FILTKATIOX.
K1LTKATIOX.
Lorsque le filtre' est encrassé, on le nettoie en versantbeaucoup d’eau bouillante dessus, et en ouvrant le ro-binet de décharge k pour laisser échapper les impuretés;puis on enlève les corps qui sont restés dans la partiesupérieure d au moyen d’une éponge.
Cela fait, on dévisse le filtre et on l’expose au feujusqu’à ce qu’il soit rouge et qu'il n’en sorte plus defumée. Par ce moyen on brûle et on calcine tout a la foisle charbon et la matière mucilagineuse qu’il retient, etle charbon reprend par suite sa propriété dépurative.
Suivant M. Julia de Fontcnelle, les filtres les plusemployés sont des cuviers dont le fond est percé de trousconiques dans lesquels on passe avec précaution ducoton. Quelquefois on recouvre le fond de ces fibresd’une couche de tourteau d’œillette en poudre ; quandle tourteau se salit, on le change.
On emploie aussi des lits idternatifs. de paille et decharbon ou de paille et de tourteau ; mais ces filtress’engorgent très promptement, et exigent nécessaire-ment des nettoyages fréquents qui occasionnent desdéchets et des pertes de temps.
MM. Grouvelle et Jaunez ont imaginé un appareilen fer-blanc dans lequel ils emploient une couche demousse de 5 centimètres d'épaisseur légèrement tassée,recouverte d’une couche de 15 à 30 millimètres de tour-teau. Ils ont essayé, dit-on, de filtrer soit par la hautepression de l’huile dans des vases en fonte de fer fer-més, soit avec des. pompes foulantes, armées de soupa-pes de sûreté qui renvoyaient l’excès d’huile dans leréservoir et régularisaient la pression, mais il paraîtque les praticicus n’ont point adopté cet appareil, parcequ’il est dillicile à nettoyer.
Le filtre de M. Tard est employé avec succès par plu-sieurs épurateurs pour clarifier les huiles, de noix, decolza, et certaines huiles animales; cependant les huilesd’œillette, de chencvis, etc., et généralement les huilesépaisses qui obstruent les filtres, offrent encore des dif-ficultés à être filtrées par ce système. L’inventeur ex-plique cela,.parce qu’il faut resserrer fortement les ma-tières filtrantes pour que L’huile trop fluide ne puisse letraverser tr.op facilement; voici, du reste, la manièred’opérer :
Préparation des matières. Le dégrossissent* se com-pose (le 1 /4 de pâte à papier sur 3/4 de sciure de hêtre,mélangés ensemble. Ce mélange, mis dans neuf foisson volume d’eau, est coulé dans un moule de 2 à 3 cen-timètres plus grand que l’appareil; lorsque l’eau estégouttée, on égalise avec une batte circulaire, et on faitsécher.
Du filtreur. Le filtrcur se compose de 1/4 de pâtesur 3/4 de noir végétal ou charbon de bois ; on le pré-pare et on le sèche de la même manière que le filtreur.
Du montage de l’appareil. Si les diamètres du filtreuret du dégrossisseur sont trop grands, on se sert d’unerâpe à putn pour les réduire au diamètre convenable,en observant toutefois qu’ils doivent entrer avec force,afin qu’il y ait adhérence parfaite avec le cylindre ; s’ily avait quelques interstices, on les remplît de chanvre oude coton. Comme première couche de dégrossisseur, onmet environ 10 à 12 centimètres de sciure de hêtre oude tremble pour les huiles à bouche, et de sapin pourcelles à brûler. La seconde couche est le dégrossisseurcomposé de pâte et de sciure, et enfin le filtreur. Il fautavoir soin de placer dessous et au-dessus des matièresun canevas ou rond de flanelle, pour qu’elles ne puis-sent s’échapper dans l’opération.
Après la filtration, et lorsqu’on doit changer les ma-tières, on met celles-ci dans l’eau tiède pour en extrairele peu d’huile qu’elles contiennent, et après les avoirlavées convenablement, on peut s’en servir à nouveau.Xous ferons cependant remarquer que ces matières nepeuvent servir que pour épurer des huiles de même na-ture et de même qualité.
Filtrat. ou de l'huile d'olive pour VhorUvjt rie , parM. Laresche. La filtration se fait d’abord dans un tamisde crin et ensuite sur un filtre de papier gris, garni in-térieurement d’une couche de coton assez épaisse, quel’on maintient contre le papier avec trois ou quatre pe-tits cercles bien minces. La filtration doit se faire dansun lieu frais et hors du contact de l’air, en plaçant lesfiltres sous des cloches cie verre ; ensuite l’huile est misedans des bouteilles soigneusement bouchées, qu’on placeà la cave, en les couchant. L’auteur propose de ne pro-céder à la dernière filtration qu’après un mois de reposde l’huile dans les grandes bouteilles qui la contiennent.Cette huile n’étant pas encore assez fluide, il a imaginéde la faire passer à travers des filtres de bois de tilleul.Pour cet effet, il fait débiter en petits billots de 19 cen-timètres de haut sur 1 ! de diamètre, du bois de tilleulvieux et bien sain ; il expose ces billots à l’air pendantplus d’un mois; il prend ceux qui ne sont pas fendus,en fait faire au tour des gobelets coniques, et boucheavec de la cire à cacheter les defauts, s’il s’en trouve ;puis, les place dans scs filtres de verre : il faut ordi-nairement 60 à 64 heures pour qu’un demi-kilogrammed’huile passe. Ce moyen est coûteux, en ce que chaquefiltre ne peut servir qu’une seule fois. Le résidu qu’ontrouve au fond des gobelets est peu considérable et res-semble parfaitement à de l’huile légèrement coagulée.Toute l’opération doit être faite sous verre.
Les fioles dans lesquelles on met l’huile, après la dernière nitration, doivent être très propres etbien sèches;on aura soin de les boucher à mesure qu’on les remplira,de les coiffer avec du parchemin amolli à l’eau, et de lesconserver dans un lieu frais (llulletin de la Société d’eu-couragementy tom. XXVII, p. 61).
Filtration des liqueurs et des sirops. Les liqueurs pré-parées par la fermentation se clarifient d’elles-mêmes,c’est à-dire par le repos. Quant aux autres, on n'a pasencore trouvé de meilleur moyen, pour les avoir lim-pides, que de les filtrer. On emploie le plus généralement une chausse en tissu de laine ou «le coton croisé,un filtre de papier joseph sans colle, ou un entonnoir deverre ou de métal, que l’on remplit à moitié de cotoncardé, de laine tontisse ou de pâte à papier très blanrhe.
Les plus habiles liquoristes se servent de la chausseen tissu de laine, qu’ils garnissent intérieurement depâte à papier. A défaut de cette matière, on prend dupapier blanc sans colle, que l’on broie avec la liqueurelle-même pour en former une pâte très liquide; onajoute ensuite la quantité de liqueur, suffisante pourremplir la chausse, on agite le mélange avec un bûton,et on le verse aussitôt. Dans cette opération, la pâte àpapier s’attache fortement aux parois de la chausse ; elleforme un filtre qui donne les meilleurs résultats et lesproduits les plus soutenus , si l’on choisit toutefoisune chausse d’un tissu convenable. Par exemple, si letissu est trop serré, une liqueur très chargée de sucrene passera pas, ou bien elle passera si lentement que leprincipe spiritueux et aromatique pourra s’évaporer enpartie. Si le tissu est trop lâche, le liquide très fluidepassera sans être clair et limpide. Pour bien faire, ilfaut avoir plusieurs chausses d’étoffes de laine, plus oumoins serrées, selon la densité ou la visquosité de laliqueur. Au reste, le procède de la chausse en laine esttoujours plus expéditif que le coton cardé ou le filtre enpapier seul, parce que la filtration s’opère à travers uncorps plus ou moins poreux, à volonté, moins promptà s’encrasser, et surtout sur une surface bien plusétendue. Le filtre en papier, du reste, est difficile à ma-nier, et très sujet à se rompre.
Lorsqu’on veut se servir d’une chausse, surtout sielle est neuve, il faut la plonger d’abord dans un sirop,chaud ou dans la liqueur froide, pareille à celle que Tonveut filtrer, afin de resserrer ou de boucher les pores dutissu. La chausse étant imbibée de liqueur, on la place