FILTRATION
FILTRATION.
n Les matières employées dans le filtre des BainsChinois étaient le grès eu poudre et le charbon pilé. Legrès était placé vers la circonférence et le charbon dansl’intérieur. On tassait ces deux matières à l’aide demaillets, de manière à en faire comme deux pierres ayantdes pores d’un petit diamètre, llien 11 ’était plus facile quele nettoyage et le service de ce filtre dont on renouve-lait assez souvent les matières. Les auteurs de cet appa-reil avaient préféré le grès en poudre au sable de rivièreemployé par M. Fonvielle, à cause des aspérités mêmesde ce grès ainsi concassé.
« L’expérience a montré qu’un filtre des Bains C'iiinois de 1 mètre de diamètre donnait, sous la pressionde 15 mètres, lüü litres d’eau filtrée par minute {lievueaaentifique, lévrier 1842, pag. 320).w
FtUre-Souchon (brevet de quinze ans, délivré le8 mai 1839). L’appareil établi par M. Souchon dans lepavillon de la pompe Notre-Dame , se compose de deuxparties essentielles : ledégraisscur et le filtre proprementdit. Le premier se compose de cinq cases en bois deO'",80 de côté, sur 0"’, 40 de hauteur. Dans chaque casei\ 0"',09 du fond, est un tasseau sur lequel porte unchâssis garni d’un tissu de toile.
L’eau, reçue d’abord dans un chenal commun, pé-nètre dans la partie inférieure des caisses et passe à tra-vers le diaphragme en filtrant, de bas en haut, et sousune pression de 0"’,lo ; elle s’y dépouille des matièressédimenteuses les plus grossières qu’elle tient en sus-pension. On rejette de temps à autre l’eau qui occupe letond des cases, et l’on détache avec de l’eau et un ba-lai les impuretés qui sont attachées aux cadres d’élotie.
Le filtre qui reçoit les eaux au sortir du dégraisseurqu’on vient de décrire, se compose de cinq cases en boisde 2"yl0 de long, sur Ü”',8Ude large et U'",90 de pro-fondeur. Chaque case est indépendante des autres etpeut se nettoyer séparément. Au fond de chaque caseest l’ouverture par laquelle s’écoule l’eau, (pii doit,après le filtrage, passer dans le réservoir de l’établisse-ment, et de là dans les tuyaux do distribution. Sur lefond de chaque case sont fixéesdes barres de bois échan-gées par dessous, espacées entre elles, et qui laissentun vide dans lequel l’eau peut circuler librement ; c’estsur ces barres et sur des tasseaux fixés sur les côtés,que repose le filtre proprement dit.
Cliaquo filtre se compose de plusieurs couches delaine retenues dans des compartiments distincts, ten-dues sur une serge, dont le compartiment d’en bas estun cadre métallique et reposant également sur un gril-lage métallique. Le premier de ces deux cadres s’ajusteexactement à la forme de la case, et ses bords sont gar-nis de lisière, pour que l’eau ne puisse passer entre lecadre et les parois. C’est sur cette serge que repose lalaine. Au-dessus de cette serge est un grillage métalli-que, sur le cadre duquel porte un autre cadre en fontetrès pesant. Une vis de pression permet de serrer forte-ment tout cet assemblage, et de maintenir le filtre delaine. Au-dessus dece compartiment en est unsecond,organisé de la même manière, et contenant une couchede laine également épaisse, également comprimée. Lesautres couches de laine, placées au-dessus des deux pre-mières, contiennent trois fois moins de matières quecelle-ci, et ne sont pas comprimées. Le nombre de cescouches flottantes varie suivant l’état de l’eau. En été,trois couches flottantes suffisent ; en hiver, il en faut jusqu’à cinq quand les eaux sont très limoneuses.
Le filtrage de l’eau à travers cet appareil a lieu sousune pression de O",55. L’eau reçue par le haut sorttout à fait limpide par la partie inférieure.
En été, chaque filtre peut fonctionner utilement pen-dant dix heures. Alors il est trop sale ; il faut le net-toyer.
(Juaud les eaux sont très troubles, en hiver, par
exemple, le filtre ne peut servir que quatre bornes desuite.
Le filtre ainsi engorgé par les matières qui étaienten suspension dans l’eau qu’il a arrêtées, ne laisse pluspasser que les doux tiers de son premier débit.
Four nettoyer le filtre, ou enlève la couche flottantesupérieure, qui est obstruée de terre, et on recommencela filtration.
Un peu plus tard, quand le filtrage est encore réduitaux deux tiers, on enlève une nouvelle couche. On ar-rive successivement jusqu’aux couches du fond; alorson replace do nouvelles couches de laine flottante, puis,après un nouveau filtrage, on les enlève à leur tourl’une après l’autre, pour les remplacer do même.
Le filtrage peut se maintenir dans un état convenable,par ce seul changement des couches flottantes, pendantcinq jours de travail en été, et pendant trois ou quatreen hiver. Alors seulement il faut renouveler les couchesdu fond. 11 faut dix minutes pour enlever une coucheflottante ; une heure pour renouveler le filtre en son entier.
Cinq filtres fonctionnent dans le pavillon Notre-Dame ; on n’en renouvelle qu’un à la fois.
La surface des filtres est de 8 mètres. Le filtrage estde 1,300 litres d’eau par minute, quand il y a peu delimon.
La laine salie par le filtrage est lavée à l’eau, puisemployée de nouveau. De temps à autre il faut la dé-graisser de nouveau. Cette laine, après quelques moisd’usage, devient jaunâtre, alors même qu’elle a étéblanche au commencement. De douce qu’oll ; était autoucher, elle devient rugueuse, et chaque brin paraitcomme écorché.
Cette même laine, changée par un aussi long emploi,laisse filtrer l’eau avec moins do rapidité et se tasse da-vantage; maison corrige ce défaut en donnant au filtremoins d’épaisseur.
Connu > le filtrage et le lavage entraînent toujours unpeu de lame, il faut à la longue réparer ces pertes parune failde addition de laine neuve, qui améliore l’état dufiltre. Jamais on ne jette à dessein ou on ne met au re-but la plus petite portion de cette masse filtrante.
La liecue srientifique (n° de mars 1842) a résumé as-sez longuement les observations et les expériences faitespar les commissaires nommés par l’Académie de méde-cine , par MM. Bayard et Gautier dcClaubry, sur les pro-priétés réelles de la laine tontissc employée commematière filtrante. Suivant l’auteui de l’article de cejournal : « Ce qui fait la supériorité des filtres hlaine sur les filtres à charbon, c’est non seulementla qualité des eaux obtenues, la rapidité du filtrage,le bon marché, mais encore la rapidité et la facilitédu nettoyage des filtres. La présence d’une plus grandequantité do limon en hiver est sans doute gênante, ence au’elle rend ce filtrage plus paresseux, en ce qu’elledemande -ies couches flottantes de laine plus nombreu-ses : mais elle compense une partie des inconvénients enrendant plus facile le nettoyage des filtres. Le limonaide, en elfet, au dégraissage de la laine. »
Il faut reconnaître, toutefois, que l’emploi de la lainepour filtrer l’eau est fort ancien ; Strabon lui-mêmelaisse à entendre que certains peuples de l’AsieMineurese servaient d’une peau de mouton non dégraissée pourfiltrer l’eau bourbeuse. Ce qui est vrai, incontestable,c’est que Amy a employé la laine, en 1749, dans laconfection de ses filtres domestiques. M. Souchon achangé et perfectionné sans doute la manière de seservir de la laine, de la disposer dans les filtres;mais il est équitable de rappeler les emplois antérieursde cette substance pour filtrer. M. Chevallier citeaussi dans son journal des Connaismnccs nccssares tLSil, page 5fi2, M. Dictrich, qui a imaginé de fairepasser l’eau il travers deux masses de foutre épais>cs de