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de sable ; elles ont toutes donné constamment une eautrès claire et très limpide. »

Ces laits démontrent suffisamment qu’Amy doit êtreconsidéré comme le véritable créateur des fontaines fil-trantes domestiques en France .

Duchcsnc, dans son dictionnaire de l’industrie pu-blié en 1600, a signalé les inconvénients du plomb etdusable employés dans les fontaines filtrantes : « C’estpour y remédier, dit-il, que l’on a imaginé des fontai-nes de pierres filtrantes; ces fontaines sont de pierresde liais , rondes on carrées, jointes ensemble par unmastic impénétrable à l’eau, et peintes extérieure-ment à l’huile en forme de granit ou de porphyre.Elles contiennent plus ou moins d’eau suivant leurgrandeur. Au lieu de sable ou d'éponge, on con-struit intérieurement et au fond de la fontaine unepetite chambre plus ou moins grande et bien mastiquée,avec trois à quatre pierres de 27 millim. d’épaisseur,dressées de champ, pouvant contenir à peu près deuxà trois pintes d’eau. Ces pierres filtrantes viennent dePicardie ; on leur donne le nom de Ycryicr. C’est en pas-sant à travers ces pierres que l’eau versée dans la fon-taine filtre et s’épure ; et de sale et bourbeuse qu’elleétait, elle eu sort claire et limpide, par un robinet quipénètre dans cette chambre fermée, dans laquelle entreun tuyau mastiqué qui, venant aboutir au haut de lafontaine, sert à donner de l’air à l’intérieur de lachambre ou réservoir et facilite l’écoulement de l’eau.A peu près tous les trois mois, et lorsqne les poresde la pierre filtrante sont bouchés par la bourbe etlos saletés de l’eau, on ratisse la pierre avec un ra-cloir, et on lave. C’est afin que la pierre qui couvre lapetite chambre s’encroûte moins, qu’elle est posée enforme de toit. »

Ces dispositions ont été améliorées de diverses ma-nières. Nous citerons seulement la suivante, sur la-quelle un rapport a été fait à la Société d’encou-ragement, en 1831. C’est la fontaine filtrante destinéeaux usages domestiques, par M. Lelogé, et que l’auteurnomme filtre ascendant ou fontaine à pression continueet à eau ascendante filtrant par le charbon et la pierreporeuse. (Voirie Èulletin , tome XXX, p. 171.)

Cette fontaine est divisée sur sa hauteur en quatreparties inégales, celle supérieure étaut à elle seule àpeu près égale aux trois autres.

Cette partie supérieure est destinée à recevoir l’eauà filtrer ; le fond est formé par une pierre non filtranteà l’angle de laquelle se trouve un orifice communiquantpar un canal vertical ou un tuyau à la partie inférieure,laquelle forme un premier réservoir de peu de hauteur,où l’eau opère un premier dépôt qui peut, de temps àautre, être retiré par un tampon mobile pratiqué à ceteffet dans le fond de ce premier réservoir, qui est enmême temps le fond de toute la fontaine.

L’espace compris entre ce réservoir et les partiessupérieures est divisé en deux autres réservoirs ; celuiinférieur est séparé d’abord du réservoir précédent parune pierre percée de trous, et il est de plus rempli decharbon.

Enfin ce deuxième réservoir est séparé du troisièmepar une pierre filtrante.

Par cette disposition, l’eau arrive dans le premierréservoir, après y avoir opéré un premier dépôt,pressée par celle que contientla partie supérieure, elle estforcée de filtrer par ascension , d’abord àu travers ducharbon que contient le deuxième réservoir, et enfinau travers du filtre qui le sépare du troisième.

En 1791, James Peacok prit un brevet d’inventionen Angleterre pour un appareil à filtrer par descensionet asccns-on de l’eau à travers le sable et le gracier. Cetappareil se compose, î u d’un grand réservoir d’eauplacé à une hauteur convenable; 2“ d’une caisse ferméeplacée au-dessous et remplie de gravier ou de sable lavé

ou d’un mélange de charbon et de carbonate calcairelorsqu’il s’agit de désinfecter l’eau. L’opération de lafiltration s’effectue ainsi :

L’eau contenue dans le grand réservoir supérieur,descend au moyen d'un tuyau dans le fond de la caisseinférieure ; elle se filtre par ascension à travers le gra-vier ou le charbon, et sort, en descendant par untuyau fixé à la partie supérieure de la caisse inférieure.On nettoie ce filtre au moyen d'une pompe aspirante etfoulante. On aspire ainsi de l’eau pure ou filtrée quis’écoule dans un troisième réservoir ; on la fait remonter en la refoulant à travers la caisse remplie de gra-\ier. L'eau ainsi refoulée, chasse devant elle et charrietout le limon ou la vase déposée dans le gravier. Cettevase sort ensuite par le meme tuyau d’écoulement del’eau filtrée, et tombe dans une auge placée au-dessous.(Voir fa description et la figure publiées dans le tom. XIIIdes Annales des arts et manufactures, page 303).

En 1800, MM. Smith, Cucliet et Montfort prirentle premier brevet en France pour un appareil de filtra-tion. Cet appareil, auquel les inventeurs ont donné lenom de filtre-inaltérable , tiré des troi' règnes de la na-ture, n’est, à vrai dire, que la réunion ou l’applicationdes procédés décrits déjà par Amy, Collier. Lowitz (1)et Peacock. M. Smith, cependant, a réclamé dans lesjournaux de l’époque la priorité de l’invention. (Voirles AîmaJrs des arts et manufactures , tomeXHI, p. 288,vol. Il des Brevets).

Le même volume fait mention des procédés em-ployés à Brest \ers la même époque par Barry pourdésinfecter et purifier l’eau la plus corrompue , aumoyen de plusieurs couches de sable, de grès et decharbon pulvérisés et comprimés entre deux disques enbois percés comme une écumoire. M. Barry avait aussiimaginé d’employer, comme moyens de filtration, unegrosse toile de laine ou d’étamine, et une toile dou-ble de crin, et des petits paquets de bois cloués à l’in-térieur du tonneau destiné à faire la clarification. Cesmoyens sont très ingénieusement disposés et utiles àconsulter pour l’histoire de Part.

En 1806, M. Alexandre, de Bordeaux , prit un brevetpour un appareil à filtrer et à clarifier les eaux, au-quel il a donné le nom de fillre-bcrdelais. Le principede son procédé est la capillarité, et la matière filtranteest le coton disposé en mèches plates. (Voir le tome VIdes Brevets expirés , page 293).

En 1812, M. Paul (le Genève inventa un filtre fondésur la méthode de déplacement.

Ce filtre se compose depltftîeurs cylindres de plomb,faits en forme de manchons, hauts de 00 à 6o centi-mètres au plus sur 16 centimètres de diamètre. Ils sontfermés par le haut avec un couvercle qui entre à forceet bouche hermétiquement. Ces cylindres, dont on peutporter le nombre à douze, quinze ou \ingt, à volonté,sont remplis de sable jusqu’à une certaine hauteur. Lesable repose sur un diaphragme ou crible de plomb quile soutient, et l’empêche de boucher l’orifice inférieurpar où Pair arrive. Tout étant ainsi disposé, on conçoitque Peau qui descend du réservoir par le tuyau entredans le premier cylindre, le traverse, passe dans le se-cond par un autre tuyau, remonte jusqu’au troisièmetuyau, qui la conduit dans le troisième cylindre, où elles’élève jusqu’à un robinet qui sert à la verser dansle bassin ou le réservoir

Quand Peau sort de ce filtre, elle est d’une limpiditéparfaite; et cela doit être, puisque, si Pou emploie dixà douze cylindres, elle se trouve ainsi traverser, par saforce ascendante, 5 à 6 mètres de sable, et il est rare

(I) C’est Lowitz de Saint-Pétersbourg , qui a reconnu etdémontré le premier, en 1790, les propriétés anti-septiquesdu charbon, et les avantages qui résultent de son emploipour purifier Peau corrompue