1(5 HISTOIRE DE LA CHINE. Liv. XVI. Ciiap. I.
Section rent cette Capitale, tels que font le Palais Impérial, les Temples, lesMonastères &c. Nous commençons par le Palais, comme le plus grandlela™ à le plus magnifique de tous, à un des óbjets le plus digne de la cu-Chine. riosité dans tout l’Empire.
— > — II est situé au centre de la Ville Tartare, faisant face au Midi, comme
Palais généralement tous les autres édifices publics. Ce Palais est proprement unimpérial. amas prodigieux de bâcimens , de vastes cours , de jardins, de parcs,d’étangs &c. 11 est entouré dune muraille de brique fort haute, qui for-
me un quarré oblong, d'environ douze Lis Chinois de circuit. Cette mu-raille est crénelée le long de la courtine, & aux angles elle est ornée depetits pavillons ; fur chaque porte est un pavillon plus élevé & plus mas-sif, & environné d’une galerie, qui porte fur des colomnes, & ressem-ble à nos Pérystilles. C’est-là proprement ce qui s’appelle le Palais ,parceque cette enceinte renferme les appartemens de l’Èmpereur & defa Famille.
LeMur Le mur extérieur, qui environne l’enceinte du Palais, a plus de quinzeextérieur. Lis de circuit, & l’efpace qui est entre deux est occupé par les Maisonsdes Officiers de l’Empereur, par les différens Tribunaux, par des Maga-zins, & par les Eunuques. On dit que du tems des Empereurs Chinois,le nombre de ces Eunuques montoic à dix-mille, & qu’ils étoient devenussi puissans & si corrompus, qu’ils furent la principale cause de la ruine deces Monarques; mais les Princes Tartares plus sages les ont peu à peudiminués, de forte qu’il n’en reste à présent qu’un fort petit nombre, qu'onregarde comme une charge onéreuse & dangereuse pour la Cour.Apparte - Des différends Tribunaux qui font dans cette enceinte, les uns ontmens, Por- foin de fournir les choses nécessaires au service du Prince, les autres doi-us & c. vent ffiaintenir Tordre, terminer les procès, & punir même les crimescommis par les Domestiques de la Farstille Impériale. Ces appartemensfont spacieux & beaux, mais ceux de l’enceinte intérieure le font biendavantage, étant ornés de parcs,de jardins, de magnifiques bains, de ca-binets , de grandes salles, le tout enrichi de ce qu’il y a d’agréable & desomptueux. 11 y a un Lac fait à la main de cinq quarts de mille de tour,rempli de poisson, environné de magnifiques batimens, de jardins & debains. On y volt un grand nombre de belles barques, outre celle del’Empereur, pour prendre le plaisir de la pêche. Chaque côté de la dou-ble enceinte a une grande porte, ou pour mieux dire trois portes, une aumilieu & deux à chaque bout; celle du milieu, qui est la plus belle, nes’ouvre que pour l’Empereur, & les autres font ouvertes depuis le matinjufqu’au soir pour les allans & les venans. Chaque porte a un pont-levis,& une Garde (*). L’entrée n’en est permise qu’aux Mandarins, aux
(*) Quelques Auteurs ont dit que ces portes étoient gardées par les éléphans de l’Ein-pereur, & que cette coutume a été abolie; mais ce pourroit bien être une méprise; carles éléphans font dans le Palais en deux belles cours, l’une pour l’Eté & l’autre pourl’Hiver; cette derniereeft non seulement plus petite, mais on la tient chaude comme despoëlles, fans quoi ces animaux ne pourroient supporter la rigueur de la saison. LesGardes du salais n’ont d’autrcs armes que le sabre , & ne sont pas en aussi grand
nom-