12 HISTOIRE DE LA CHINE. Liv. XVI. Chap. I.
Suction portes sont grandes, profondes & belles; les grandes rues sont droites &II. larges, d’autres les coupent à angles droits, & elles sont bordées de mai-Provinces fous. Les places sont ornées d’édifices ; on volt dans les unes, aussi bienrie la Chi- ^22 dans quelques rues, des Arcs de triomphe, des Tours rondes,exagonesne ' ou octogones, qui ont jufqu’à huit ou neuf étages, ornées de galeries, desculptures, & de dorures.
Les villes ont quelquefois, outre leurs hautes murailles, des fossés ousecs ou pleins d’eau. Les Edifices publics, comme les Temples, les Palais,les Couvens t font plus remarquables par leur vaste étendue que par leurmagnificence- Les Maisons particulières sont grandes,mais basses & d’unseul étage, & sans fenêtres du côté de la rue. On y voit des boutiquesornées de porcelaines, de soie, d ouvrages vernis, d’autres d’or & d'argent,de joyaux & d’autres marchandises tant du Pays qu’étrangeres. Devantla porte de chaque boutique est un piédestal de vingt à vingt-deux pieds,fur lequel est poíëe une planche, peinte ou dorée ; on y voit trois groscaractères que le Marchand a choilìs pour l’enseignede sa boutique; on ylit aussi quelques-unes des marchandises qui s’y trouvent, & au bas son nomavec ces mots Pû-hû, c’est-à-dire il ne vous trompera point. Ce double rangd’especes de pilastres, placés à égale distance, forme une colonnade,-dontla perspective est assez agréable (a). Malheureusement les rues ne sont paspavées, & il y en a peu qui le soient à la Chine, ce qui fait que dans unrems sec & quand il fait du vent’, la poussière incommode beaucoup ceuxqui y passent íàns cesse en foule ,' & nuisent aux belles marchandilés quifont étalées, de forte qu’on est obligé de les couvrir de certaines toiles,pour les empêcher d’être gâtées. Ce nuage de poussière est grossi par leschevaux, les chaises, & les voitures de tout ordre, & cette-poussières’attache aux étoffes de soie, dont elle ternit le lustre, & sur-tout aux sa.tins qu’on prépare à l’huile, pour leur donner plus d’éclat; elle pénétrémême dans les maisons & s’infinue dans les cabinets les mieux fermés,deforte que quelque précaution que l’on prenne, les tables & les meublesen sont toujours couverts : on tâche de diminuer cette incommodité parl’eau qu’on jette continuellement dans les rues, mais ou elles sont bientôtseches, ou couvertes de boue. C est par-là qu’elles sont encore fort incom-modes, quand il pleut; & ainsi elles le sont également Eté & Hiver, &on ne laisse pas d’en souffrir pour la santé. Ces inconvéniens ne font pasparticuliers aux moindres villes, ils ont lieu dans les plus grandes,& dansla Capitale même ( 6 ), comme ou le va voir par la description que nousallons en faire.
Villes <fo Les villes du premier rang dans la Province de Pe-chc-li son i. Chun-tien-fremier ou p e j-.j n g t 2 . Pao-ting-fû. . Z. Ho-kien-fû. 4. Ching-ting-fû. 5. Chun-te-rang- yVí. Quang-p ing-fú. 7- Tai-ming-fu. 8. Yung - ping-fû. 9. Suen-oua-fû.ï.Pekiug. x. Chim - tien -fu , qu’on a nommée Pcking ou la Cour du Nord, parce-qu’elle est devenue la résidence des Empereurs, & la Capitale de toutl’Empire, est située dans une plaine très - fertile, fous le quarantième de-gré
(a) Du [Initie. T. II. p. 9. T. I- p. 130,131. (A) Le Comte T. I. p. 91,92. La Martinie-
re &c.