Band 
A-F.
JPEG-Download
 

FILTRA TIÛX.

HLTRATlOX

peut être adopté comme une méthode définitive etprompte de clarification des eaux en grand. O 11 peutdéduire cette conclusion des expériences et des calculsfaits à Bordeaux par M. Lcupold. Cet ingénieur a con-staté qu’après H) jours de repos absolu, l’eau de laGaronne , prise en temps de crue, ne serait pas revenueà sa limpidité naturelle. 11 a reconnu qu’au commen-cement les plus grosses matières se précipitent trèsvite, et que les plus fines descendent avec une exces-sive lenteur. M. Arago en critiquant la méthode de fil-tration eu grand par le repos, fait remarquer que danscertaines localités, et surtout dans certaines saisons,des eaux exposées en plein air, et qui resteraient im-mobiles, stagnantes pendant 8 à 10 jours consécutifs,contracteraient un mauvais goût, soit à cause de laputréfaction des insectes sans nombre qui y tombe-raient de l’atmosphère, soit à cause des phénomènes<le végétation dont la surface deviendrait le siège.C’est précisément ce qui eut lieu à Toulouse en 1823,dans le commencement de l’établissement des fontainespubliques.

Il faut donc avoir recours à une autre méthode plusexpéditive et surtout plus sure.

Un savant étranger avait proposé, vers le milieu duxvm e siècle , de jeter une certaine quantité d’alundans l’eau trouble, afin de rendre presque instantanéela précipitation des matières terreuses tenues en sus-pension. Ce moyen employé en France par M. Darcetpère, pour clarifier l’eau de la Seine , a parfaitementréussi ; M. Félix Darcet fils en a fait, dit-il, un usagetrès satisfaisant en Egypte . Voici la manière qu’il in-dique pour clarifier les eaux du Xi : « avec ()",o0 d’a-lun par litre d’eau trouble, je produisais au bout d’uneheure une clarification complète, et l’eau devenait d’unelimpidité entière; 0%25 d’alun produisaient le memeeffet, mais au bout d’un temps un peu long. L’emploide l’alun ne pouvait donner aucune inquiétude pour lasanté; car 1/4 gramme ou mCnne 1/2 gramme d’alunpar litre d’eau sont des quantités si petites qu’on pou-vait bien regarder leur influence comme tout à faitnulle. D’ailleurs, dans ce mode de clarification, l’alunn’agit qu’en se décomposant. L’excès d’acide qui s’ytrouve est saturé par le carbonate ou le bi-carbonatede chaux contenu dans l’eau, et ce n’est qu’en passantà l’état de sous-sulfate ou d’alun alumine insoluble,qu’il précipite et entraîne mécaniquement les particulesterreuses en suspension. Il est préférable, dans ce procédé,d’employer l’alun en gros morceaux ; voici comment ondoit opérer : on prend un gros cristal d’alun, on l’attacheau bout d’un fil et on le promène en tous sens dansl’eau, en l’y plongeant très peu, et en ne l’y laissant quejusqu’à l’apparition de flocons volumineux; alors ilfaut retirer le morceau d’alun, afin de n’employer quela quantité convenable de ce sel. La formation du pré-cipité est un signe certain que la dose d’alun nécessairea été dissoute.

« Si l’on veut se servir d’alun en poudre, afin de doserjuste avec plus de facilité, il fout le réduire en poudretrès fine, en peser la dose dont on a besoin et en sau-poudrer la surface de l’eau, en évitant d’agiter forte-ment le liquide après l’addition de ce sel.

« On peut encore foire dissoudre. dans un petit volumed’eau claire, la dose d’alun qu’on doit employer, et ver-ser cette dissolution d’alun sur l’eau trouble qu’on veutclarifier. En agitant légèrement la surface de cette eauaprès le mélange et en laissant reposer, elle se cla-rifie promptement et prend même une grande lim-pidité.

« Le dépôt que donne Paliiu augmente en poids bienau-delà des limites indiquées, proportionnellement à laquantité du sel employé. Le dosage indiqué de 1/4 etmême de 1/2 gramme d’alun par litre d’eau pourraitdonc être augmenté sans inconvénient. Les expériences

ont été faites en Egypte avec du l’alun à base de po-tasse ; mais je pense qu’en se servant d’alun à based'ammoniaque les résultats seraient exactement lusmêmes. Extrait du Hulletm de la Société d'encourage-ment, tom. XXIV, pag. 421). »

Tout en reconnaissant l’efficacité de l’emploi do l’a-lun pour clarifier les eaux, nous dirons cependantavec le savant M. Arago, que « La théorie de "cette opé-ration n’est pas assez certaine pour qu’on puisse affir -mer que le même effet aurait lieu indistinctementavec le limon de toutes les rivières. Le doute, à cetégard, semble d’autant plus permis que la clarifica-tion par l’alun n’est pas toujours complète; que cer-taines matières très fines échappent à l’action de cesel, restent en suspension dans le liquide ut le rendentencore louche. S’il est vrai que l'eau, après avoir étéalunéc ait besoin de subir une filtration ordinaire, onconcevra aisément pourquoi l’emploi de l’alun, commemoyen de clarification , n'est pas devenu général. D’ail-leurs le prix de ce sel ajouterait à celui de l’eau filtrée,et l’augmentation ne serait peut-être pas à dédaignerdans un système d’opération exécuté en grand. Ce quiforme, au reste, contre ce procédé, une objection plussérieuse, c’est qu’il altère la pureté chimique de l’eaude rivière, c’est qu’il y introduit un sel qu’elle no con-tenait pas, c’est qu’en supposant ce sel entièrementinactif dans certaines proportions, les consommateurspeuvent craindre qu’un jour sur 100, sur *200, sur 1000,si l’on veut, ces proportions soient notablement dépas-sées; car il suffirait pour cela de la négligence, de l’er-reur d'un ouvrier. »

L’idée de clarifier les eaux bonnes à boire, au moyende la poudre d’alun, ou de tout autre agent chimique,est donc complètement abandonnée aujourd'hui, et nesaurait être utile que dans quelques cas spéciaux, 'fou-tes les idées des ingénieurs et praticiens sont dirigéesvers l’emploi des matières inertes; l'invention ou plutôtle perfectionnement des procédés de filtration consistedans la manière de construire les appareils, d'agenceret de disposer les matières filtrantes déjà connues, afind’obtenir une filtration prompte, régulière, et surtoutune grande économie de main d’œuvre.

Filtres domestiques Nous avons déjà dit que les Japo-nais et les Egyptiens ont fait usage depuis longtemps,pour clarifier l’eau, de vases faits avec des terres po-reuses ou des grès. Mais il est un fait avéré, c’estque la fragilité des fontaines filtrantes en terre fitimaginer, au commencement du xviii 0 siècle, cellesdo cuivre étamé garnies intérieurement d’une coucheassez épaisse de sable. On remarqua bientôt que cesfontaines ne préservaient pas de tout danger. Les éta-mages, même faits avec soin, n’empêchaient pas à lalongue le vert-de-gris de se former. Ces inconvénients fi-rent donc abandonner les fontaines de cuivre étamépour d’autres de cuivre ou de bois, revêtues intérieure-ment de plomb laminé.

En 1745, M. Amy présenta à l’Académie des sciences de Paris une machine à filtrer l’eau, dans laquelle deséponges servaient de filtres. Les vaisseaux étaient con-struits en bois ou en terre, ce qui en rendait le prix trèsmodique.

A ce moyen de filtration, succédèrent les fontainesfiltrantes du même auteur. D’abord , il so serv it docoffres de bois revêtus entièrement de plomb laminé,et divisés par compartiments dans lesquels l'eau passesuccessivement à travers le sable et des éponges.Il employa les vases de terre, de verre, de grès qu'ilgarnit de matières filtrantes différentes ; et ie célèbrephysicien Réaumur a attesté le fait dans un certificat endate du 29 juillet 1749. « J’en ai eu, dit-il, plusieurs et àla fois, dont chacune avait été garnie par lui-mêmed’un filtre différent, les unes d’éponges, les autres decoton, les autres de laine, les autres de soie et les autres