HISTOIRE DE LA CHINE. Liv. XVI. Chap. I. 17Officiers de la premiere distinction , & à ceux qui ont une petite ta- Sectionblette d’ivoìre, fur laquelle est marqué le sujet de leur venue. Il-
La grande Salle d’audience, ou, comme les Chinois Rappellent, la Salle dela grande Union , est un grand bâtiment de cent-trente pieds de longueur, ,
& presque quarrée; le lambris est tout en sculpture vernissq de verd, & Salle d'av-orné de dragons dorés; les colomnes qui soutiennent le toit en dedans ont áïencc.six ou sept pieds de circonférence par le bas ; elles font incrustées d’uneefpece de pâte, enduite d’un vernis rouge. Le pavé est en partie cou-vert d’especes de tapis, les murailles sont bien blanchies, mais fans ta-pisseries, fans miroirs, fans lustres, & fans aucune sorte d’ornemens.
Le Trône, qui est au milieu de la Salle, consiste en une estrade haute, Trênt.fort propre, mais ni riche ni magnifique, fans autre inscription que laLettre Ching, que quelques Auteurs ont traduite par le mot de saint, maisqui signifie proprement excellent , parfait , très-sage. Sur la platte-formede devant font des vases de grand bronze, fort larges & fort épais, danslesquels on brille des parfums pendant la Cérémonie, & des chandeliersen forme d’oiseaux propres à porter des flambeaux. Sur cette platte-for-xne, qui continue vers le Nord, il y a deux autres Salles moins grandes,dont celle d’audience dérobe la vue. L’une est une rotonde fort jolie,percée de tous côtés de fenêtres, & brillante de vernis de diverses cou-leurs; c’est-là, à ce qu’on assure, que l’Empereur repose quelque teins,avant ou après la Cérémonie, & change d’habits (a).
Mais le plus magnifique de tous les appartemens est celui qu’on appellela Cour intérieure; c’est-là que l’Empereur, l’Impératrice, ses femmesdusecond ordre, quelques-unes de ses concubines favorites résident, & vi-vent dans les délices & avec toute la splendeur imaginable. Cet apparte-ment est non seulement le plus somptueux,mais le plus élevé de tous; carceux qui précédent s’élevent par degrés à mesure qu’ils en font plus oumoins proche. On y monte de celui qui précede par un escalier de sixdegrés de tous côtés, entouré d’une belle balustrade, ornée de lions, dedragons & d’autres embellissemens. Au centre de la cour, entr’autresmarques de la magnificence & du luxe des Chinois, on voit une tour decuivre dore, haute de quatorze ou quinze pieds, curieusement travaillée,dans laquelle on brûle nuit L jour les parfums les plus exquis & les gom-mes les plus précieuses, dont 1 odeur se répand par tout le Palais à fa fa-veur d’une infinité de petites teneires d’un travail très-curieux. Mais nousne pouvons dire avec certitude, si les Empereurs Tartares font entretenirtoujours ces parfums, ou si ce n’est feulement que pendant qu’ils donnent
au-
00 Le Comte , Lettr. r. duT. I. LaMartiniere au mot Pcking. DuFIalde, T. I. I. c.
fcombre que du tems des Empereurs Chinois, les Tartares paroissant mépriser toute cet-4e 'o°l n ' >e à ce faste politique. Mais il y a toujours une grande foule de Mandarins && omT^ Urs ’ qui s y rendent au tems des audiences & en d’autres occasions folemnelles,lui ,, "l rendent P ar * eurs révérences & par la maniéré dont ils fe prosternent devantìuj, ues honneurs qui approchent de l’adoration (r).
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(1) U Cmtt, T, I, p. £># Haltif, t. I. p, iz-, 140,
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