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FONDERIE EN CARACTERES.

FONDERIE EN CARACTÈRES.

§ 7. du couroiu.

La hauteur qu’on donne aux caractères n’est pasune quantité qu’on puisse fixer à priori ; elle est un ré-sultat de l’expérience. Plus cette hauteur est grande,plus on a de facilité à serrer une page composée, moinsil y a de chances par le serrage que les lettres ne pren-nent une position oblique.

D’un autre côté, trop de hauteur serait inutile, lesfontes se trouveraient avoir inutilement un poids considé-rable qui augmenterait leur prix sans le moindre avan-tage; l'expérience a fait adopter la hauteur de dix li-gnes et demie, qui est bien suffisante. En Flandre, etdans le Midi, les hauteurs sont généralement plusgrandes, elles varient de dix lignes et demie à onze etonze et demie. En Angleterre, la hauteur est un peumoindre.

Nous avons déjà insisté sur l’absolue nécessité quetoutes les lettres soient identiquement de môme hau-teur, condition à laquelle il serait impossible de satis-faire si elle résultait d’une opération mécanique, et qu’onobtient au contraire aisément en faisant qu’elle soit don-née par l’opération même de la fonte. Nous avons vu queles deux jets du moule étaient en saillie sur la force decorps du tiers de oelle-ci ; ces deux saillies forment lepied, et le jet de la lettre n’a d’épaisseur que ce troisièmetiers.

Ce jet étant rompu il reste encore une petite sailliequi empêcherait la lettre de poser sur les deux piedsvenus à la fonte par suite des recouvrements des deuxjets. Il faut enlever cette saillie et faire en sa placeune gouttière ; ce que Ton fait au coupoir d’un seulcoup sur toutes les lettres qui tiennent sur un compos-teur. Donnons d’abord la description de cet outil quereprésente la fig. 1047

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Le coupoir est une espece d’étau, dont les mâchoiresont uue grande largeur , avec des dispositions particu-lières pour la commodité du travail, et dos guides conve-nables, pour que les mâchoires marchent parallèlement.

Il consiste essentiellement daire un train en fer àcheval, dont les deux branches parallèles glissent dan*des mortaises pratiquées dans des supports fixes, etqui, dans la partie transversale, a un renflement ta-raudé qui se monte sur une vis fixée après la partiedroite du bâti où elle ne peut que tourner. Le mou-vement de rotation de lu vis fera marcher son éeruu, etpar suite le train. Sur la partie droite est fixée à de-meure un plateau en foute ou en bois recouvert de cui-vre; sur la partie gauche est fixée par quatre vis, surle train, un plateau pareil ; ce plateau, marchant pa-rallèlement au premier, opérera une pression égale danstoute la longueur sur un ob et placé entre les plateauxavec toute la force qu’on obtient d’un levier adapté àune vis, force bien plus grande qu’il n’est nécessaire.

Entre les deux plateaux et passant au-dessous d’euxest ajustée une plaque, bien d'équerre avec les facesintérieures des plateaux, qui porte à son extrémité ensaillie un talon, qui sert de point d’appui dont nousverrons plus loin l'emploi, et sur le devant un autre ta-lon qui se meut au moyen d’une vis qu’on nomme vinde frotlerie, parce que, comme nous allons le voir,elle est destinée à serrer les lettres sur la frotterie,comme la vis qui fait marcher le train est appelée t iade corp*, parce que c’est dans le sens du corps qu’elleopère une pression sur les lettres.

La pièce qu’on place entre les deux plateaux et quirenferme les lettres s’appelle justifieur ; elle est com-

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posée de deux parties d’environ O",65 de longueur,0 n ’,025 de largeur et 0 m ,022 de hauteur. La pièco dndessous porte une platine qui est une bande plate par-faitement d’équerre avec la face contiguë , elle porte àson extrémité une noix, plaque de 0 m ,0i>4 de long del’épaisseur du plus petit caractère qu’on veut couper;entre la platine et la pièce on pratique à chaque extré-mité deux mortaises. La pièce du dessus porto unenoix à son extrémité antérieure, et deux languettesétroites destinées à entrer et à glisser dans les mor-taises de la pièce de dessous.

Le coupeur prenant uu composteur de la maindroite, l’applique sur le bord de la pièce du dessous dujustiiienr qu’il tient un peu incliné de la main gauche;puis le faisant tourner un peu brusquement il fait tom-ber les lettres sur celui-ci, la tête en bas ; il met alorsla pièce du dessus dans les languettes, puis place lujustifieur entre les parois des plateaux. Serrant la vis decorps il fait appliquer les lettres contre les faces du jus-tifieur, après avoir eu soin aussi de presser avec uupetit morceau de bois sur le pied des lettres pour qu’elle»portent bien au fond, puis desserrant un peu la vis decorps il fait marcher la vis de frotterie. La deuxième piècedu justifieur poussée par cette vis, avance ; et les lettresprises entre les deux noix se trouvent serrées sur la frot-terie. Sans lâcher la vis de frotterie qu'il tient de lamain gauche il serre fortement la vis de corps pourmaintenir les lettres dans cette position.

Le justifieur doit être fait avec soin, les surfaces su-périeures dressées en se guidant sur un marbre parfai-tement droit; il faut s’assurer avant de placer les noixsi les deux pièces s’appliquent bien l’une sur l’autredans toute leur longueur, et toutes les faces d’équerreentre elles. Tout ce:a est nécessaire pour que la lettresoit serrée également dans toute la longueur, autrementla lettre, ayant du jeu dans une partie du justifieur,tourne et se courbe.

Les lettres étant serrées dans le justifieur, forment untout parfaitement solide, on prend un rabot (fig. 1019),