FECULE.
FEE
fécule, et elle serait très vite perdue d’ordures.
Dans une féculerie bien montée, il y a toujours deuxétuves, que l’on charge, et que l’on chaulFe alternati-vement avec le même calorifère, pour pouvoir laisserreposer la fécule douze heures après qu’elle est complè-tement étuvée. La fécule est chargée sur des cadres enbois garnis de toile au fond, et placés sur des châssis,de manière à laisser 8 ou 40 centimètres d’espace entrechaque rang de cadres. La fécule s’y étend en couchede 3 ou 4 centimètres, et toutes les précautions doiventêtre prises dans la construction de l’étuve, d’abordpour qu’il n’y ait pas de bois qui puisse prendre feu ;Iss incendies dans une étuve chauffée à 7Û” et a\ec de-là fécule aussi sèche, étant très dangereux; ensuite,pour conserver le plus possible la chaleur, au moyende doubles murs, de doubles portes, et de l'absencecomplète, de toute fenêtre.
On chauffe très modérément pendant quatre heures,sans dépasser 45 à 50°, pour éviter que la fécule hu-mide ne s’altère; on pousse ensuite vivement le feu demanière à atteindre 05 à 7U Ü , et en dix-huit ou vingtheures l’étuvage est complet. Au moyen de registres,on jette toute la chaleur dans l’autre étuve que l’on aremplie d’avance, et on laisse reposer pendant douzeheures l’étuve dont le séchage est fini, pour laisserretomber un peu la température, et aussi parce que lafécule achève de se sécher.
Au milieu de chaque opération, on ouvre la porte del'étuve , et les ouvriers y pénètrent pour aller re-muer avec des raclettes en bois tous les cadres, pourrenouveler les surfaces. Le calorifère que nous avonsmonté à Guitry, et qui nous appartient, est d'un systèmetout nouveau et qui a donné les résultats les plus re-marquables. Nous en avons donné la description et lesplans, dans ce Dictionnaire, à l’article chauffage ,voir les fig. 4b8 et 469. Son principe est de pouvoir ilvolonté sécher, en faisant passer dans l’étuve un grandcourait d’air, ou, au contraire, de monter rapidementla température de l’étuve, en faisant circuler de nou-veau dans le calorifère l’air déjà chauffé de l’étuve.
• Nous avons monté l’étuve de Guitry en moins d’uneheure de 70 à 405". Ce calorifère, monté dans deux outrois féculerios, et depuis dans plusieurs hôtels, fonc-tionne parfaitement bien.
La fécule perd à l'étuye environ 25 p. 100 de sonpoids, quand elLe a été un temps suffisant au hâloir;quand elle arrive au hâloir, elle retient environ 35û 40 p. 4 00 d’eau; et enfin, séchée et prête à livrer aucommerce, elle en contient encore de 7 à 8 et 4 0p. 100.
La fécule au sortir de l’étuve est mise en sac au ma-gasin, ou en tas, où elle peut rester sans inconvénientun temps indéfini.
A mesure que l’on en a besoin, on la pile au rou-leau, et on la passe à un blutoir M en soie, qui fait30 tours par minute, et dont le cylindre commandé parune courroie, ou mieux une chaîne sans fin, reçoit àchaque tour plusieurs secousses vives qui le font re-tomber sur ses paliers, pour faire passer mieux la fé-cule. Ces secousses sont données par un excentriqueà 2 cames fixées sur le bout de l'arbre tournant, et ren-contrant un heurtoir en fonte.
Il nous reste à donner quelques détails économiquessur cette fabrication.
La pomme de terre rend de 4 6 à 18 p. 4 00 de féculesèche, et les sons retiennent encore un peu de fécule,ce qui les rend si nourrissants pour les bestiaux.
Les machines nécessaires pour une féculerie coûtent,avec les pompes au complet et montées, de 45 à4 6,000 fr. dans le meilleur système avec le calorifère.
Les frais de fabrication pour 200 hectolitres depommes de terre par jour, pesant moyennement 80 k l’hec-tolitre, peuvent être comptés comme suit :
llCCt.
f. c.
r.
C.
200 hectolitres de pommes de terre.
200
1 7b
330
»
1 contre - maître.
2 ouvriers manoeuvres, et 1 en-
2
2b
faut pour approcher la pomme
1 60
i
80
3 hommes au blanc et 2 étuveurs.Entretien des machines, tamis,
5
2 »
10
l>
toiles.
Intérêts du caoital de l’usine sur
10
150 jours de travail, à75,000 fr.de dépense, bâtiments compris,
, à 6 pour 0/0.
30
,>
Houille pour le calorifère.
3
3 ..
9
»
Frais généraux, bureau.
Transport de la fécule au lieu de
kil.
5
»
la vente; 2700 k par jour. . . .
2700
75
20
25
Imprévu.
20
>>
Total. 461 30
Total. 461 30
Soit les 100 k de fécule. 47 8
Prix de vente des 400 k de fécule. 22 »
Bénéfice par I00 k de fécule. 4 92
Et par jour, pour 200 liect. de.pommes de
terre.4 3G 70
PH. GKOUVELLE.
FENDERIE. Voyez fer.
FER ( aiigl . iron, ail. eisen). Le fer métallique estd’un gris-bieuâtre, malléable, ductile et le plus tenacedes métaux ; il ne se rompt que sous une charge de75 kilogr. par millimètre carré de section ,• poli, il pos-sède beaucoup d’éclat ; il a une saveur et une odeur di-stinctes , mais faibles. Il perd une partie de sa ténacitéet devient cassant par l’écrouissage ; on lui rend ses pro-priétés en le faisant recuire. Pur, il est absolument fixe,et extrêmement difficile à fondre , et peut-être mêmen’est-on pas encore parvenu à le liquéfier, car il est pro-bable que lorsque cela arrive, on doit l’attribuer à l’ab-sorption d’une certaine quantité de carbone; mais iljouit de la précieuse propriété de se ramollira une tem-pérature bien inférieure, et de pouvoir alors se soudersur lui-même et prendre sous le marteau toutes les for-mes que réclament les arts. Il est magnétique. Sa dila-tation linéaire, de U à 4 00", est de 4/846 e . Le fer nes’altère pas dans Pair sec, à la température ordinaire,mais lorsqu’on le chauffe, il se recouvre d’une pelliculed’oxyde très mince qui présente, à mesure qu’elle aug-mente d’épaisseur, le phénomène des anneaux colorés,les diverses couleurs se produisant dans le même, ordreet aux mêmes températures que pour I’acier (voyez cemot). Au rouge, il s’oxyde rapidement et se recouvred’écailles d’oxyde dites battitures, parce qu’elles se sépa-rent aisément par l’action du marteau ; cette oxydationrapide explique le soin que l’on prend, en travaillant lefer ; de le garantir autant que possible, comme nous leverrons, de l’action oxydante de l’air, lors du réchauf-fage, et l’importance de l’amener à la forme voulue enlui faisant subir le moins de chaudes possible.
Le fer obtenu en réduisant à une basse températureun oxyde par l’hydrogène est pyrophorique, c’est-à-direqu’il s’enflamme spontanément au contact de l’air mêmeaprès qu’il a été refroidi; il perd cette propriété lors-qu’on augmente sa cohérence, en le chauffant au rougeen vase clos et le laissant refroidir à l'abri du contactde l’air. Très divisé et chauffé au blanc, il brûle dansl’air et dans l’oxygène en répandant une lumière extrê-mement vive.
L’air humide oxyde lentement le fer qui se recouvred’une couche jaunâtre d’hydrate de peroxyde de ferqu’on appelle rouille; une partie de l’hydrogène qui sedégage par la décomposition de l’eau, se combine à l’é-tat naissant avec de l’azote venant de l’air, pour donnerde l’ammoniaque qui reste en combinaison avec la