FILIERES.
FILIÈRES.
distances du trou aux deux extrémités, ou les bras delevier de la force, sont égaux à peu près ; conditionindispensable pour la facilité du filetage.
Cette condition n’est plus satisfaite pour les petitstrous ; mais l’effet à produire étant alors peu consi-dérable, on tient la filière dans la main gauche, et onfait tourner de la main droite la petite vis que l'on tient6errée dans une pince.
tranche, et on la promène dans le sens de l’entrée.D’autres fois, on fouette l’eau avec le dessous de lafilière; puis on la retire, on la retourne, et on la plongeaussitôt ; le premier coup fait gauchir, le secondramène dans la ligne droite. On recuit au bleu, quandl’acier est de première qualité, sinon gorge de pigeonou couleur d’or.
Les fig. 886 et 887 représentent les coupes de deux
La construction d’une pareille filière n’est pas unechose très facile; on devra choisir de l’acier fondu depremière qualité, qu’on forgera suffisamment pour nopas le rendre pailleux, en ayant soin de le ramener sou-vent au feu, et de le traiter à petits coups pleins etnourris. Au sortir de la forge, on dresse la planche,suivant une décroissance bien égale, soit à la lime, soita la meule; on marque la place des trous avec le poin-teau , et on les perce. Après cela vient l’opérationdu taraudage. On emploie de préférence des taraudsconiques allongés et équarris à la lime, et affûtés aprèsla trempe sur la pierre à l’huile, afin de bien couper lamatière et de 11 e pas la refouler.
Le trou \ se fait avec un taraud conique, il estplus grand en dessous qu’en dessus ; le second trou Aavec un taraud cylindrique un peu moins fort quele dessus du premier trou.
Quand les trous sont taraudés, on fait à la limedans les filets les dégagements, dont nous étudie-rons plus tard le but et la forme; on n’en fait pointaux petits trous, non qu’ils soient inutiles, mais parcequ’on trouve peu de limes pour passer dans ces petitsdiamètres. Les dégagements faits, on repasse les ta-rauds dans les trous, et on procède à l’opération de latrempe.
Il est difficile de tremper une filière sans la gauchir,surtout si on a employé dans sa fabrication de latôle d’acier; car l’acier laminé gauchit beaucoup plusque l’acier martelé et récroui à froid. Pour tempérerl’action de l’eau, on l’emploie tiède, ou on répand unpeu d’huile à sa superficie; on entre la filière par la
filières à une dimension dix on douze fois plus grandeque nature, et avec un plus grand nombre de filetsqu’on n’en emploie ordinairement. La figure 8S6 estune filière cylindrique destinée à finir les vis; la fi-gure 887 une filière conique qui commence les vis etleur donne entrée à la filière cylindrique.
Dans ces dessins, nous ne supposons que deux dégage-ments à chaque trou, comme en B, fig. 885, etc. La -,coupe passe par ces dégagements, et on voit en arrière !une moitié de la filière; les grandes lignes AB, repré-sentent la grosseur de la vis à tarauder. En supposantque la matière ne soit jamais refoulée, cette grosseurest alors égale à la profondeur des filets inférieurs.
Supposons maintenant qu’on introduise le cylindreAB à fileter dans la filière 887, il sera attaqué en a, etle premier filet s’y incrustera d’une quantité égale aupetit triangle a. En tournant d’un demi-tour, la partieattaquée se mouvra, suivant la ligne inclinée a 6, sansrencontrer un dégagement; et une fois arrivée en 6,elle se sera agrandie, et le métal se sera nécessairementrefoulé d’une quantité égale à la différence de surfacedes petits triangles b et a. Cette différence est d’autantplus grande que la ligne a b est plus longue. Ainsi, s’iln’y avait pas de dégagement eu b, et que la partie atta-quée par la pointe a dût faire un tour entier et arriveren c, elle serait refoulée de toute la différence qui existeentre le triangle c et le triangle a. Une fois arrivéeen b, la portion attaquée par le filet ob entre dans ledégagement c, et le biseau formé dans le cylindre ten-dant à se resserrer, en vertu de l’élasticité de la ma-tière, est coupé par la pointe b, que l’on ne voit pas sur.