HISTOIRE DE LA CHINE. Liv. XVI. Ciiap. L 15
Outre la vieille & la nouvelle ville, il y a à chaque côté un grand faux* Sectionbourg hors des murs, dont celui qui est à l’Ouëst est le plus etendu. Lesrues y font comme dans la ville, parallèles les unes aux autres Aauxmursde la ville, & se croisant à des distances convenables; de forte qu’en lts chj ne>
ajoutant au reste, on peut dire que le circuit de Peking est environ .—-
de vingt-cinq milles. Les maisons de la ville & des fauxbourgs font bas- Fau *'ses, mais profondes, bâties la plupart de briques, & couvertes de tuilesvernissées, de forte que lorsque le Soleil donne dessus, elles offrent unspectacle aussi brillant que propre à éblouir. Elles paroissent peu en de-hors, si l’on excepte la beauté des boutiques , mais elles font propres& commodes en dedans , quoiqu’elles ne soient ni richement ni bienmeublées, mais elles font remplies de peuple.
Ce qu’il y a de plus surprenant dans cette grande ville, c’est que tout dbmdan*y est en abondance «St à bon marché, sur-tout si l’on fait réflexion sur le ce * mt ’concours de gens & fur la multitude des habitans, & quelle est situéedans un des endroits les moins fertiles de l’Empire. Mais il faut se sou-venir que toutes les marchandises & les richesses des Indes & d’auiresPaysse transportent - là par l'Océan Oriental & par les Canaux Royaux, queplusieurs milliers de vaisseaux de l'Empereur, & un plus grand nombreencore de vaisseaux particuliers, font continuellement occupés à fournirla Cour «St la Ville de tout ce que l’on peut souhaiter pour le besoin oul’agrément de la vie, de sorte que les Chinois disent communément, quequoiqu’il ne croisse rien autour de Peking, cette ville ne manque de rien.
Le Gouverneur de la ville a sous fa juridiction non seulement les soldats,mais encore tout le peuple, dans ce qui concerne la police & la furetépublique (*).
II raut à présent parler de quelques-uns des Edifices publics, qui déco- Edifices.
rent publics.
dre raison. Les Messagers même de l’Empereut ne font pas dispensés de répondre auxinterrogations. Si leur réponse donne le moindre soupçon on les met en arrêt ail-corpsde - garde jusqu’au matin, qu’on les mene devant le Juge. Les Officiers de la garde desmurs & des pavillons qui font fur les portes, oh l’on bat fans - cesse fur de grands tam-bours d ail ain, envoyent des subalternes pour faire la viíite des quartiers aépendansde leurs portes. L’ordre^s’observe avec tant d’exactitude, que la moindre négligenceest punie le lendemain, & l’Officier de la garde est cassé. Ce qui entretient encore lavigilance, c’est que le Gouverneur de la ville, obligé aussi de faire ia ronde, arrivequand on y pense le moins (i).
(*) Ce Gouverneur, qui est un Tartare Mancneou , s appelle ìíin-men-u-tû , ou leGénéral des neuf portes, & il a grand nombre d’Officiers sous lui. La Police est sl ex-aéte tant parmi les soldats que parmi les habitans, qu’il est qu en plusieurs annéeson entende dire qu’il y ait eu des maisons forcées par des voleurs, ou des gens assassi-nés. Ce qui est d’autant plus surprenant, qu’il y a une multitude infinie de lartares &de Chinois, qu’il faut maintenir en paix. 11 est vrai qu’on y observe un li grand ordre,qu’il est comme impossible que ces sortes de crimes s’y commettent avec quelque sorte"impunité. [Le l'. Du ilaUte remarque que l’entretien de cette Police coûte beaucoup
‘Empereur, pareequ’une partie des soldats qui font La garde, ne lont destinés qu’ànettoyer l es rues, comme on l’a vu dans une des Remarques précédentes; & ils font si
réguliers que j eux heures après de grandes pluye> on peut aller dans tous les quartiersdc la ville, j r/m :rainíe ( j e p„ R E M , DU j r a D.]
(i) Du Haldt , T, X. p. izy.