HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Chap. II. , _ 493ment Porigìne des divers Japonois. On peut ajouter, que l’on'dit que Sectionles plus anciens habitans s’établirent dans la Province á'Isje, aujourd’hui IV. (Iga , fur les côtes méridionales, & c’est par cette raison que les Japonoisy font souvent des pélérinages, ce qui donne lieu de croire qu’il est plus & ^ 0 - reprobable qu’ils y furent jettes par hazard, ou par quelque tempête, qu’il des japo ■ne Test qu’ils y soient venus des parties septentrionales de l’Iíle, après y à-,avoir paífé de la Corée, pour chercher un climat plus chaud où ils pussent ———s’établir. Quoi qu’il en soit, ce seroit leur faire injure que de les fairedescendre d’un Peuple aussi efféminé que les Chinois, & s’il falloit déri-ver leur origine d’une feule Nation, celle des Tartares paroitroit avoir leplus de droit; car les Japonois tiennent plus de leur génie & de leur ca-ractère , quoiqu’il soit adouci par plus de politesse.
II est difficile de conjecturer le tems des premiers Etablissemens au Ja- p rmìsrspon, à moins que l’on ne suppose avec Kœmpfer , que les premiers habi- EtabUst-^tans s’y font rendus par terre & tout droit, en marchant toujours depuis mens >leur départ de Babylone ; en ce cas - là ils peuvent y être arrivés en peud’années. Mais comme nous avons fait voir que I’autre hypothèse estmieux fondée, on ne peut supposer que cela soit arrivé avant que la na- .vigation fur ces mers ait été fréquente ; mais en quel tems, c’est ce qu’ilsest impossible de déterminer avec quelque certitude. Tandis que les pre-miers habitans s’occupoient á former, á perfectionner & à étendre leurspremiers Etablissemens dans cette fertile & agréable Province, d’autresColonies ont pu aborder en d’autres endroits, & être reçues avec plaisir;parcequela place nemanquoit point, & que l’on avoit àu contraire be-soin d’un plus grand nombre de mains pour cultiver cette vaste étenduede terres, qui étoient encore inhabitées; 6c ainsi les Colonies, à meWequ’elies fe mukiplioient, ont pu s’approcher par degrés les unes des au-tres, jufqu’à ce quelles ayent été obligées de fixer certaines limites, pourne pas s’embarrasser ; celles à qui le. terrein manqua, purent, envoyerdes Colonies "chercher de nouvelles habitations dans les líìes voisines.
Cette conjecture, & l’on ne peut que faire des conjectures par rapport Gouverne*à ce qui s’est passé en des tems & en des lieux si éloignés, cette conjec- mcní -ture nous mené à une àutrè également probable, c’est que chaque Colo-nie
comme il psroît par le Titre que leur Roi prenoit, de Seigneur des vents & des mersde l’Orient & de l’Occident, & encore plus clairement par leur Langue, qui s’est répan-due presque dans tout l’Orient (i).
Les Histoires du Japon disent auíïï, qù’on trouva des gens noirs dans quelques-unesdes Isles situées au Sud du Japon; c’étoient vraisemblablement ou des Marchands Ma-laves, ou des habitans de quelques-unes des Isles Moluques^qui y ayant été jettét par latempête, s’y étoient établis. A quoi l’on peut ajouter la différence qu’il y a entre lesJaponois des différentes Provinces pour la figure & les maniérés, qui répond en quel-que façon à ce que Ton voit dans les Chinois, les Tonquinois, les Siamois, les Ma-layes, & autres Nations qui habitent le long de ces mers; ce qui semble indiquer quetoutes ont contribué à peupler les Isles du Japon.
(j) Kœmpfer, i; I. Ch. í,
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