FILIÈRES.
FILIÈRES.
Quand les coussinets sont forgés, on les ajuste dansle cadre de la filière et on s’occupe du soin de fileter; onemploie à cet effet des tarauds ad hoc nommés mères.Le filetage sc fait d’ordinaire après qu’on a-pratiqué ledégagement du fond ; d’autres fois cependant on fait lesdégagements après le filetage. L’opération de la trempeet du revient ne présentant aucune particularité nous nenous y arrêterons pas.
Forme des coussinets. On a d’abord adopté la formesemi-circulaire représentée dans la fig. 890; mais cetteforme présentedesdésav antages qu’ilfaut signaler. Elledonne beaucoup«le peine pour lefiletage et astreinta 11 e fileter que desdiamètres identi-ques avec celui dela mère. Soit G lecylindre à fileter,son diamètre doitêtre égal à celuidu cercle BB quireprésente le fond des filets de la filière. Au commen-cement de l’opération la filière étant pressée contre lecylindre y pénètre de la quantité AOO’, et le cylindretournant dans le sens de la flèche ne quitte la filièrequ’après avoir attaqué en O; il n’est donc nullementguidé dans son mouvement descensionnel et les traitsqui s’impriment sur le cylindre ont une inclinaison quidépend de la pression qu’on exerce sur la filière. Ilspeuvent donc ne plus correspondre une fois qu’on atourné d’un tour entier.
Il n’en est pas de même quand on emploie la filièreindiquée figure 889. La partie attaquée dès le commen-cement de l’actionreste dans la filière surtoute la longueur AA’,et le cylindre G estobligé de descendre ensuivant l’inclinaisondes filets de cette fi-lière. Ily a ainsi avan-tage à employer la fi-lière (fig. 889). Elleest plus facile a con-duire et exige moinsd’attention de la partde l’ouvrier.
Il faut le plus possible ne fileter que des boulons quiaient même diamètre que la mère qui a formé les cous-sinets; quand ils sont beaucoup plus gros, le passe dou-ble souvent, parce que les filets de la filière étant plusinclinés que ne doivent l’être ceux du boulon, la partiecoupante d’un filet atteint la partie coupée par le filetinférieur avant que la filière ait fait un tour entier, sielle l’atteint au bout d’un demi-tour le pas est doublé.Pour le comprendre, il faut ici faire attention que lafilière trace sur le boulon des traits qui ont à peu prèsla même inclinaison que ses filets. Quand la différenceentre le boulon et la mère est peu considérable, les par-ties coupantes ne rentrent dans les filets inférieurs qu’unpeu avant le tour entier et le pas ne peut se doubler.
Dans ce cas, il arrive que les écuelles ou vides duboulon obtenu sont plus grands que les pleins, parceque le filet de la filière étant plus incliné que celui duboulon, ne coïncide pas avec lui et doit par conséquentagrandir l’écuclle pour pouvoir s’y loger. Cette diffé-rence de dimension entre le filet de la filière et l’écuelledu boulon est d’autant plus faible que les pas de la fi -lière embrassent une moins grande partie de sa circon-férence.
Si le diamètre du boulon est plus petit que celui dela mère, il n’y a que le fond de la partie filetée quiopère, ce fond étant occupé par le dégagement, il n’ya que très peu de contact, etil est presque impossible demaintenir la filière dans une position absolument ho-rizontale; ou refoule la matière au lieu de la couper eton fait souvent un pas double par une raison analogueà celle que nous avons donnée pour le cas du boulonplus grand que la mère; seulement les parties coupan-tes ne rentrent dans les parties coupées inférieures qu’aubout de deux tours de la filière; on produit en tous casun pas mâché irrégulier, souvent on tourne sans fin eton ne produit plus l’hélice. Il vaut donc mieux que lesboulons à fileter soient plus gros que plus petits quela mère, mais nous le répétons plus la différence serafaible et plus les résultats obtenus seront parfaits.
Le coussinet représenté dans la figure 889 est d’uneforme très avantageuse, il peut êtrefacilement repassé à la meule circu-laire, on lui a donné quelquefois laforme (fig. 891), les angles sont plusvifs et coupent avec plus de facilité,mais si on filète des vis de petit diamètre, les tranchants peuvent s’ap-puyer l’un sur l’autre et s’écraser
réciproquement.
On pratique des dégagements sur le fond des cous-sinets, fig. 891 ; ils servent d'issue à la limaille, quisans eux s’amasserait facilement dans les filets. Le mé-tal, comme on peut le voir dans les fig. 889 et 890, n’estcoupé qu’en A et A’ : en A quand on tourne dans le sensde la flèche, et que la filière descend le long du boulon ;en A’quand on tourne en sens inverse, et qu’on fait re-monter la filière après avoir resserré la vis de pres-sion.
Après avoir parlé de la forme des coussinets, il nousreste à parler des variations qui existent dans celle dufui. Le plus souvent elles n’ont pour hase que le capricedu fabricant : aussi ne donnerons-nous la descriptionque de quelques-unes des filières le pjus généralementrépandues. Les filières de la forme indiquée, fig. 888,ne sont employées maintenant que pour de petits dia-mètres, et l’usage de la filière à une seule paire de cous-sinets prend de jour en jour plus de développement.
Formes diverses du fui. La fig. 892 représente une fi-lière double.'La direction de la coulisse où sont situésles coussinets n’est plus parallèle, mais bien perpen-diculaire aux leviers ZZ. Les deux coussinets se rap-prochent au moyen do vis G, G, et on ne court plusrisque de les desserrer en tournant les leviers, commedans la fig. 888. La fig. 893 est une coupe du cadrede la filière; deux rainures, ii, régnent dans le sensde sa longueur sur sa partie intérieure, et servent deguide aux coussinets, qui s’y ajustent au moyen dedeux languettes /;, que l’on voit dans la fig. 894,qui représente un des coussinets vu à part. Deuxentailles, A et A’, sont pratiquées dans le cadre etdescendent jusqu’aux rainures i. Les languettes /», quisont discontinues en o, entrent dans cette entaille, et onintroduit par ce moyen le coussinet dans les rainures ducadre. On ne fait quelquefois qu’une seule entaille dela largeur du coussinet, mais cela a un inconvénient ■.si la filière est très ouverte, le coussinet n’est pas main-tenu, tandis qu’en laissant un épaulement, g , entre lesdeux entailles il est impossible que le coussinet sorte,pour peu qu’on serre la vis de pression. On fait toujoursl'entaille A plus grande que celle A’, afin que lorsque leplein k du coussinet vient à passer devant l’entaille t»,il ne puisse s’échapper ou ballotter, ce qui pourrait fortbien arriver si les entailles étaient de même largeur.
Les visC,C, sont forces de deux trous en croix danslesquels on passe un levier, au moyen duquel on les faittourner pour resserrer les coussinets, toutes les fois