveux, le fer est ditbrûlé, le nerf qui existe encore a perdu son éclat, et,lorsqu'il est à texture grenue, il préseute souvent desirisations qui tiennent à ce que tout le carbone peut sebrûler et même le fer s’oxyder un peu : il perd alors unegrande partie de sa ténacité. Le fer poli présente souventdes taches brunes qui portent le nom de pailles ou derendrures suivant qu'elles sont plus ou moins grandes,et qui diminuent de beaucoup sa valeur; ces tachesparaissent dues à une interposition de scories ou d’oxydede fer, et proviennent d’un corroyage imparfait lorsde la fabrication

Les fers du commerce se distinguent en fers fortsqui se laissent forger et courber à froid et à chaud eten fers rouverains , qui cassent à froid ou à une tempéra-rture plus ou moins élevée.

Les fers forts se divisent eux-mêmes en. trois catégo-ries :

Le ftr fort dur ou fer aciéreux , qui est le plus résis-tant au feu par suite de la plus forte proportion decarbone qu’il renferme; il est très dur, et est particu-lièrement employé pour la fabrication de l’acier decementation, des câbles en fer, des canons de fusil, destôles fortes de machines-à vapeur, et en général pour

tous les objets qui réclament une grande résistance.

Le fer fort mou, plus ductile que le précédent, moinsrésistant ut plus facile à produire ; présente moins derésistance au feu, se travaille aisément à froid et àchaud, et convient surtout à la fabrication des objets,comme les fers et clous de cheval, les jantes de roues,le til de fer. les essieux, etc., qui exigent une certaineductilité jointe à beaucoup de résistance.

Le fer demi-fort, ne cassant ni à chaud ni à froid, etpossédant les qualités des deux variétés précédentes,mais à un degré moins élevé; on l’emploie surtout àfaire les pointes de Paris et le gros fil de fer.

Les fers rouverains se divisent également en deuxcatégories :

Les fers métis ou fers cassant à cha’ud doivent cettepropriété à une certaine proportion de soufre ou d'ar-senic ; ils présentent une cassure plus foncée et plusterne que les autres fers; lorsqu’ils sont nerveux, leurnerf est plus gros que celui des fers forts et terne, etleurs fibres, mises à nu par la rupture, sont criquées oufendues dans le sens transversal; enfin le nerf estcoupé en lames au lieu de présenter, comme les fersforts, une cassure crochue et hérissée d’aspérités-ü,<)003 de soufre rendent le fer insoudable.

Les fers tendres ou fers cassant à froid doivent cettepropriété à du phosphore ; leur cassure est à grainsplats, blancs et brillants, unie et sans arrachements.Ils sont ordinairement très lamelleux. Ils se travaillentbien à chaud et sont ordinairement débités en verge defenderie pour la fabrication des clous.

Les fers brûlés cassent également à froid; il ne s’ytrouve plus de carbone, mais ils renferment beaucoup desilicium. Leur cassure est lamelleusc, blanche, légère-ment bleuâtre, brillante et éminemment cristalline.Les lames sont plus grandes et plus anguleuses quecelles du fer tendre.

Enfin il existe des fers rouverains qui sont à la foiscassants à froid et brisants à chaud ; ils ne peuventpresque être d’aucun usage.

Avant d’acheter ou de recevoir les fers, dans le com-merce, on leur fait subir certains essais ayant pour butde reconnaître la qualité du métal ; on soumet en outreles fers finis à d’autres essais qui servent à mettre à nules défauts de fabrication, mais ces derniers essais va-riant à l’infini selon la nature même des fers et l’usageauquel on les destine, nous ne parlerons ici que desessais généraux qui s’appliquent à tous les fers sansexception. Ceux-ci s’opèrent à chaud et à froid ainsiqu’il suit :

On chauffe au rouge-clair, dans une forge de maré-chal, la barre à essayer, on la replie sur elle-même âcette température, et dès qu’elle est arrivée au rouge-brun on la plie de nouveau. On laisse alors refroidir labarre, et, après l’avoir entaillée à froid au moyen d’unetranche, si les dimensions ou la nature du fer l'exigent,on la plie jusqu’à la rupture ou jusqu’à réunion desdeux parties du coude,, ce qui, dans tous les cas, met àdécouvert la texture du métal. Les essais à chaud pré-cités montrent si le fer est cassant au rouge-clair, aurouge-brun ou à ces deux températures, ou s’il résiste al’une et à l’autre. Les essais a froid, indiquent si le furest fort, tendre ou métis. Le fer tendre casse net ; la ci-saille le brise, mais ne le coupe pas; il craque sous cetoutil. La cassure à froid peut indiquer, jusqu’à un cer-tain point, si le fer est cassant à chaud ; le nerf de cedernier présente des solutions de continuité perpendi-culairement à sa direction. Les faisceaux de ce nerfforment pour ainsi dire des lames, ce qui ne s’observepas dans les fers bons à chaud. Les fers forts résistenta la rupture à froid. Leur cassure est généralement fi-breuse, et leur qualité est d’autant meilleure que leurnerf est plus blanc, plus long, plus fin et plus uniforme ;ta cisaille les coupc comme une substance molle, sans