FiLTRATIOX.
HLTRATION.
dans un entonnoir Je verre, Je cuivre, ou d’étain,beaucoup plus grand, et ou la suspend sur un cercle enfer, lequel est fixé a un support en bois ou le long de lamuraille du laboratoire ; on laremplit de pâte û papier ,mélangée avec la liqueur à filtrer, et on b isse reposerle mélange pendant un certain temps, ci* ayant soin deplacer un vase convenable sous î’entonnoir. Bientôt laliqueur suinte à travers les mailles du tissu et descendlentement jusque vers ïa pointe de la chausse, où ellel’orme un filet mince qui s’écoule dans le vase placé audessous. Si ce filet ne coule pas avec continuité, le tissuétant trop serré, eu égard à la consistance de la liqueur,celle-ci n’en sera, il est vrai, que mieux filtrée, maisl’opération sera fort longue ; elle pourra meme s'arrêteravant que la chausse ne soitvidc. Si, au contraire, le filetest trop abondant, ce sera une preu\e que le tissu esttrop biche, et la liqueur ne s’éclaircira qu’imparfai-tcnuMit.
Si la liqueur, bien que filtrant à travers une étoffeconvenable, paraît louche au premier abord, on attendraqu’elle coule parfaitement claire, pour reverser dans lachausse ce qui aura passé en premier lieu. Cela fait, oncouvrira l’appareil, et on n’aura plus à s’en occuper, sice n’est pour le remplir quand il sera vide, et changerle récipient quand celui-ci sera plein.
La quantité de liqueur que peut filtrer en une jour-née une chausse de capacité connue, est subordonnéenon seulement à la qualité de son tissu, mais encore àla consistance de la liqueur, à sa température, à cellede l'atmosphère, et à une foule de circonstances impré-vues : cette opération est généralement longue.
Quelquefois mémo la libration ne suffit pas pour ob-tenir lu parfaite clarification des liqueurs; il en estplusieurs auxquelles on est obligé d’ajouter diversessubstances propres à séparer et à précipiter les matièresqui en troublent la transparence, ou à les envelopper,pour les retenir, tandisque la liqueur passe à travers lespores du libre. Quelques personnes emploient la pâteil amande, d’apres les conseils de AI. Pemachy, maiscette dernière matière absorbe en pure perte une portionconsidérable de liqueur, et ne remplit qu’imparfaite-ment le but proposé. Le collage au blanc ou à la collede poisson, c>t préférable à tous les autres moyens.
Nous avons dit plus haut qu’on mettait la chaussedans un entonnoir de verre, et qu’on la couvrait ensuite.Cette précaution est nécessaire, afin d’éviter l’évapora-tion plus ou moins abondante des principes alcooliquesou aromatiques, surtout si la liqueur est chaude. Sila chausse n’était pas couverte, l'air absorberait unecertaine portion de l'humidité, à mesure que la liqueurpasserait ; la partie sirupeuse s’épaissirait et se dépose-rait sur la surface extérieure de la chausse, où elle for-merait un enduit qui finirait par obstruer les porcs, ensorte (pie, d’une part, les principes les plus volatils s’é-Miporeraient, et que de l'autre, ht filtration s’aii ôteraittout a fait si la liqueur était très épaisse, ou que la* chausse travaillât depuis b ngtemps.
Quand l’opération delà fibration est finie, on rincela chausse à grande eau, on la presse entre les mains,sans la tordre, après l’avoir retournée, }K>ur en fairesortir tout le sirop et les impuretés dont elle est imprégnée, et on la fait sécher promptement. On ne doit ja-mais savonner ni lessiver les chausses, dans la crainteuc leur faire prendre un mauvais goût.
11 ne faut pas croire, toutefois, que la filtration aitFeulement pour effet d’éclaircir les liqueurs; elle mo-difie aussi, d’une manière très sensible, leur qualité;soit en bien, soit en mal, selon la manière dont elle aété faite, sans parler des qualités particulières qu’ellespeuvent en outre emprunter des substances auxiliairesque l'on ajoute quelquefois pour les clarifier.
On sentira aisément la raison de ces changements, sien se rappelle, d’une paît, que la filtration dissipe une
j portion des principes les pins volatils et si. .l’au-tre part, oti réfléchit aux rapprochements plus im-médiats aux combinaisons plus intimes qui doivents’opérer entre les divers éléments de la liqueur, en pas-sant à travers cette multitude de libères qui les forcent,use diviser, à se subdiviser, à se rapprocher et à semêler, pour ne former qu’un tout homogène.
Aussi, lorsque l’on examine la liqueur attentivementavant et après la filtration, on est quelquefois toutétonné des différences que l’effet seul de cette opérationa fait naître clans la saveur, dans le parfum et dans lanuance. Par ce motif, il convient donc de ne filtrer uneliqueur que lorsque la confection est terminée , et d’at-tendre même que quelques jours de digestion lui aientdonné ce degré de perfection qu’elle n’a jamais au mo-ment du mélange. Il convient en outre de filtrer la liqueura froid, et de ne point la laisser exposée à l'air.
On peut aussi filtrer les sirops a travers 1a chausse,au moyen du charbon pilé et d’autres matières (voyezsuckj:), mais les cuisiniers, les confiseurs et les phar-maciens préfèrent deux autres méthodes, pour les gran-des filtrations, soit en attachant des étoffes de toile oude laine sur les ouvertures des vaisseaux convenables,soit en les fixant et les tendant lâchement sur un châssis,appelé carrelet , garni de pointes, et faisant les fonctionsde cercle de tamis
FlLTltATION DES PRODUITS CHIMIQUES.
Kn chimie et en pharmacie, on distingue deux modesde filtration ; premièrement, la filtration dans laquellele liquide seul est la partie utile connue cela arrive, parexemple, dans les décoctions ou infusions végétales;secondement, la filtration dans laquelle le liquide estinutile, et sert, lopins souvent, comme dissolvant, soitpour opérer le lavage des corps solides, soit pour faci-liter la séparation des substances principales connuessous le nom de précip tes.
Les instruments qui servent à la filtration sont trèsnombreux. Les principaux sont :
l" Le carrelet, châssis monté sur un pied, garni depointes auxquelles on accroche les bords d’une toile d’untissu très serré, et croisé. 11 sert pour opérer les gran-des filtrations, i’our les infusions, les décoctions, les po-tions purgatives ou médecines, les émulsions qui ne sonttroublées que par des particules fort grossières', en susert d’une etoll'c de laine appelée étamine.
2" La chausse en laine pour filtrer les sirops et li-queurs analogues :
J" Le syplion pour décanter, et la pipette pour amorce rou aspirer les dernières gouttes du liquide que l’on n’apu decanter.
•i° Le verre conique à pied, d’où l’on décante un li-quide pour le séparer du dépôt rassemblé au fonddu verre. On applique le bord de ce verre, en l'in-clinant, contre une baguette de verre verticale quisert à diriger l’objet du liquide dans un vase placé au-dessous.
5° La passoire conique en métal et le tamis pour pas-ser les infusions ou décoctions de matières grossières.
()° Les filtres en papier joseph non collé, pour lesanalyses délicates, et les filtrations d’une faible quantitéde liquide.
7° L’entonnoir en verre, que l’on garnit à volontéde coton cardé, de chanvre tillé, de laine, de sable lavé,de charbon de bois concassé, ou de verre pilé, pour li-queurs acides.
8” l es appareils clos de MM. Ponavan et KioufTepour filtrer a l’abri du contact de l’air.
Manière de filtrer sur le carrelet. On commence parmouiller la toile, afin de gonfler les fibres et de resserrerle tissu ; on verse, de suite, une grande quantité deliquide à filtrer, que l’on maintient toujours à la mêmehauteur, pour avoir la même pression, et, par cousé-