Band 
A-F.
JPEG-Download
 

FLEURS ARTIFICIELLES.

FLEURS ARTIFICIELÏ.ES

au l’y laisse sécher. Alors, avec de lu gomme arabiquetrès légère, on lui donne d’un côté le brillant que doiventavoir les Touilles. On donne le velouté en dessous avecun pinceau trempé dans une eau d’amidon colorée sui-vant la nuance que l’on désire. L’art consiste à saisir ledegré de consistance de l’amidon , et à l’appliquer demanière qu'il ne durcisse pas trop, qu’il ne soit paslisse, enfin qu’il veloute bien. On imite encore bienmieux le velouté des feuilles, lorsqu’il doit être très prononcé, avec de ia tonturc de drap réduite en poussièreline et teinte de couleur convenable. On passe avec lepinceau de la gomme légère, et, lorsqu’elle commence àsécher, on saupoudre avec la tonturc ; quand la gommeest sèche, on secoue pour faire tomber l’excédant detonturc.

Il faut encore donner aux feuilles l’apparence de lanature, et exprimer, dans chacune d’elles, les nervuresqu’elles portent toujours. Pour y parvenir, on se sertde divers instruments qu’on nomme gaufroirs. Chacund’eux est formé de deux pièces : l’une, qui est en fer eta un manche en bois, porte à son extrémité la gravured'un côté de la feuille; l’autre, qui en est la contre-partie, est en cuivre et a des rebords tout autour.On fait chauffer modérément le fer, puis on presse à lufois plusieurs feuilles, qu’on a placées dans le moule decuivre, et on les y laisse quelques instants pour qu’ellesprennent bien la forme.

Les folioles des calices des roses sont apprêtées immé-diatement au sortir de la teinture, afin de leur conser-ver toute la fermeté qu’elles doivent avoir. Pour cela, letaffetas encore mouillé est foulé, pressé dans l’eau d’a-midon coloré, et lorsqu’il est bien imprégné des deuxcôtés, on Retend sur le cadre et on le fait sécher. Letaffetas ainsi préparé et bien sec, on le découpe à l’em-porte-pièce, sur un billot de bois ou sur un plateau deplomb, suivant la forme et la grandeur de la feuille quel’on veut imiter.

On fait les boutons avec du taffetas ou de la peaublanche teints de la-couleur convenable, ou bien qu’onpeint après ; on leur donne la forme qu’ils ont naturel-lement, en les remplissant de coton, de mie de pain oude filasse gommée, et on les lie bien avec de la soie aubout de petits fils de fer.

Les étamines se préparent eu fixant au bout d’unpetit fil de laiton des bouts de soie éoruc eu quantitésuffisante pour former le cœur. Lorsque ces fils sontainsi placés , on les trempe dans de la bonne colle degants, qui leur donne eu se séchant la fermeté né-cessaire. Avant de coller ces fils, ou les coupe tousà la fois d’une longueur égale et convenable à la rose.Lorsqu’ils sont secs, ou humecte légèrement, et tout àla fois le bout de chacun de ces fils, avec une pâte cornposée de gomme arabique et de belle farine de froment ;lorsque les extrémités des fils de soie écrue, qui doiventformer le cœur, sont imprégnées de pâte, on les plongedans un vase rempli de semoule teinte eu jaune par la/erro*wicri/a dissoute dans de l’alcool ; chaque fil prendun grain de semoule, et on laisse bien sécher; c’estainsi que se fait le cœur ou les étamines.

On colle avec de la pâte les folioles, au cœur, par leurpointe; puis on continue à coller des pétales plusgrau s, et de plus en plus grands, au fur et à mesurequ’on s’éloigne du cœur, en les gaufrant avec desbrucelles creuses d’un côté, et imitant la nature autantqu’on le peut. On place ensuite le calice, qui renfermele bout de tous les pétales, et on le colle avec de la pâte.La queue se fait avec un ou plusieurs fils de for, qu’onattache à celui qui porte le cœur. On enveloppe le toutavec plus ou moins de coton filé, selon que la queuedoit grossir ou non, à mesure qu’elle s’éloigne dela Heur, et l’on recouvre le tout de papier serpente teinten vert. Les feuilles se montent de même sur un petit lilde cuivre; on les rassemble comme la nature les présente.

Il nuits reste maintenant à dire quelques mot» descouleurs employées dans la fabrication des Heurs arti-ficielles.

Les couleurs rouges, depuis le pourpre jusqu’au rose,s’obtiennent au moyen du bois de Rrési), du carmin, ducarthame ou rose en tasse, du carmin et de la laque degarance.

Lu meilleure manière de traiter le lois du Jlrésd estde le faire macérer à froid dans l’alcool pendant quel-ques jours. U 11 peu de sel de tartre, de potasse oude >a\on fait passer ccttc couleur au pourpre; un peud’alun donne une laque d’un beau rouge-cramoisi; etun acide quelconque fait passer la couleur au jaune,dont la nuance est d’autant plus foncée que l’acide c>temployé à plus forte dose

Le carmin est meilleur en morceaux qu’en poudre;délayé dans l’eau pure, il donne le rose; un peu de selde tartre le fait passer au rose vif.

Le carmin et la laque de garance se préparent commele carmin ordinaire.

Le carthame se dissout à froid dans l’alcool, la cha-leur le fait passer à l'orangé ainsi que les alcalis. Lesacides en rendent le rouge plus vif et plus pur; on ob-tient une couleur de chair très tendre en rinyant la piècecolorée par le carthame dans une eau légèrement savon-neuse.

Les couleurs bleues se préparent au moyen de l’m-digo ou du bleu de Prusse ; on se >crt souvent aussi desboules de bleu dit anglais délayé dans l’eau.

Un dissout d’abord l'indigo dans de l’acide sulfuriqueconcentré, ou mieux fumant, on étend ensuite d’eau ladissolution, puis on sature l’acide sulfurique en y ajou-tant de la craie en poudre, jusqu’ à ce qu’il ne se produise plus d’effervescence ; on laisse reposer et l’on dé-cante la liqueur. On lave ensuite le précipité, et l’onobtient encore une couleur moins foncée. On donne plusd’intensité à l’indigo en y ajoutant un peu de potasse.Ou y ajoute ordinairement 1/3 d’alcool.

Les couleurs jauyies se préparent au moyen de ,1aterra mérita, du rocou, de la graine d’Avignon , de lasarrette, du safran, du jaune de chrome et de lu gomme-gutte.

La terra mérita sc dissout à froid dans l'alcool, et doitsc conserver dans un flacon bien bouché. On en modifiela teinte en plongeant les.pétales, avant ou après la tein-ture, dans de l’eau pure ou renfermant un peu de crèmede tartre en dissolution.

Lcro<ou se dissout à froid dans l’alcool, ou à chauddans de l’eau alcaline.

La graine d’A c gnon donne un beau jaune p r sa dé-coction dans l’eau pure.

Dans les mêmes circonstances, la sarrette donne unjaune verdâtre.

L'infusion à l’eau puredusa/Wm sert pour la teinture ;son infusion alcoolique s'emploie au pinceau.

Le jaune de chrome s’applique également au pin-ceau.

La gomme-gutte se délaie dans l’eau pure, et sort soiti\ la teinture, soit à la peinture.

Les couleurs vertes s'obtiennent par des mélanges debleu et de jaune. Si le mélange est fait à l’avance, onl emploie au pinceau; s’il s’agit de teinture, on tremped’abord dans le jaune, puis dans le bleu ; dans ce cas, onemploie ordinairement la gomme-gutte et l'indigo. Fourla peinture, on se sert de jaune indien mélangé de bleu dePrusse .

Les couleurs violettes s’obtiennent par des mélangesde rouge et de bleu. Pour teinture, on peut tremper d'a-bord dans une infusion aqueuse d’orseille, puis dans unbain de bleu. L’orseille seule donne un beau rouge cra-moisi. L’infusion portée à l’ébullition, apres avoir dé-layé l’orseille dans 1 eau tiède, donne un gr t s de lin vio-lacé.